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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 05:35


 


Je traduis ici le texte anglais qui accompagnait l’article « Cité interdite II ». 

 

« L’emploi du jade en Chine remonte au Néolithique, il y a huit mille ans, et se poursuit de nos jours.

« En 1736, l’empereur Qianlong accède au trône. Considérant le jade comme faisant partie intégrante de la culture chinoise, il attache une grande importance à rassembler et étudier cette production. Il s’est investi en personne dans la mise en œuvre d’objets en jade et a édicté pour leur emploi des règles strictes, jouant un rôle crucial dans leur développement. Grâce à son soutien, le jade sous les Qing a surpassé en nombre et en variété toutes les autres dynasties de l’histoire de la Chine, élevant la production chinoise de jade à son zénith. »

 

Je voudrais profiter de cette version, pour recopier ici quelques informations sur le rôle de Qianlong dans le développement du jade. Et d’abord ces remarques sur l’empereur Qianlong lui-même qui est une personnalité hors du commun, tant à l’échelle de la Chine que du reste du monde, et la figure majeure de la Chine du XVIIIe siècle. 

   

« Qianlong, lettré, esthète et mécène. Fin lettré Qianlong s’adonne à la peinture et protège les arts. (…) Plus encore que ses prédécesseurs, le monarque a le goût des beaux objets. Il visite régulièrement les ateliers du palais, installés pour certains dans le pavillon de la Vieille Lune (Guyue xuan), dans la partie méridionale de la Cité interdite. Il consacre également beaucoup de temps à ses collections, cherchant sans cesse à les enrichir. Il fait ainsi établir plusieurs catalogues spécialisés à partir de 1743. Le plus important consacré aux arts du pinceau, est achevé en 1744 et recense 10 000 peintures et calligraphies. Le souverain apprécie tout particulièrement les jades sculptés. Rien qu’en 1741, sa collection s’enrichit de 376 pièces portant son sceau. »

 (Gilles Béguin et Dominique Morel,
La Cité interdite des Fils du Ciel,
« Découvertes Gallimard », 1996.)

 


Il faut ajouter que c’est sous le règne de Qianlong que le peintre Giuseppe Castiglione, un père jésuite installé à la cour de Pékin, a donné la pleine mesure de son talent. Je précise ceci pour rééquilibrer un peu ce que j’ai écrit ici sur la qualité de l’art sous les Qing : calamiteuse. Peut-être aurais-je dû souligner que l’actuelle exposition temporaire de la Cité interdite ne propose ni peinture ni calligraphie, on y voit que de l’artisanat, dont l’affligeante céramique de l’époque.

 

« D’autre part, la bonne entente générale que l’empereur Kangxi [grand-père de Qianlong] et ses successeurs parvinrent à établir avec les anciennes classes lettrées, la prospérité et la paix intérieure, les encouragements et les commandes très importantes de l’État devaient faire du XVIIIe siècle l’un des plus heureux de l’histoire intellectuelle de la Chine. Jamais sans doute les lettrés chinois n’ont aussi bien résumé en eux les traditions esthétiques, littéraires et philosophiques de leur propre civilisation. Esprits encyclopédiques, prodigieux érudits mais hommes de goût amis de la simplicité et de la mesure, les lettrés chinois du XVIIIe siècle, ou du moins les meilleurs d’entre eux, sont, dans un contexte humain il est vrai bien différent, les véritables contemporains de nos hommes de lettres et philosophes du siècle des Lumières. »


Cette belle prose est extraite du très synthétique et remarquable ouvrage de Jacques Gernet, Le Monde chinois, qui est reparu récemment en poche (trois volumes chez Pocket). En quelques dizaines de pages, Gernet dit l’essentiel de ce qu’il faut savoir de ce despote éclairé et du contexte politique, social, économique et militaire de la Chine du XVIIIe siècle.

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Published by shige - dans Chine
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