Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 04:42

 

Le musicien Nehoryn :

L’activité musicale sur Internet
via la licence Creative Commons


 

Je ne connais pas du tout la musique de Nehoryn ; mais, j’ai trouvé l’exposé de sa méthode de travail et ses réflexions sur HADOPI très pertinentes et éclairantes. C’est aussi un réquisitoire contre le monopole de l’industrie du disque.

  

 


Get The RSS feeds !


Sundown Evenings : Le Nouvel EP de Nehoryn
Monday, 27 April 2009

 

Le nouveau Maxi (ou EP) de Nehoryn est déjà disponible sur les réseaux P2P et Internet depuis quelques jours.


Sundown Evenings by Nehoryn


Cette réalisation de 7 titres oscille entre plusieurs courants artistiques : baroque, trip-hop ou encore bigbeat. Cette actualité musicale en parallèle avec l’actualité politique française justifiaient bien un article en français.


À l’instar des précédents albums de Nehoryn, Sundown Evenings est distribué sous licence Creative Commons (CC). Avec la généralisation de l’accès à Internet et l’arrivée de nombreux newbies, ces licences alternatives trouveront, c’est à n’en pas douter, un écho favorable auprès du grand public. En ces temps sombres et hadopiesques, les artistes ont tout intérêt à en informer les internautes.


Contrairement aux idées reçues, une musique sous Creative Commons n’est pas une musique libre de droits. L’auteur reste en possession de tous ses droits (ce qui signifie qu’il n’est pas sociétaire de la SACEM) et grâce à cela il peut distribuer gratuitement ses musiques. C’est une garantie absolue pour les internautes qui peuvent télécharger de la musique légalement et en toute quiétude.


La diffusion et l’exploitation de l’oeuvre sont encadrées par des clauses précises ; pour Nehoryn, la licence CC BY-NC-ND. Cette licence stipule que l’exploitation de l’œuvre, dans un cadre commercial ou même son adaptation, ne sont pas autorisées sans le consentement de l’auteur. Cela lui permet surtout de pouvoir négocier financièrement la diffusion de sa musique dans ce type de situations et de faire du business.


La licence Creative Commons est aussi un système économique alternatif qui jette les bases d’un univers musical, à la fois respectueux des droits du créateur et du public. De nombreux artistes l’ont adoptée tout comme Nine Inch Nails (pour ne citer qu’eux) avec son leader Trent Reznor, ancien producteur de Marilyn Manson. En offrant leur album Ghost I-IV sous la licence CC BY-NC-SA, ils sont devenus le groupe qui a vendu le plus d’albums sur le site Amazon en 2008.


Derrière ces licences, une immense richesse culturelle et artistique, refoulée depuis des années par les grandes industries du disque, éclate au grand jour. Nous sommes là au coeur de la contre-culture. Nous avons pour beaucoup abandonné nos TV et nos radios insipides et pris la mesure de l’art officiel que les grands médias nous injectent à longueur de journée. Des créations formatées, normatives, marketées, pour être vendues au plus grand nombre et… à nos grands-parents !


Nous sommes où l’action se déroule réellement, dans le futur, déjà.


Rien de nouveau, le blues est la musique de résistance que portaient dans leurs cœurs les esclaves des États-Unis, bien avant d’être la proie des maisons de disques. Le rock est né dans les garages les plus miteux, le rap vient de la rue et la techno a donné naissance aux raves psychédéliques de la fin des années 80, pour finir, 10 ans plus tard, lavée de tout contenu déjanté, dans des boîtes de nuit branchées. Plus besoin d’attendre qu’un artiste se fasse exploiter par une maison de disques pour goûter à sa création, voilà la véritable révolution.


Hack My Music !


Un artiste français qui fait de l’industriel, du trip-Hop ou encore du bigbeat ne sera jamais signé dans ce pays qui préfère de loin la variété traditionnelle. Il était logique qu’il se réfugie et trouve sa place au sein de la cyber-culture. Ce qu’on essaie d’interdire ou d’ignorer ici finira par réapparaître là, ce qu’on essaie d’étouffer maintenant, hurlera des années plus tard. L’industrie du disque a usé de son monopole pendant des décennies. Avec Internet, elle a reçu un juste retour de bâton. Ce qu’elle craignait n’était pas le piratage, mais la concurrence, l’émergence d’un nouveau système de diffusion, la perte du monopole et du contrôle. En effet, un artiste ne touche presque rien sur la vente de ses albums et risque à tout moment de tomber dans l’anonymat. Alors pourquoi se refuser une diffusion massive sur les réseaux, qui assurera la promotion de ses concerts, sa principale source de revenu ?


La seule solution qu’ont trouvé les lobbyistes de l’industrie du divertissement, c’est de faire pression sur le gouvernement pour qu’il adopte des lois liberticides, soutenues, entre autre, par une poignée de chanteurs vivant encore des revenus de la SACEM. Nous pensons à Dadvsi d’abord puis à la loi Création et Internet dite HADOPI. Cette loi « régulera » l’Internet et autorisera des sociétés privées et des ayant droits à contrôler l’activité des internautes, pour ensuite pouvoir couper leur connection sans passer par la voie juridique ! Menacer des individus qui téléchargent une musique, qui a été payée 10 fois avec les taxes des CD-ROM vierges/disques durs est non seulement grotesque, mais, inquiéter des réseaux libres dans lesquels circulent des œuvres légales, est tout simplement scandaleux.


Alors qu’au Royaume-Uni, plus de 700 artistes se sont regroupés pour faire pression contre ce genre de loi, avec le soutien de Radiohead, Robbie Williams, Blur, Peter Gabriel, les Pinks Floyd, Craig David, (etc.), en France nous avons 52 artistes prêts à cracher sur leurs confrères et leurs fans à savoir :

Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam's, Renaud, Romane Cerda, Cali et la Grande Sophie.


No Comment.


Nous avons cessé de gober l’information, nous réagissons via nos sites ou nos blogs et cela finit par se répercuter sur la presse. Il en est de même pour la musique, avec des auditeurs non plus passifs mais actifs. Ils peuvent maintenant réagir à travers leurs blogs, les critiques d’albums et les sites spécialisés ce qui était encore impossible jusqu’à la fin des années 90. Ils sont devenus de véritables acteurs dans le processus de la création. Le lecteur CD a laissé place au lecteur Mp3, le format CD était figé, le Mp3 permet de faire sa playlist, son album, son univers.


Le Format EP (Extended Play) est une bonne manière de s’adapter à cette révolution culturelle. Conçu précisément pour être podcasté et playlisté, il offre beaucoup d’avantages sur les réseaux car ses archives sont légères et les données circulent beaucoup plus facilement. Il peut être copié plus rapidement si un serveur devait être confisqué…

 

Cyberfire Inside by Nehoryn


C’est pourquoi Nehoryn sortira prochainement le nouvel EP Cyberfire Inside et vous invite dès maintenant à télécharger librement ou à acheter sur le site officiel son petit dernier Sundown Evenings.


Bonne écoute à tous et à toutes !

Kenji K.




Partager cet article

Repost 0
Published by shige - dans HADOPI
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche

Archives