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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 01:10

 

 

Les Yeux dans le monde

Lionel Soukaz au festival IntinErrance en juin 2010 à Paris.
(Photo Damien Roudeau/Les Yeux dans le monde)

 

 

Le cinéaste Lionel Soukaz a concocté trois programmes dans le cadre de L’Étrange festival qui débutait le 3 septembre à Paris, au Forum des images. Le site se trouve ici.

 

 

Présentation du festival :

Dès le début des années 70, Lionel Soukaz filme en super-8 des courts-métrages tenant autant de l’intime que du militantisme pour la cause homosexuelle, racontés comme des journaux ouverts. Ce format n’étant pas pris en compte par la censure du Centre national du cinéma, il lui offre une liberté totale pour filmer ce qu’il veut, revendiquer l’homosexualité comme une liberté de choix dans l’accomplissement des désirs et refuser la normalisation des pressions sociales.

Également connu pour avoir inauguré des festivals de films gay à La Rochelle en 1977 et à Paris en 1978, Lionel Soukaz poursuit sans jamais perdre son sang froid une carrière de vidéaste marginal, à l’ombre des conventions, marquée par quelques éclats. Parmi eux, RACE D’EP (1979), ou un siècle d’images de l’homosexualité, un classique gay adapté d’un scénario de Guy Hocquenghem, qui avec le recul témoigne d’une génération entière décimée par le SIDA ; ou, encore, son chef-d’oeuvre, IXE (1980), une introspection révoltée contre l’aveuglement des masses et l’agression des pouvoirs. Chez lui, la forme constitue l’essentiel de son travail : des images et des sons sans cesse retravaillés par le montage au fil du temps, pour gratter la rouille du vernis social et ne pas oublier celui qu’il a été.

Aujourd’hui, Lionel Soukaz continue de proposer des instantanés nostalgiques, hantés par des fantômes et des étreintes d’amours, mais jamais recroquevillés sur eux-mêmes, toujours ouverts à ce qui se passe ici et là-bas (I LIVE IN A BUSH WORLD, 2002). En écho à la curiosité inoxydable de cet artiste hors du commun.

 

 

Mercredi 8 septembre 2010 à 21 h 45
Programme 1 : Archéologie

 

« Une partie de mon archéologie. Il y a Genet bien sûr et Kenneth Anger mais aussi Pierre Molinier, encore trop méconnu, dont les autoportraits vont influencer le Body Art naissant avec Michel Journiac entre autres… Molinier filmé par ses amis Borde et Bouyxou, dignes héritiers du génial artiste, et les jambes de Molinier et les masques l’ombre et la lumière. Cette lumière de la libération sexuelle, des minorités, des particularités, des libertés réclamées, déclinées, irradiées, à venir. En matière d’art ou de mœurs, il n’y a pas de progrès mais des va-et-vient. Cette période des années 70 fut un grand aller, élan interrompu mais à renaître… »

 

Jambes de Pierre Molinier, 1965, 9 mn. Un film culte et sublissime où Molinier déploie jambes et bas résilles, érotisme, fétichisme et pure poésie. Son unique film, rare et secret.

 

Molinier de Raymond Borde, 1964, 14 mn. Un portrait magistral du peintre et performer. Un autre film culte.

 

Satan bouche un coin de Jean-Pierre Bouyxou, 1968, 12 mn. En cette grande année, un grand film ou érotisme et amitié se mêlent à l’infini.

 

Journiac, 150 poèmes mis en sang de Jacques Miège et Lionel Soukaz, 1993, 12 mn. Au salon du livre, Michel Journiac organise une performance avec son sang et toute son âme…

 

Le Sexe des anges de Lionel Soukaz, 1976, 44 mn. Le film ayant été restauré récemment par le service des archives du CNC, cette projection sera la première, sur support 35 mm, d’un film du temps de la libération sexuelle…

 

affiche.jpg

 

Vendredi 10 septembre 2010 à 21 h 45
Programme 2 : Sex and politics

 

Tearoom de William E. Jones, 1962-2007, 56 mn. En 1962 à Mansfield dans l’Ohio, non loin du lieu de naissance de William E. Jones, des policiers filment derrière un miroir sans tain des toilettes publiques afin d’arrêter, de persécuter et condamner des accusés reconnus coupables de sodomie. « Tearoom(salon de thé) est le vrai documentaire sur le sexe du public, avant le mouvement de libération gay » écrit Jones. Mais dans quelques pays, encore maintenant, de semblables méthodes sont toujours utilisées : la police attire et drague les « déviants » pour les emprisonner ou les pendre.

 

The fall of communist as seen in gay pornography de William E. Jones, 1998, 19 mn. Dans The fall of communism ou la chute du communisme vue à travers les films pornographiques occidentaux, Jones montre des jeunes hommes des pays de l’Est tentant de répondre à la pression d’un monde capitaliste où l’argent, le pouvoir et le sexe sont connectés…

 

El mendigo de Pablo Perez, 2009, 19 mn. En Argentine, Pablo Perez, un jeune poète et écrivain (l’adaptation de son livre Un año sin amor a obtenu un Teddy Bear d’Or au festival de Berlin) adapte son second livre El mendigo chupapijas, une autobiographie pornographique déculpabilisante… Car la pornographie reflète notre monde politique mieux qu’un miroir sans tain…

 

 

Samedi 11 septembre 2010 à 21 h 30
Programme 3 : Collectifs combats

 

« Un collectif, ça peut être un couple. Raymonde Carrasco et Régis Hebraud filmant pendant des années les derniers Tarahumaras et leurs chamans. Ça peut être aussi des artistes qui se regroupent pour créer BANDITMAGES  (David Legrand, Isabel Carlier, Philippe Zunino, Benjamin Thomas, etc.). Ou d’autres (Yves Marie Mahé, Derek Woolfenden, Tony Tonnerre, Van Tan Minh, etc.) qui créent le COLLECTIF NÉGATIF, et explorent le cinéma expérimental, travaillant la matière film et le found footage du cinéma mainstream ou porno.

Ça peut être encore le RÉSEAU D’ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES sauvant chaque jour des sans-papiers expulsés brutalement et filmant avec courage et passion comme le font Agathe Dreyfus, Catherine Gabory et Ivora Cusak, afin que les combats et les résistances s’étendent… C’est à eux et tous les autres qui n’ont pas trouvé de place ici, mais qui illuminent le monde, que je dédie cette carte blanche en remerciant L’Étrange Festival, Alain Burosse et Monsieur Temps, le bien nommé. »

 

Collectif École des Beaux Arts de Luang Prabang, David Legrand et Isabelle Carlier, 2010, 9 mn. Un poème vidéo Lao.

 

Filmer ce désert de Raymonde Carasco et Regis Hébraud, 2005, 7 mn. Les derniers Tarahumaras.

 

La révolte du sens de Philippe Zunino, 2004, 3 mn 30. Les objets et les gens.

 

Un plan idéal de Tony Tonnerre, 2000, 1 mn 30. Tu viens Chéri ?…

 

La révolte du sens de Philippe Zunino et David Legrand, 2004, 1 mn. Celui qui…

 

Vigilanti Cura de Derek Woolfenden, 2005, 19 mn

 

Ça crève les yeux de Tripak, 2009, 1 mn 30. Outrage et Rébellion.

 

Marche ou crève de Tony Tonnerre, 2002, 7 mn.

 

Soudain de Van Ta Minh, 2007, 1 mn 30. Deux yeux s’ouvrent dans le noir.

 

Ah larmes de Yves Marie Mahé, 2008, 1 mn 35. Sirènes...

 

Jeunesse de Yves Marie Mahé, 2008, 1 mn 20. La jeunesse de Nicolas.

 

C’est bon pour la morale de Yves Marie Mahé, 2005, 1mn. Jésus crie.

 

Andy Cape Petit Salope de Benjamin Thomas, 2009, 4 mn.

 

Ni pauvre ni soumis de Lionel Soukaz, 2010, 5 mn. Manif des Handicapés.

 

RESF : Un réseau de résistances 3 de Agathe Dreyfus, Catherine Gabory et Ivroa Cusak, 2007, 8 mn. Un vrai faux contrôle d’identité.

 

Bitte de Yves Marie Mahé, 2001, 2 mn 40. Ta braguette est ouverte.

 

Un air défaite de Yves Marie Mahé, 2005, 3 mn 20. Et une bonne fessée.

 

Le rire de Tony Tonnerre, 2001, 1 mn.

 

El lion d’A… d’Othello Vilgard, 2008, 12 mn. Un montage de mes anales.

 

 

La fiche IMDB de Lionel Soukaz est ici. Par ailleurs, Lionel anime deux sites : Le souk de Soukaz et Journal Annales, où l’on peut voir ses films.

 

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Published by shige - dans Cinéma
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