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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 17:30

 

 

Breton-a-Edmond-Bomsel.jpgBreton-a-Edmond-Bomsel2.jpg

 

Lettre d’André Breton à Edmond Bomsel

 

Présentation du site de vente :

Lettre autographe signée à Edmond Bomsel, 3 juillet 1961, Saint-Cirq Lapopie ; 2 pleines pages à l’encre, enveloppe conservée ; 21 x 14 cm. Et lettre de deux pages de Jean-Claude Fasquelle à André Breton.

Importante lettre relative aux démêlées de l’écrivain avec ses éditeurs. Breton n’a plus alors que 5 ans à vivre, sa position dans les lettres est éminente mais il doit toujours se battre comme un débutant pour défendre ses intérêts.

Dès son retour de New York après la guerre, Breton avait tenté de secouer ses éditeurs et de reprendre ses affaires en main. Le 11 décembre 1951, il avait adressé une lettre très sévère à Gaston Gallimard qui tardait à réimprimer les œuvres épuisées et se faisait tirer l’oreille pour payer les droits… Gallimard l’avait calmé en lui promettant la Pléiade (dont le premier volume sortira 22 ans après la mort du poète). En 1961, les rapports de Breton avec les éditeurs restent conflictuels. Il se fâche avec Jean-Claude Fasquelle (qui dirige les éditions du Sagittaire) et se tourne vers Jean-Jacques Pauvert et Claude Grégory, le directeur du Club Français du Livre. Breton, en rage contre Jean-Claude Fasquelle, prend ici conseil d’Edouard Bomsel, un bibliophile ami très au fait du milieu éditorial.

Source : une vente en cours sur eBay, ici.

 

Fasquelle1.jpgFasquelle2.jpg

 

Un bon exemple de la continuelle hostilité
de la presse vis-à-vis du surréalisme

 

Le Monde. Contrairement à une modernité pour qui le réel fut du côté de « l’impossible » (Georges Bataille) ou à fuir en toute urgence (le surréalisme), vous défendez une poésie accessible au monde. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Yves Bonnefoy. En passant par ceux mêmes que vous citez ! J’ai grande sympathie, en effet, pour l’âpre intensité avec laquelle Bataille a perçu – comme déjà Goya l’avait fait dans ce qu’on a nommé ses « peintures noires » – le dehors du lieu humain, cette nuit des vies qui s’entre-dévorent pour rien, dans l’abîme de la matière, ce néant. Mais s’effrayer de ce dehors, et aussi bien dans la personne qu’on est, ou que l’on croit être, n’est-ce pas que la conséquence de cet emploi des mots qui, cherchant à connaître les choses par leurs aspects quantifiables, en fait aussitôt autant d’énigmes ? Mieux vaut reconnaître dans la parole cet événement qui l’institua, le besoin d’établir avec d’autres êtres, ainsi reconnus des proches, un champ de projets et de partages. À bord de la barque dans la tempête mieux vaut ne pas s’inquiéter de l’horreur des hautes vagues, décider plutôt que cette barque, c’est l’être même, qu’il importe de préserver. Ce que le surréalisme, c’est-à-dire André Breton, qui fut à peu près le seul qui aura compté dans ce groupe, en tout cas pour la pensée, savait bien. Je m’étonne de vous entendre dite que le surréalisme a été une fuite « en toute urgence ». Jamais Breton n’a cessé de vouloir intervenir dans le devenir de la société. Et il l’a même fait sur le plan le plus immédiatement politique, et avec beaucoup de lucidité, dans une époque de toutes les illusions. Simplement rappelait-il qu’on va droit au désastre si on ne prête pas attention à des besoins de la vie dont le savoir conceptualisé, rationalisé, ne sait plus que le dehors. Alors que, croyait-il, le rêve en garde mémoire.

 

La source de cette question merdique (mais pas innocente), comme celle de l’élégante réponse, est ici. Je remercie Layla de m’avoir indiqué cet article.

 

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Published by shige - dans Avant-garde
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