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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 11:36

 

georg-benedikt.jpgJoseph Ratzinger et son frère Georg (Osservatore Romano/Reuters)

 

« Le frère de Benoît XVI dit ne rien avoir su des abus sexuels
dans la chorale de Ratisbonne »

Libération du 7 mars 2010

 

Le frère du pape, l’évêque Georg Ratzinger, a affirmé dans une interview à un journal italien n’avoir jamais été au courant d’abus sexuels au sein de la chorale de Ratisbonne qu’il a dirigée pendant près de 30 ans entre 1964 et 1994.

« Je n’ai jamais rien su. Je répète ce que j’ai dit et expliqué à plusieurs reprises ces dernières heures. Les évènements dont on parle remontent à 50 voire 60 ans en arrière, aux années 50. Il s’agit d’une autre génération que celle de mes années » à la direction du Chœur de Ratisbonne (Bavière), assure le frère de Benoît XVI, au journal La Repubblica.

(Source AFP)

Lire la suite ici.

 

Ratisbonne.jpg

L’évêque de Ratisbonne, Gerhard Ludwig Müller. Son diocèse est au cœur
d’un scandale d’abus sexuel en Allemagne (Reuters/Tony Gentile)

 

« En Allemagne, le scandale pédophile touche
le frère du pape au chœur »
Par Nathalie Versieux

Libération du 11 mars 2010

 

Georg Ratzinger avait la main un peu leste… Le frère du pape Benoît XVI a dirigé le célèbre Chœur des petits chanteurs de Ratisbonne, en Bavière, entre 1964 et 1994. Le chœur figure aujourd’hui sur la liste, chaque jour un peu plus longue, des établissements catholiques allemands accusés de s’être livrés à des actes de pédophilie et de maltraitances dans les années 60 et 70.

« Il régnait là-bas un système de complot à base de méthodes de punition sadiques et de désir sexuel, raconte un ex-élève, le compositeur Franz Wittenbrink dans Der Spiegel. Le directeur de l’internat invitait le soir deux ou trois garçons dans ses appartements, distribuait du vin et se masturbait en compagnie de mineurs. Tout le monde le savait… » Dans le quotidien italien La Repubblica, puis dans l’allemand Passauer Neue Presse, Ratzinger frère, âgé de 86 ans aujourd’hui, a tenté de s’expliquer. « Je n’ai rien su de ces pratiques. Je savais que certains enseignants avaient la main leste, mais j’ignorais la gravité de leurs actes. Je savais que l’ancien directeur de l’internat distribuait des gifles, même pour des motifs futiles et je demande pardon aux victimes. Mais j’ignorais tout de violences sexuelles. » Le frère du pape admet avoir giflé un ou deux élèves à l’occasion mais assure s’être réjoui lorsque l’institution a introduit l’interdiction des châtiments corporels, en 1980.

Lire la suite ici.

 

évêques 2Trois évêques attendent l’audience générale du pape Benoît XVI à la
cité du Vatican (Alessia Pierdomenico/Reuters)

 

« Révélations embarrassantes pour le Vatican »
Par Stéphanie Le Bars

Le Monde du 13 mars 2010

 

Dure journée pour Benoît XVI. En recevant vendredi 12 mars, Mgr Robert Zollitsch, président de la conférence épiscopale allemande, le pape a de nouveau été confronté aux révélations d’abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé. Mais, après sa rencontre historique avec les évêques irlandais sur ce thème il y a moins d’un mois, une touche personnelle s’est ajoutée cette fois à « l’émotion » éprouvée, selon Mgr Zollitsch, par Benoît XVI lors de leur entrevue.

Les 170 plaintes qui secouent depuis plusieurs semaines le pays natal du pape, concernent des faits survenus dans les années 1970 et 1980, au cœur des diocèses où Joseph Ratzinger exerça ses fonctions de prêtre, professeur et évêque. Dans la soirée, Süddeutsche Zeitung révélait qu’un prêtre pédophile présumé avait été hébergé en 1980 par l’archevêché de Munich, dirigé entre 1977 et 1982 par l’actuel pape, pour y « suivre une thérapie ».

Le diocèse a confirmé que ce fait était connu de Mgr Ratzinger. En revanche, le vicaire général de l’époque assume seul la responsabilité d’avoir confié un poste d’aumônier au prêtre concerné, en dépit des soupçons qui pesaient sur lui. Le prêtre s’était alors rendu coupable d’autres abus qui lui valurent en 1986 d’être condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. Il y a une dizaine de jours, et avant que l’information ne soit publique, c’est le frère de Benoît XVI, Mgr Georg Ratzinger, qui avait informé le pape que des abus sexuels et des châtiments corporels avaient été commis sur des enfants de la chorale de Ratisbonne, qu’il a dirigée durant trente ans.

Dans ce contexte, le pape a apporté son « soutien » à l’Église allemande pour la façon dont elle fait face à ces scandales qui touchent deux tiers des 29 diocèses allemands. À l’issue de son entretien avec le pape, Mgr Zollitsch a rappelé qu’un évêque avait été spécifiquement chargé de suivre ces affaires et a renouvelé « ses excuses » envers les victimes. Il a indiqué vouloir faire la lumière sur l’ensemble des affaires, y compris les cas prescrits. Le 8 mars, la ministre de la justice allemande, avait estimé que le Vatican avait mal géré le dossier, évoquant un « mur de silence » dans l’institution catholique.

En quête d’explications et de solutions face à ce phénomène qui, s’il n’est pas limité à l’Église catholique, interroge par son caractère récurrent, des voix se sont élevées pour relancer le débat sur le célibat des prêtres. Le théologien suisse Hans Küng a le premier évoqué le sujet, estimant que l’abolition du célibat limiterait les risques de pédophilie. L’archevêque de Vienne, Mgr Christoph Schönborn, a pour sa part expliqué que « sans remettre en cause cette règle », il fallait s’interroger sur « les causes » de la pédophilie au sein du clergé, parmi lesquelles « le célibat ». Lui-même a été nommé à son poste en 1995, à la suite d’un scandale d’abus sexuel impliquant son prédécesseur, Mgr Hans Hermann Groër.

Plus explicite l’archevêque de Salzbourg a déclaré vendredi : « Le temps et la société ont changé. L’Église doit se demander si elle peut entretenir ce mode de vie et ce qu’elle doit y changer. » L’Autriche fait également face depuis quelques jours à une série de révélations d’abus, qui ont entraîné la révocation de plusieurs prêtres Le Vatican, qui sur ce sujet met régulièrement en avant le fait que les auteurs d’actes pédophiles se retrouvent majoritairement au sein des familles, a une nouvelle fois balayé toute évolution de la tradition catholique en la matière. Vendredi, le pape a réaffirmé la « valeur du célibat sacré ». « Le célibat est le signe de la consécration tout entière au Seigneur », a-t-il insisté lors d’une rencontre avec la Congrégation du clergé.

Selon des experts, d’autres facteurs expliqueraient l’ampleur de ce phénomène au sein de l’Église catholique. La théologienne Marie-Jo Thiel, interrogée par La Croix le 11 mars, évoque une « culture et une philosophie cléricales, avec une conception de l’autorité qui permet de se mettre au-delà de la justice, de la démocratie, de toute transparence ». « Longtemps le clergé a considéré la pédophilie comme une faiblesse passagère, au même titre qu’une liaison avec une femme ou un homme, alors que l’on est là face à un acte criminel », estime aussi une juriste qui a travaillé sur ces questions avec l’épiscopat français. « La culture du secret et de l’étouffement est une tradition dans l’Église, qui a toujours préféré arranger ses affaires avec sa propre justice, au nom de sa suprématie et de son autonomie », commente Émile Poulat, historien du catholicisme.

Pour un psychanalyste, qui a travaillé avec l’Église catholique française, le risque zéro n’existe pas. « Mais dans une institution où la relation duelle est importante il faut, dans ces affaires, mettre en place des procédures générales et un fonctionnement collégial. » Sous la pression des opinions publiques, l’Église catholique s’est engagée depuis quinze ans dans un processus de reconnaissance, de prévention et de sanctions. Selon Mgr Zollitsch, le Vatican réfléchirait à la mise en place de normes universelles pour traiter ces affaires, dévastatrices pour la crédibilité de l’Église.

Le contexte actuel rend d’autant plus urgente la publication de la « Lettre aux Irlandais » promise par Benoît XVI sur ce sujet, « avant Pâques ». Elle devrait s’adresser aux fidèles et clergés concernés. S’il voit le jour, ce texte sera à mettre au crédit du pape, mais il ne lèvera pas les interrogations sur ce que le cardinal Ratzinger, préfet pour la congrégation de la doctrine de la foi, durant plus de vingt ans, savait de tous ces scandales.

Stéphanie Le Bars

 

encarts2.jpg

 

La dernière phrase de cet encart est d’une rare abjection.

 

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commentaires

Olivier 14/03/2010 15:33


Tous des pervers. En Irlande, ils sont en train d'acheter le silence des victimes en indemnisant sous réserve qu'il n'y ait pas dépôt de plainte. L'Etat indemnise en grande partie à la place de
l'Eglise et certains prêtres font appel aux "fidèles" pour verser de l'argent pour payer les indemnisations.
A bas la calotte ! Ni Dieu Ni maître et vive la Sociale !


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