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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 21:07


 

Il me faut rappeler les coordonnées
de Julien Coupat en prison.

 

 

Prison de La Santé
Julien Coupat
N° d’écrou : 290173
42, rue de la Santé
75014 Paris
France 

 


http://www.soutien11novembre.org



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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 19:30

 

   

Lettre ouverte de Simon Leys
au ministre des Affaires étrangères

Publiée dans la presse en mars 2009

 

À la veille du procès qui doit se tenir la semaine prochaine à Bruxelles, où les jumeaux Marc et Louis Ryckmans, nés en 1967 à Hong Kong et apatrides depuis 2006, tenteront de récupérer leur nationalité belge, Simon Leys, leur père, publie dans la presse une lettre ouverte adressée au ministre des Affaires étrangères. 



Lettre ouverte à Karl De Gucht,
ministre des Affaires étrangères,

 

Monsieur le Ministre,


Je vous adresse cette lettre par l’intermédiaire de la presse, et non pas par celui de la poste, parce qu’il ne s’agit plus d’une affaire privée (problème de mes fils rendus illégalement apatrides en conséquence d’une faute professionnelle d’un consul), mais bien d’un scandale qui intéresse tous nos concitoyens, constamment exaspérés par l’arbitraire de notre bureaucratie nationale et par l’arrogance d’un service public qui, au lieu de servir le public, n’a pour seul souci que de se « sauver la face ».


Comme ce scandale déborde depuis longtemps le cas individuel qui se trouve à son origine, la pétition qui a été organisée pour défendre la cause de mes fils a aussitôt rassemblé plus d’un millier de signatures : personnalités éminentes de la diplomatie, du barreau, des lettres et des arts, universitaires, journalistes, industriels, mais aussi et surtout modestes inconnus : ce n’est pas pour les beaux yeux de mes fils (et encore moins pour les miens) qu’ils ont signé. Ce qui les mobilise tous, c’est un sentiment d’indignation devant les abus de l’Administration, ainsi qu’une profonde inquiétude devant ce nouvel exemple d’une déliquescence - peut-être terminale - de nos grandes institutions nationales.


Depuis bientôt un mois, les organisateurs de la pétition (rédaction de la Revue générale et secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et littérature françaises) ont vainement tenté de vous joindre pour vous la remettre en mains propres. Même les démarches généreuses du président du Sénat lui-même n’ont pas réussi à vous atteindre. En désespoir de cause, la pétition vient de vous être adressée par courrier recommandé. Nous attendons la réponse.


Ayant eu moi-même l’honneur de servir jadis nos Affaires étrangères (à Hongkong, puis à Pékin), j’ai conservé quelques liens personnels au ministère : ceux-ci m’attestent que, dans les hauts niveaux de notre diplomatie, tout le monde est parfaitement au courant de la vraie nature du scandale. Et vous-même, vous avez déclaré votre irritation devant cette « affaire absurde ». Et pourtant, tout ce que vos émissaires officieux nous proposent ne sont que de honteux compris (sic) dont le seul objet n’est pas de rectifier l’erreur et de faire prévaloir justice et vérité mais bien (ce sont les termes de vos envoyés) de « sauver la face de l’Administration » (encore une fois).


La solution ne dépend que de vous : il suffit d’une signature ministérielle. La question que nous nous posons tous maintenant est la suivante : nos Affaires étrangères sont-elles entre les mains d’un homme d’État ou d’une autruche ?


Simon Leys

 

La lettre est disponible à cette adresse,
http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-30707/virulente-lettre-ouverte-de-simon-leys-a-karel-de-gucht.html  


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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 18:53




 

Affaire Tarnac : Julien Coupat reste en détention

Lemonde.fr 13.03.09

 

Julien Coupat reste en détention. La cour d’appel de Paris a rejeté une nouvelle fois, vendredi 13 mars, sa demande de remise en liberté. Julien Coupat est incarcéré depuis le 15 novembre dans l’enquête sur des dégradations contre des lignes SNCF. Il s’agissait de la troisième demande de mise en liberté déposée par cet homme de 35 ans mis en examen pour direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste.


Son avocate, Me Irène Terrel, avait fait appel d’une ordonnance de rejet de mise en liberté délivrée le 23 février par un juge des libertés et de la détention (JLD). « Une nouvelle fois, la demande est rejetée », a indiqué à la presse Me Terrel, dénonçant un « fiasco politico-judiciaire ». Le parquet général avait requis son maintien en détention. L’avocate a dans la foulée annoncé un certain nombre « d’initiatives juridiques et politiques ». « Nous allons demander à ce que la juridiction antiterroriste soit déclarée incompétente », a notamment annoncé Me Terrel.


Soupçonné d’avoir commis des dégradations à caractère terroriste début novembre de lignes de TGV, Coupat reste le seul en détention parmi les neuf personnes mises en examen dans cette enquête. Sa compagne, Yldune Levy, avait été remise en liberté le 16 janvier.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/03/13/sncf-julien-coupat-reste-en-detention_1167761_3224.html#ens_id=1164748

  

 

Affaire de Tarnac : « Nous ne répondrons plus aux questions du juge »

Lemonde.fr 13.03.09



Après le refus de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris de remettre en liberté Julien Coupat, les huit autres personnes mises en examen annoncent par la voix de Benjamin Rosoux qu’elles ne répondront plus aux questions du juge afin de « faire front commun contre un processus d’individualisation toujours croissant dans la procédure ».


Propos recueillis par Isabelle Mandraud

 

http://www.lemonde.fr/societe/son/2009/03/13/affaire-de-tarnac-nous-ne-repondrons-plus-aux-questions-du-juge_1167796_3224.html#xtor=EPR-32280154&ens_id=1164748

 


Liberté rejetée pour Julien Coupat

Liberation.fr 13/03/2009 

 

Julien Coupat ne sortira pas. Ainsi en a décidé la cour d’appel de Paris. Pour la troisième fois la chambre d’instruction a rejeté la demande de remise en liberté du principal suspect dans l’affaire du sabotage des lignes de TGV.


« Déni de justice » s’est exclamée Me Irène Terrel, son avocate. « A mes yeux, Julien Coupat fait figure de bouc-émissaire d’un fiasco politico-judiciaire. » Coupat va donc retrouver le chemin de la Santé, où il est détenu depuis maintenant 4 mois. Son entourage a annoncé son intention de contre-attaquer.


Le cerveau présumé de l’opération de destruction des caténaires qui avait perturbé le réseau SNCF en octobre-novembre 2008, a été arrêté le 11 novembre et incarcéré dans la foulée. Les 8 autres membres présumés du commando ont tous été relâchés depuis.


Me Irène Terrel a promis de passer à la vitesse supérieure. « Puisque il ne sert visiblement à rien de se limiter au terrain juridique, nous allons nous déplacer sur le terrain politique, là où toute cette affaire a été fabriquée. » Dans sa ligne de mire, il y a Michèle Alliot-Marie, qui exprime depuis longtemps sa crainte d’une résurgence du terrorisme d’extrême-gauche. L’avocate de Julien Coupat refuse cette assimilation. « C’est totalement démesuré », estime-t-elle.


En attendant, Julien Coupat « va bien, en dépit des conditions indignes dans lesquelles il est incarcéré », a-t-elle précisé. Il réfléchirait et écrirait même sur les conditions d’emprisonnement en France.


Pour soutenir leur action, ses proches appellent les intellectuels « à s’exprimer et à rejoindre ce combat ». Mardi, ils avaient déjà reçu l’appui plutôt inattendu du corbeau, qui avait exigé dans l’une de ses missives la libération de Julien Coupat. Un soutien plus que douteux, pour une histoire qui n’a pas fini d’être instrumentalisée.

 

http://www.liberation.fr/societe/0101555214-julien-coupat-liberte-rejetee



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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 08:43

 

 

 

Hommage à Pierre-André Boutang à la cinémathèque française

11 mars – 1er avril 2009


 

Je vous invite à consulter le programme que la cinémathèque a concocté à partir des émissions télévisées réalisées ou produites depuis 1964 par le discret Pierre-André Boutang. Ce qui est regrettable et réducteur, c’est que ce choix ne concerne que le cinéma. (L’attitude de ces gens que seul le domaine du septième art importe confine à la caricature : ce sont de vrais monomaniaques.)


Mais, même en ne s’en tenant qu’à cette seule catégorie, les archives sont extraordinaires. Peter Sellers, Woody Allen, Krystof Kieslowski, Pierre Braunberger, Elia Kazan, Gloria Swanson, Marcello Mastroianni, Roman Polanski, François Truffaut, Jean-Pierre Léaud, Otar Iosseliani, Serge Daney (j’ai revu récemment Itinéraire d’un ciné-fils : c’est très fin, instructif et parfois drôle tant Daney aime à tourner en dérision le milieu des Cahiers du cinéma et lui-même), Joseph Mankiewicz, Marco Ferreri, Fritz Lang, Jean Renoir, Michelangelo Antonioni, King Vidor, Jean Rouch, Orson Welles, Jean-Luc Godard, etc. Vertigineux, non ?


Ce que ne dit pas le directeur de cette respectable institution, Serge Toubiana, dans un texte consacré à Pierre-André Boutang, dans lequel il rappelle l’époque bénie où l’ORTF produisait le chef-d’œuvre de Roberto Rossellini, La Prise de pouvoir par Louis XIV (1966), c’est ce que révèle cette programmation : l’intelligence, l’élégance, la culture, la curiosité, la créativité ont définitivement disparu du petit écran. Et c’est un constat d’échec absolu pour un média qui aurait pu devenir le meilleur au monde et que, dans le désordre, l’appât du gain, la propagande, la publicité, la vulgarité et la bêtise ont tués. La savoureuse ironie de l’histoire, c’est que ce soit une cinémathèque qui nous invite à cet enterrement.



http://www.cinemathequefrancaise.com/


 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 11:46


 

Je recommande vivement le blog de Charles Tatum, découvert il y a peu par je ne sais plus quel biais. On y contemple de très belles photos – qu’il s’agisse d’actrices de films en noir et blanc ou des surprenantes « momies japonaises ». Surtout, il y a une vraie atmosphère : ces pages sont habitées par quelqu’un qui a une sensibilité au monde et aux choses qui l’entourent et sait les rendre à son tour.   

 

Tatum signale deux courts métrages politiques. D’abord L’Île aux fleurs (1989) du Brésilien Jorge Furtado, qui est un exposé parodiant les films institutionnels sur les tenants et les aboutissants de la consommation à l’air de la globalisation ; l’humour noir y est corrosif. Puis Closed Zone, un petit film d’animation sur Gaza réalisé par un des collaborateurs du film Valse avec Bashir, Yoni Goodman. Toutes ces références se trouvent sur la première page du site.

 

http://susauvieuxmonde.canalblog.com/

 

 

Enfin, Tatum m’a permis d’accéder à vraie mine, une adresse dont je n’avais jamais entendu parler : les textes en ligne de la bibliothèque libertaire. Le nombre de livres et d’articles disponibles est renversant.

 

http://raforum.apinc.org/bibliolib/Bibliolib.html

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 08:16

 

 

 

 

Voici l’annonce de deux récentes publications ; il s’agit du travail de chercheurs installés à Pékin.

Les présentations sont celles des éditeurs, comme toujours lorsque je signale un livre qui vient de paraître : en général, j’oublie de le préciser. C’est donc valable pour le Darien, le Vaneigem, le Neyrat, les titres de la collection « Radicaux libres » et les ouvrages de Patrick Tort et Kropotkine sur Charles Darwin, signalés ces temps derniers.

 

La Méditerranée asiatique 

Villes portuaires et réseaux marchands
en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est,
XVIe-XXIe siècle

 

 

Par François Gipouloux.
CNRS, 2009.

La Méditerranée au XIVe siècle, un modèle pour comprendre l’Asie de l’Est du XXIe siècle ? C’est la thèse de François Gipouloux dans cette somme ambitieuse qui bouscule les représentations dominantes, avec pour illustration l’un des grands poumons de l’économie mondiale, un espace maritime bordé de villes-États, de pôles industriels et de places financières : la Méditerranée asiatique, de Vladivostok à Singapour en passant par la mer Jaune et la mer des Célèbes. Un modèle géographique et institutionnel innovant, qui se caractérise par l’autonomie des centres urbains, une souveraineté diffuse et des pratiques d’affaires communes. Aspirée par la dynamique à l’œuvre dans ce corridor maritime, la Chine bascule lentement de son assise continentale, collectiviste et autarcique, vers l’Asie maritime, ouverte et commerçante. Elle réactive ainsi une tradition éteinte depuis la fin des grandes expéditions qui, au début du XVe siècle, avaient conduit les flottes chinoises sur les côtes de l’Afrique. Une étude fondamentale, dans la tradition des grands travaux de Fernand Braudel.

François Gipouloux, directeur de recherche au CNRS, enseigne à l’EHESS. Spécialiste de l’économie chinoise, il bénéficie d’une expérience de terrain de plus de quinze ans en Asie (Chine, Japon, Hong Kong).


 

La Société chinoise vue par ses sociologues :
Migrations, villes, classe moyenne, drogue, sida

 

Sous la direction de Jean-Louis Rocca.
Préface de Christian Baudelot.
Les Presses de Sciences Po, 2008.

Ce livre permet de comprendre autrement la société chinoise dans une perspective nettement non normative et sur des sujets peu abordés jusqu’ici. II ne s’agit pas de mesurer l’évolution de la Chine vers l’économie de marché, l’État de droit ou la démocratie, bref de saisir la Chine par sa « transition », mais au contraire d’analyser comment les normes sociales se construisent. L’objectif est de montrer que la compréhension de la société chinoise ne passe pas par une opposition entre « pensée occidentale » et « pensée chinoise », mais par l’utilisation des outils des sciences sociales.

Document sur la sociologie chinoise destiné à montrer comment les chercheurs travaillent aujourd’hui, ce livre rassemble dix analyses au cœur des réalités chinoises : les migrations ville-campagne, la classe moyenne, la drogue et le sida, la recherche… et s’appuient sur des travaux de terrain de première main.

Il s’agit enfin d’une collaboration exemplaire, menée au sein des Ateliers franco-chinois en sciences sociales de Pékin, fruit d’un dialogue nourri entre ces sociologues chinois venus d’horizons divers et une équipe de jeunes sinologues chargés des traductions.

Ont contribué à cet ouvrage : Chen Yingfang, Jing Jun, Li Chunling, Li Qiang, Shen Yuan, Tong Xin, Zhang Letian, Zhou Xiaohong.

Jean-Louis Rocca est directeur des Ateliers franco-chinois en sciences sociales de Pékin, professeur au département de sociologie de l’Université Tsinghua (Pékin) et chargé de recherche au CERI (Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po). II a récemment publié La Condition chinoise (Karthala, 2006).

 

 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 08:52

 

 

 

Vidéo de la leçon inaugurale d’Anne Cheng 

Chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine 
Collège de France
(11 décembre 2008)

   

Dans cette présentation d’une cinquantaine de minutes, Anne Cheng expose avec beaucoup de clarté un état de la sinologie de la France aux États-Unis en passant par la Chine qui connaît une réappropriation de son histoire. Elle décrit sa méthode de travail, l’esprit qui la commande, et les écueils à contourner dans la recherche. Enfin, Cheng s’est attachée à se situer aussi clairement que possible par rapport aux écoles et aux courants plus ou moins influents qui traversent ces études.

Pour cela, elle n’a pas hésité à émettre des opinions très directes, visant notamment François Jullien et les Instituts Confucius (d’origine chinoise) qui pullulent de par le monde, sans les nommer, mais sans qu’il soit possible non plus de confondre les cibles de ses attaques. Et je dois dire que, s’il est devenu presque banal de prendre à partie le discours de Jullien* (voire à ce sujet le court et passionnant essai de Jean François Billeter, Contre François Jullien, publié chez Allia en 2006), je ne m’attendais pas à une offensive tonitruante contre la Chine et ses idéologies passées et présentes. Madame Cheng ne s’encombre pas de diplomatie.

 

* Pour faire vite : Jullien considère la Chine comme l’Autre absolu, l’altérité même. Cette question, loin d’être tranchée, partage la sinologie en deux. Elle se trouve ravivée par les Chinois eux-mêmes qui pensent, avec Jullien, qu’ils sont totalement différents de nous. La controverse ne vaut que pour les nombreuses et graves conséquences politiques qu’elle implique. Songez seulement au rejet de la démocratie par les autorités chinoises, qui trouvent là une insupportable justification : c’est une pratique « occidentale », par conséquent, elle leur est étrangère et n’a pas sa place en Chine. (Et cela a été de nouveau affirmé lors des sessions du Parlement chinois réunit ces jours-ci à Pékin.) Ce n’est pas le seul antagonisme ni le plus essentiel ; le rapport au religieux, très peu médiatisé, n’en est pas moins une autre source de divergences profondes entre sinologues.

 

J’ai trouvé cette leçon instructive et stimulante, au-delà même de la question de la sinologie. Par ailleurs, j’ai retrouvé tout ce qui faisait ma joie comme auditeur des cours du Collège de France : le propos toujours intelligent et sensible, la compétence solidement établie et l’autorité des intervenants, la très grande clarté des exposés. C’est ce dernier point qui distingue ces éminents professeurs des imposteurs et qui rend les cours si attrayants : on les comprend.

Je ne saurais achever ces lignes sans rappeler que les cours du Collège de France, on l’ignore trop souvent, sont gratuits et ouvert à tous, dans la limite des places disponibles – comme on dit. Or il y a toujours de la place, sauf pour les leçons inaugurales, justement, parce que c’est un rendez-vous bêtement mondain et que tout le monde veut s’y montrer.

Regardez le programme des cours, c’est toujours passionnant. Le Collège est un des rares endroits où l’on prend l’exacte mesure de ce qu’est un cours dispensé par un professeur qui appartient aux plus hautes sphères du savoir institutionnel français. (Notez, Monsieur Sarkozy.) Je n’ai connu cette expérience qu’avec deux ou trois professeurs de l’université, dont Marcel Gauchet.

Quand on ne peut pas s’y rendre – ce qui est infiniment malheureux et regrettable –, on dispose des radiodiffusions sur France Culture, de cours ou leur résumé à télécharger, et depuis peu de podcast (ne me demandez pas de vous expliquer ce que c’est !) et de vidéos. De ce point de vue, Internet donne un nouvel essor à la mission du Collège de France en l’élargissant au-delà de toute espérance.

Vous pouvez lire des extraits de cette leçon sur le site du Collège de France. Je vous suggère cependant d’écouter et de regarder directement Anne Cheng faire la lecture, car il m’a semblé que le texte n’avait été rédigé qu’à cette seule fin.


http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_int/lecon_inuagurale_du_12_decembr.jsp

 

 

   

Biographie d’Anne Cheng

Née en 1955 à Paris de parents chinois, Anne Cheng a suivi un parcours complet à l’école de la République, nourri d’humanités classiques et européennes, jusqu’à l’Ecole Normale Supérieure, avant de choisir de se consacrer entièrement aux études chinoises. Depuis près de trente ans, elle a mené ses travaux d’enseignement et de recherche sur l’histoire intellectuelle de la Chine, en particulier sur le confucianisme, d’abord dans le cadre du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), puis de l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), avant d’être nommée à l’Institut universitaire de France et, tout dernièrement, élue au Collège de France.

Elle est l’auteur notamment d’une traduction en français des Entretiens de Confucius (Seuil, « Points-Sagesses », 1981), d’une étude sur le confucianisme du début de l’ère impériale et d’une Histoire de la pensée chinoise (Seuil, 1997, rééditée en poche « Points-Essais » en 2002 et déjà traduite en de nombreuses langues). Elle a également dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont le plus récent s’intitule La Pensée en Chine aujourd’hui (Gallimard, 2007).

(Source : Collège de France.)

 


 

Un peu d’humour

 

Je voulais vous signaler aussi le tout début de la leçon inaugurale de Jean-Marie Durand (chaire d’Assyriologie) datant de 1999 et qui vaut qu’on la cite. C’est un autre aspect du Collège, pas forcément le plus répandu : le parti des brillants causeurs.

« Le dernier recensement a montré que le territoire national était peuplé de soixante millions de personnes. Si vous réfléchissez, maintenant, qu’il y a en tout et pour tout six chaires d’Assyriologie en France, vous voyez que la proportion est d’une pour dix millions d’habitants. Si vous songez en outre que quatre personnes se partagent ces six chaires, et que les maîtrises de conférence se réduisent à un couple, la race des universitaires Assyriologues français reste néanmoins un peu plus nombreuse proportionnellement que celle des Pandas dont il n’existe pour un milliard et demi de Chinois, que quelques spécimens, à l’abri dans des Zoos, il est vrai, moins prestigieux que le Collège de France. »

   

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 06:10

 

 

 

 

 
 

Dans le cadre d’un festival littéraire, le romancier chinois est l’invité de la librairie « The Book Worm » (à Sanlitun), le samedi 14 mars 2009 à 15 heures. Mo Yan conversera avec Howard Goldblatt, son traducteur en anglais depuis plus de trente ans.

 

Le programme des festivités est sur
http://www.beijingbookworm.com/literaryfestival_schedule09.php



Attention ! le site annonce que la conférence est complète.
(Cela ne va pas nous empêcher de nous y rendre, non ?)

 

 

Né en 1956 dans une famille de paysans pauvres du Shandong, Mo Yan est considéré comme l’un des plus grands écrivains contemporains, tant en Chine qu’en Occident (Les Treize pas, 1995, Le Pays de l’alcool, 2000). Il a publié plus de quatre-vingt nouvelles et romans, des reportages, des critiques littéraires et des essais.

(Source : Le Seuil.)

 

 

Romans, nouvelles et récits de Mo Yan
disponibles en français (liste non exhaustive)

 

Le Clan du sorgho, traduit par Pascale Guinot et Sylvie Gentil, Actes Sud, 1990. (Le livre a été adapté à l’écran par Zhang Yimou en 1988 sous le titre Le Sorgho rouge.)

La Mélopée de l’ail paradisiaque, traduit par Chantal Chen-Andro, Messidor, 1990, rééd. Le Seuil, 2005.

Le Chantier, traduit par Chantal Chen-Andro, Scandéditions, 1993, rééd. Le Seuil, 2007.

Le Radis de cristal, traduit par Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping, Philippe Picquier, 1993.

Les Treize pas, traduit par Sylvie Gentil, Le Seuil, 1995.

Le Pays de l’alcool, traduit Par Noël et Liliane Dutrait, Le Seuil, 2000.

La Carte au trésor, traduit par Antoine Ferragne, Philippe Picquier, 2004.

Enfant de fer, traduit par Chantal Chen-Andro, Le Seuil, 2004.

Beaux Seins belles fesses : les enfants de la famille Shangguan, traduit par Noël et Liliane Dutrait, Le Seuil, 2004.

Explosion, traduit par Camille Loivier, Caractères, 2004.

Le Maître a de plus en plus d’humour, traduit par Noël Dutrait, Le Seuil, 2005.

Le Supplice du santal, traduit par Chantal Chen-Andro, Le Seuil, 2006.

La Joie, traduit par Marie Laureillard, Philippe Picquier, 2007.

Quarante et un coups de canon, traduit par Noël et Liliane Dutrait, Le Seuil, 2008.

 

(Sources : bibliographie en ligne et BNF.)

 

 

 
 



 

 

 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 17:32

 


L’Ennemi du peuple

 Par Georges Darien

 

L’Âge d’Homme, coll. « Le Livre carabiné » dirigée par Noël Godin,
2009, 186 p. Préface de Jean-Pierre Bouyxou.

   

Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et plus tard par André Breton, Georges Darien est un auteur prisé des milieux libertaires. En plus de ses romans (Biribi), Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche, L’Ennemi du peuple et L’En dehors, où il côtoie Zo d’Axa.

Enfin réédité, voici le pamphlet le plus impitoyable jamais écrit sur la complexité crapoteuse agglutinant volontiers le maître et l’esclave dans nos sociétés « démocratiques » autoritaires-marchandes. Georges Darien, effectivement à la Belle Époque, dans son canard déchaîné L’Ennemi du Peuple, a jubilatoirement repris, développé et propulsé sur les masses asservies le célèbre mot de désordre cravachant de La Boétie : « Soyez résolus de ne servir plus et vous serez libres ! » (1574), auquel le bon vieux Carlyle donnera aussi de la stéréophonie : « Je vomis les classes dirigeantes et les classes dirigées me dégoûtent. »

En nos temps veules, loches, flaccides, le recueil d’articles imprécateurs rassemblés ici devrait toujours, et mieux que jamais, faire scandale.

  

« Les malheureux, en dépit de la chanson, ne sont pas malheureux malgré eux. Ils ne le sont que parce qu’ils le veulent bien. Ils ont eux-mêmes placé leurs cous sous le joug, et refusent de les retirer. Il est donc fort compréhensible qu’un certain nombre d’hommes n’éprouvent à leur endroit aucune compassion ; et qu’ils ressentent même de la colère et du dégoût pour tant de sottise et tant d’avilissement.

« Le Peuple a des Amis. Qu’il les garde ! Ils sont généralement dignes de lui. (...)

« Je ne comprends pas qu’on puisse être, à notre époque, l’ami du Peuple. L’abominable et tyrannique soumission populaire a pu avoir, jusqu’ici, des excuses : l’ignorance, l’impossibilité matérielle d’une lutte. Aujourd’hui, le Peuple sait ; il est armé. Il n’a plus d’excuses. Qu’est-ce que le Peuple ? C’est cette partie de l’espèce humaine qui n’est pas libre, pourrait l’être, et ne veut pas l’être ; qui vit opprimée, avec des douleurs imbéciles ; ou en opprimant, avec des joies idiotes ; et toujours respectueuse des conventions sociales. C’est la presque totalité des Pauvres et la presque totalité des Riches. C’est le troupeau des moutons et le troupeau des bergers. (...)

« La caractéristique du Peuple, de ses amis, c’est leur obstination à placer hors d’eux-mêmes, dans des formules creuses ou des rêves, leurs espoirs et les déterminantes de leurs tristes énergies. La caractéristique du Hors-Peuple, en contraste, doit être sa ferme résolution de placer en soi-même ses mobiles et ses désirs. »


 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 09:27

 

 

Ni pardon ni talion

La question de l’impunité
dans les crimes contre l’humanité

 

Par Raoul Vaneigem. La Découverte, collection « Sur le vif », 110 p.

 

« Plus jamais ça ! » : tel était l’objectif de la définition du crime contre l’humanité, adoptée en 1945 pour sanctionner les criminels nazis.

Pourtant, depuis, massacres et génocides n’ont pas cessé. Et nous vivons dans un monde où le pouvoir réclame toujours plus de désordre pour imposer sa protection mafieuse, plus d’inhumanité pour donner du brillant au mensonge humanitaire. Dans ce monde, que peut signifier la justice ? C’est à ce paradoxe insupportable que Raoul Vaneigem s’attaque dans ce livre, en revisitant les fondements de la justice moderne.

Pour lui, tant que la liberté restera le produit idéologique du libre-échange, la justice se bornera à corriger l’homme, valeur marchande plus que valeur humaine. Car si le capitalisme et l’humanisme de façade ont rompu avec la loi du talion, le rôle de la justice se borne depuis à limiter les excès d’un système inhumain. Pour autant, le pardon n’est pas une alternative à la punition : loin de rendre les hommes meilleurs, il les endurcit dans l’idée de la fatalité et de la compassion.

Ni pardon ni talion : à la fois nécessaires et insuffisantes, les institutions judiciaires ne peuvent être que le point de départ d’une lutte plus vaste contre la barbarie universelle. Elle suppose un consensus sur les droits de l’être humain, patiemment obtenu par une éducation nouvelle et l’émergence d’un nouveau style de vie : agir localement avec une perspective globale, en solidarisant partout les forces vives des individus aspirant au bonheur.

Vaneigem ne raille pas les avancées de la justice, il plaide seulement pour que, poussées toujours plus avant, le progrès humain les rende obsolètes.

 

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