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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 03:36

 

 

 

« Pékin veut lier les Ouïgours au terrorisme
pour justifier la répression »

Par Hélène Franchineau, Le Monde du 6 juillet 2009

 

Le 5 juillet, des émeutes dans la capitale de la province chinoise du Xinjiang, Urumqi, ont fait au moins 140 morts et 828 blessés, selon l’agence officielle Chine nouvelle. La direction des relations avec les médias au gouvernement provincial fait état d’environ 260 véhicules brûlés et de 200 commerces et habitations endommagés. Ce n’est pas la première fois que de tels incidents éclatent au Xinjiang. Ils traduisent le malaise grandissant entre les Ouïgours – ethnie majoritaire et musulmane – et les autorités chinoises. Thierry Kellner, de l’Institut universitaire de hautes études internationales à Genève, revient sur la situation.

Quelle relation entretient Pékin avec la province du Xinjiang, peuplée en majorité par les Ouïgours ?

Thierry Kellner : C’est une périphérie contestée, une province qui a souvent échappé au contrôle de Pékin. Les dynasties chinoises ont imposé leur contrôle sur le Xinjiang, mais toujours de façon intermittente. La culture des habitants du Xinjiang  est plus centrasiatique que chinoise. D’origine turco-iranienne, ils sont musulmans et leur langue vient du turc. La Chine n’a fait la conquête militaire du Turkestan [ancien nom du Xinjiang] qu’au XVIIIe siècle. Après l’arrivée des communistes au pouvoir, en 1949, les Ouïgours ont eu l’impression que la politique de Pékin est devenue nettement plus favorable aux Chinois Hans [l’ethnie majoritaire en Chine]. Il y a aujourd’hui dans la province une nette différence de revenus entre les Ouïgours et les Hans. Les Hans ont le pouvoir. Ces manifestations sont une traduction du malaise qui persiste avec les Ouïgours.

 

La situation est-elle comparable à celle du Tibet ?

La Chine n’a jamais eu confiance dans la population de la province. Pékin a écrasé le nationalisme ouïgour, avec l’aide de l’URSS, dans les années 50. Avec le développement économique, le nationalisme a refait surface dans les années 80 sous la forme d’un mouvement littéraire. Mais les autorités ont pris peur et, au début des années 90, réprimé tout ce qui ressemblait à une velléité d’indépendance. Pékin a mis en place un puissant contrôle sur le discours historique, pour montrer que le Xinjiang a toujours fait partie de la Chine.

Effectivement, il s’agit de processus comparables à ceux en cours au Tibet : le développement économique échappe aux minorités ethniques au seul profit de l’ethnie Han ; la religion et la culture sont réprimées ; Pékin procède à une « colonisation » en faisant en sorte que les Hans deviennent majoritaires. La seule différence, c’est que le Xinjiang n’a pas de figure charismatique comme le dalaï-lama pour défendre sa cause. Et il faut des évènements comme ces émeutes pour qu’on parle de la situation au Xinjiang.

 

Le pouvoir accuse le Congrès mondial ouïgour, qui représente les Ouïgours à l’étranger, d’avoir fomenté les émeutes…

Son audience est assez restreinte. Rebiya Kadeer, qui est à sa tête, est encore peu connue. De plus cette organisation prône le respect de la Constitution chinoise. Mais Pékin préfère bien évidemment désigner un ennemi extérieur plutôt que de remettre en cause sa propre politique.

Concernant ces émeutes, le rôle d’Internet doit être mis en avant. Tout aurait démarré près de Canton, dans le sud de la Chine, quand deux ouvriers ouïgours ont été lynchés dans le district de Shaoguan, le 27 juin, par des ouvriers hans [une rumeur postée sur Internet avait accusé des ouvriers ouïgours d’avoir violé deux fillettes. Les émeutes avaient fait officiellement 2 morts et 118 blessés]. Ce qui m’étonne, c’est que cela se soit passé à Urumqi, dont la population est Han à 83 %, plutôt qu’à Kashgar [autre grande ville du Xinjiang, dont la population est majoritairement ouïgoure].

Je pense que ces accusations ne sont qu’un prétexte utilisé par Pékin pour lier la diaspora ouïgoure à l’étranger avec Al-Qaida et le terrorisme, afin de justifier une nouvelle répression.

 

Propos recueillis par Hélène Franchineau.

De Thierry Kellner, lire aussi les textes « Chine : le Xinjiang et les Ouïgours » (2002) et « Xinjiang : les émeutes interethniques de juillet 2009 : décryptage et commentaires » (2009).

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 02:06

 

 

 

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On a le sentiment en feuilletant cet album que les images datent d’un autre âge. Pourtant le cinéma américain, de The French Connection (William Friedkin, 1971) à Do The Right Thing (Spike Lee, 1989), est là pour nous rappeler que c’est tout près.

Les photos de Danny Lyon sont ici. Je remercie Roberto pour ce lien.

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 00:42

 

 

 

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Suite aux tensions de ces dernières semaines dans le Xinjiang, au nord-ouest de la Chine (en rouge sur la carte ci-dessus), je donne à lire l’intégralité de cet entretien très éclairant sur ce que subie la population ouïghoure, une « minorité » que Nicolas Bequelin compare aux Tibétains.

Bravo M. Thibault !

 

 

Xinjiang : « Les accusations du gouvernement
chinois sont peu crédibles »

Harold Thibault, Le Monde du 4 août 2011

 

Nicholas Bequelin, enquêteur à la division Asie de Human Rights Watch et spécialiste du Xinjiang, analyse les récentes violences perpétrées dans la région et la répression dont sont victimes les Ouïgours par le gouvernement chinois.

Les autorités de Kashgar ont attribué l’attentat de dimanche au Mouvement islamique du Turkestan oriental. Que savez-vous de ce groupe ?

Les accusations du gouvernement chinois sont peu crédibles. Depuis le 11-Septembre, la stratégie de Pékin a été d’exagérer le risque terroriste au Xinjiang et ses supposées connexions avec le terrorisme international afin de légitimer sa très dure répression dans la région. L’ETIM est un petit groupe dont l’existence était attestée à la fin des années 1990 mais qui a très probablement cessé d’être actif depuis. Ses membres se sont dispersés : deux de ses ex-dirigeants, qui faisaient parti de la mouvance Moudjahidin en Afghanistan, ont été tués ces dernières années, l’un en 2003 et l’autre en 2010 ; certains membres ont été détenu pendant plusieurs années à Guantanamo, puis relâchés après que l’administration américaine a estimé qu’ils ne posaient pas de danger.

Mais le gouvernement chinois continue d’invoquer le nom d’ETIM à chaque incident violent car au lendemain du 11 septembre 2001, Pékin avait réussi à faire inscrire ce groupe parmi une liste d’organisations terroristes aux Nations Unies, avec le soutien des États-unis, désireux à l’époque de recruter le soutien chinois dans la « guerre contre la terreur ». La désignation de ce groupe répond à la stratégie du gouvernement chinois de légitimer sa répression aux yeux de la communauté internationale et de tenter de focaliser l’attention sur des facteurs externes plutôt que sur les sources domestiques des tensions inter-ethniques qui sont derrière ces incidents meurtriers.

Il n’y a pas de véritable mouvement séparatiste organisé au Xinjiang, en partie à cause de l’efficacité de la répression, mais il existe de petits groupes locaux qui se font et se défont et parviennent parfois à mener quelques actions violentes : attaques contre des forces de l’ordre, assassinats de cadres ouïgours accusés de collaborer avec le gouvernement Chinois, ou attaques à l’explosif de symboles de la présence chinoise. Ces dernières années les attaques contre des civils Hans se sont multipliées, sans doute afin de décourager les colons Hans de s’installer dans la région en nombre toujours croissant.

 

Pékin estime que les hommes derrière cet attentat ont été formés au Pakistan. Le Xinjiang étant frontalier du Pakistan et de l’Afghanistan, quelle est, selon vous, la réalité de l’infiltration de groupes terroristes étrangers en territoire chinois ?

Il n’y a aucune preuve d’infiltration, seulement quelques cas de ouïgours partis étudier ou se joindre à la mouvance radicale au Pakistan ou en Afghanistan qui ensuite rentrent en Chine. La cause ouïgoure ne fait pas partie de la vulgate du mouvement islamique radical. De plus, le gouvernement et les services de renseignement pakistanais veillent à ne pas protéger leur plus puissant allié, la Chine, et ne tolèreraient en aucun cas l’utilisation de leur territoire comme base arrière de militants ouïgours.

 

Dans la population ouïgoure, quelles sont les revendications, quels sont les facteurs problématiques dans la relation avec le gouvernement chinois ?

Le peuple ouïgour, comme les Tibétains, font face à une formidable entreprise d’assimilation de leur territoire de leur population de la part de l’État Chinois. Cette assimilation s’accompagne d’une répression politique et religieuse féroce, d’un assaut contre toutes les formes d’expression culturelles distinctes, et de violations massives des droits de l’homme. Au lieu de l’autonomie promise par les textes, les ouïgours se sentent progressivement relégués à devenir des étrangers dans leur propre patrie.

Imposition de la langue chinoise à l’école, destruction délibérée du patrimoine historique et culturel ouïgour, censure omniprésente, campagnes anti-terroristes incessantes, vagues répétées d’arrestations, de disparitions et de torture de soi-disant « séparatistes », discrimination socio-économique permanente et un afflux toujours plus grand de migrants Hans génèrent des tensions toujours plus grandes. Ce sont ces facteurs qui expliquent la violence soudaine des attaques contre la population chinoise lors des émeutes de juillet 2009 à Urumqi, qui ont causé plusieurs centaines de morts, ou l’attaque aveugle à Kashgar la semaine dernière.

 

Comment a évolué la relation entre les autorités chinoises et cette minorité depuis les violences du 5 juillet 2009 à Urumqi ?

À la suite des émeutes le gouvernement a lancé une campagne de répression indiscriminée qui a contribué à renforcer encore plus l’hostilité des Ouïgours face aux autorités chinoises. Depuis des années la population ouïgoure vit dans la peur continuelle de dire ou de faire quoi que ce soit qui puisse être interprété comme une critique des politiques chinoises au Xinjiang, sous peine d’arrestation immédiate.

Les très lourdes condamnations régulièrement imposées à des journalistes, intellectuels, étudiants et autres suspects d’avoir critiqué certaines politiques chinoises – ce que l’État assimile aussitôt à une incitation au « séparatisme » – témoignent de la réalité de cette répression. Pour les autorités chinoises, toute critique de la situation au Xinjiang venant d’un membre de la communauté ouïgoure est un acte visant à promouvoir le séparatisme, ce qui exclue toute possibilité de dissension ou d’opposition pacifique.

 

En particulier, quelle est la situation à Kashgar ?

La situation à Kashgar est dominée depuis deux ans par l’imposition par le gouvernement de la destruction de 80 % de la ville traditionnelle multi-séculaire ouïgoure qui en formait le cœur. Cette ville, au patrimoine architectural de style centre-asiatique unique au monde, est progressivement remplacée par des immeubles modernes, modelés sur ceux du reste de la Chine et souvent inabordables pour les familles expropriées qui sont, elles, réinstallées dans des cites dortoirs à la périphérie de la ville.

 

Propos recueillis par Harold Thibault.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 18:44

 

 

 

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Un peu pour faire suite à cette affiche.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 17:36

 

 

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 17:27

 

 

 

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« Hippodrome de Compiègne : Eric Woerth avait été
averti
de la sous-évaluation du domaine »

Le Monde du 2 août 2011

 

Trois services de l’État avaient averti l’ancien ministre du budget Eric Woerth de la sous-estimation de l’hippodrome de Compiègne, rapporte Le Canard enchaîné, documents à l’appui, mardi 2 août. Accusé d’avoir « bradé » le domaine à la société des courses de Compiègne pour un montant de 2,5 millions d’euros, Eric Woerth avait pourtant affirmé n’avoir « jamais connu d’autre évaluation ».

Les courriers du directeur de l’Office national des forêts, Bernard Gamblin, et du président de la commission pour la transparence des opérations immobilières de l’État, Philippe Dumas, avaient déjà été diffusés par l’hebdomadaire. Ces notes, rédigées en juillet 2009 et en mars 2010, précisent notamment que « la valeur réelle de ces terrains est au moins dix fois supérieure à l’estimation » faite par les fonctionnaires de France Domaine.

Un troisième courrier de Philippe Parini, directeur général des finances publiques, envoyé le 1er septembre 2009, insiste quant à lui sur le caractère indispensable d’un appel d’offres. Il note également qu’il est « indispensable de recourir à une expertise privée pour établir la valeur de ce bien ».

Le Canard enchaîné publie ces documents alors qu’Eric Woerth a annoncé début juillet son intention de déposer une plainte contre le journal pour diffamation. L’ancien ministre reproche en effet au journal satirique d’avoir écrit que l’hippodrome de Compiègne a été vendu « pour un prix préférentiel et sous-évalué ». Depuis le début de l’affaire, Eric Woerth affirme en effet n’avoir commis aucune erreur dans ce dossier. « Si j’avais à refaire ce que j’ai fait sur Compiègne, je le referais immédiatement aujourd’hui », avait déclaré l’ancien ministre du budget, lors d’une conférence, avant d’ajouter : « J’ai bien fait et je le referais tel quel. »

L’article donne de nombreux liens pour revenir au commencement de cette affaire.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 03:27

 

 

 

Constat1.jpgConstat2.jpgConstat3.jpg

 

Ils viennent du site Savage Eyes.

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 00:08

 

 

 

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Le mois de juillet des frères Limbourg est ici.

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 23:34

 

 

 

Children of The Revolution

 

Ulrike Meinhof and Fusako Shigenobu emerged from the student revolutions of 1968 to become the leading female revolutionaries of their time. Appalled by the killing in Vietnam, they set out to destroy capitalist power through world revolution, as leaders of the Baader Meinhof Group and the Japanese Red Army.
Authors and journalists Bettina Röhl and May Shigenobu explore the lives of their mothers, Ulrike and Fusako, providing a unique perspective on two of the most notorious “terrorists” in contemporary history.
On the run or kidnapped when their mothers went underground, May and Bettina emerged from difficult childhoods to lead their own extraordinary lives.
With capitalism once more in crisis and revolution again sweeping the Arab world, we ask what were they fighting for and what have we learned?
Shot in Tokyo, Beirut, Jordan and Germany, the film is a co-production between Transmission Films, WDR and the Irish Film Board.

 

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Le site du film est ici.

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 22:43

 

 

 

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Les images de Mike Mitchell sont disponibles ici.

 

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Published by shige - dans Musique
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