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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:31

 

 

 

James-Tissot.jpg

 

Acquisition de Le Cercle de la rue Royale
de James Tissot
par le musée d’Orsay
pour la somme de 4 millions d’euros

 

Un commentaire de Toulouse-la-Rose

 

 

Le « dernier scandale » qui m’a ulcéré, c’est l’achat d’un tableau, par le musée d’Orsay, intitulé « Le Cercle de la rue Royale ».

On y voit, peints par un pompier de service, pas moins de 12 personnages, prenant la pose sous les arcades de la bâtisse allant de la Rue royale au Crillon. Je ne résiste pas au plaisir de t’en livrer le casting. Il s’agit, ni plus ni moins (le tableau fut peint vers 1860) du comte Alfred de la Tour-Maubourg, du marquis du Lau, du comte Étienne de Ganay, du comte de Rochechouart, de C. Vansittard (?), du marquis R. de Miramon, du baron Hottinguer, du marquis de Ganay, de Gaston de Saint-Maurice, du prince Edmond-Melchior de Polignac ainsi que de Charles Haas, celui-là même qui inspira à Marcel Proust le personnage de Swann. Belle brochette, n’est-elle pas ? Cet achat est d’autant plus scandaleux que toute cette racaille d’aristos vomiront les impressionnistes en général et Claude Monet en particulier, grâce auquel (le bénéfice dégagé par son ultime expo) Orsay a pu (et choisi) d’acquérir « l’œuvre » en question. Cerise sur le pompon, le douzième salopar figurant sur la fresque, et dont je ne t’avais pas encore donné le nom, n’est autre que… Le marquis de Galliffet !!!

C’est comme je vous le dis, ma bonne dame : LE BOUCHER DE LA COMMUNE ENTRE AU MUSÉE ET TOUJOURS PAS DE ROBESPIERRE EN VILLE !!!

Il n’empêche, c’est à des petits gestes anodins comme celui-ci que l’on peut mieux voir toute l’ampleur du triomphe de la contre-révolution.

30 avril 2011.

 

L’image vient d’ici.

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 23:20

 

 

 

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Brassaï et Oskar Kokoschka (1931), Antibes (1934), Aristide Maillol (1936)

 

Br-Dali-1955.jpgBr-Bal-de-la-Montagne-Sainte-Genevieve-v.-1932.jpgBr-Kiki-au-Cabaret-des-Fleurs-1932.jpgBr-Moulay-Idriss-au-Maroc-1955.jpg

Dalí (1955), Bal de la Montagne-Sainte-Geneviève (vers 1932),
Kiki au Cabaret des Fleurs (1932), Moulay-Idriss (1955)

 

Br-Au-Bal-Negre-rue-Blomet-v.-1932.jpgBr-Picasso-peignant-1939.jpg

Au Bal Nègre, rue Blomet (vers 1932), Main de Picasso (1939)

 

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Mains de Léon-Paul Fargue et Louise de Vilmorin (1934),
Matisse (1939), Académie Julian rue du Dragon (1932)

 

Le site de la RMN est ici.

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 22:21

 

 

 

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The Trials of Oscar Wilde
(
Ken Hughes, Royaume-Uni, 1960)
Avec Peter Finch, Yvonne Mitchell et James Mason

 

Trials2.jpgTrials3.jpg

 

Oscar Wilde
(
Gregory Ratoff, Royaume-Uni, 1960)
Avec Robert Morley, Phyllis Calvert, Ralph Richardson et John Neville

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:31

 

 

 

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Premier des trois volumes à paraître chez Taschen, il couvre la collaboration avec Louis Sullivan (École de Chicago), les Prairie Houses et les premières commandes importantes, tel le Larkin Building (photo du haut et suivante).

 

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On espère que le livre sera mieux traduit que le Wright du même Bruce Brooks Pfeiffer (collaborateur de F. L. W. jusqu’à sa mort et responsable de ses archives à Taliesin), paru il y a quelques années dans la peu onéreuse « Petite collection architecture » de Taschen (dont je recommande l’excellent Le Corbusier de Jean-Louis Cohen) ; c’était si mal écrit que l’on y comprenait rien.

Vous pouvez feuilleter l’ouvrage ici. Il a été brièvement question des Prairie Houses ici.

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 20:40

 

 

 

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Starship Troopers

Paul Verhoeven, États-Unis, 1997

 

À la sortie du film, Verhoeven, dont c’est le chef-d’œuvre, s’est fait traiter de fasciste par la critique américaine ! S’il y a un public au monde qui ne pouvait pas comprendre cette œuvre ou plutôt ne voulait pas la comprendre, c’est bien celui des États-Unis. Il y a deux ans, j’en ai parlé avec un ami américain et lorsque je lui ai livré ma lecture du film, il m’a regardé avec de grands yeux tout ronds : j’ai senti une incompréhension totale.

 

Star-img1.jpgStar-img2.jpg

 

Comme Godzilla (Ishiro Honda, 1954) ne parle que de Hiroshima et du péril nucléaire, la dimension science-fictionnelle (une lutte interplanétaire) n’est ici qu’un prétexte pour dépeindre l’armée américaine pendant la guerre du Golf. Film de troufions, Starship Troopers montre le quotidien de militaires très avancés dans la débilité et l’infantilisme. Le racisme, un patriotisme exacerbé, le fascisme qui sous-tend chacun de leurs discours (quand ce ne sont pas les uniformes qui rappellent ceux de la SS) sont les autres caractéristiques de cette armée.

 

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La dimension politique du film n’apparaît jamais plus clairement que dans les fausses séquences télévisées (Federal Network, c’est CNN couvrant la guerre du Golf avec son jingle et ses visuels). Comme dans Robocop, l’histoire est ponctuée de programmes télévisés sur la guerre en cours, c’est-à-dire de propagande. Le discours médiatique n’est pas plus épargné que celui des militaires, l’absence de distance et de sens critique y sont violemment pris à parti.

Démoralisant au possible, Starship Troopers est l’anti-Top Gun absolu.

Bandes-annonces : Starship Troopers (vostfr).

J’ai parcouru un article de Florian Betrencourt qui avance un point de vue assez similaire au mien, vous pouvez le consulter, il a fait plus d’effort d’écriture que moi. Je lui ai volé au passage quelques images.

Sur quelques films d’anticipation et de science-fiction (3)

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 20:30

 

 

 

« Aucune anormalité n’a été détectée quant
aux niveaux de radioactivité en Chine »

Par Li Xiang © Chine Nouvelle (Xinhua) le 27 avril 2011

 

Les niveaux des particules radioactives dans l’environnement et les échantillons alimentaires dans la partie continentale de Chine restent normaux, a annoncé mercredi le Comité national de la coordination d’urgence nucléaire de Chine dans un communiqué quotidien.

Une analyse d’échantillons n’a indiqué aucune anormalité dans l’eau potable, et les résultats de la surveillance ont révélé que les niveaux de radiation dans la mer et l’air demeurent également normaux, selon le communiqué.

En outre, aucun changement évident de la situation n’a été observé et les relevés des postes de surveillance de la radiation à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi au Japon restent stables, selon le communiqué, citant un rapport publié mercredi par l’Agence internationale de l’Énergie atomique.

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:24

 

 

 

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J’ai un faible pour ce grand succès de Donna Summer (cosigné avec Giorgio Moroder et Pete Bellotte). Vous pouvez le voir et l’entendre ici, où Donna Summer est superbement filmée.

 

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Je signale ces quelques reprises : Blondie en 1979 (audio), Bronki Beat et Marc Almond en duo en 1985, c’est évidemment un registre pour Jimmy Somerville (vidéo), enfin Madonna en 2006 qui avec cent fois plus de moyens n’atteint pas le dixième de la sensualité de Donna Summer (vidéo).

Les 45 tours viennent d’ici.

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:26

 

 

 

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Une chose me fascinait à Tokyo, c’était les boutiques et les bars à thème. Prenez les Beatles ou Elvis et ouvrez une boutique qui leur est exclusivement réservée (disques, affiches, tee-shirts, etc.). Idem avec le cinéma : j’ai pris un verre dans un décor qui était celui d’Alien de H. R. Giger…

Super Punch, qui surveille de près les manifestations d’Alice dans le monde moderne, signale la récente ouverture d’un bar dédié à l’héroïne de Lewis Carroll. C’est le deuxième endroit de ce genre à Tokyo après celui de Ginza. Les deux espaces sont signés de Fantastic Design Works Co.

 

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Vous trouvez cela indigeste ? C’est que vous n’avez pas encore vu le menu

Les images viennent d’ici.

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:31

 

 

 

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La présentation est ici.

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 01:56

 

 

 

caducee-final-A4-allemand.jpgcaducee-final-A4-en.jpgOMS-AIEA-A4.jpg

 

Rien n’est plus vrai ! J’en veux pour preuve ce rapport hallucinant donné il y a 5 ans par l’OMS qui minimise de la manière la plus délirante les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Je le donne in extenso.

 

 

Communiqué conjoint OMS/AIEA/UNDP

« Tchernobyl : l’ampleur réelle de l’accident »

 

20 ans après, un rapport d’institutions des Nations Unies donne des réponses définitives et propose de moyens de recontruire des vies.

 

5 SEPTEMBRE 2005 | GENÈVE -- Jusqu’à 4 000 personnes au total pourraient à terme décéder des suites d’une radio-exposition consécutive à l’accident survenu il y a une vingtaine d’années dans la centrale nucléaire de Tchernobyl : telles sont les conclusions d’une équipe internationale de plus d’une centaine de scientifiques.

Toutefois, à la fin du premier semestre de 2005, moins d’une cinquantaine de décès avait été attribuée directement à cette catastrophe. Pratiquement tous étaient des membres des équipes de sauvetage qui avaient été exposés à des doses très élevées : un grand nombre sont morts dans les mois qui ont suivi l’accident, mais d’autres ont survécu jusqu’en 2004.

Les nouveaux chiffres sont présentés dans un rapport abrégé qui fait date intitulé “Chernobyl’s Legacy: Health, Environmental and Socio-Economic Impacts” (L’héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économiques) que vient de publier le Forum Tchernobyl. Basé sur un rapport de 600 pages en trois volumes, qui regroupe les travaux de centaines de scientifiques, d’économistes et de spécialistes de la santé, ce rapport abrégé évalue les conséquences sur 20 ans du plus grave accident nucléaire de l’histoire. Le Forum est composé de huit institutions spécialisées du système des Nations Unies, à savoir l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU, le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) et la Banque mondiale, ainsi que des gouvernements du Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine.

« Cette compilation des recherches les plus récentes peut contribuer à résoudre les questions que l’on continuait de se poser sur le nombre de décès et de maladies réellement imputables à l’accident de Tchernobyl et sur ses répercussions économiques » déclare le président du Forum Tchernobyl, Burton Bennett, éminent spécialiste des effets radiologiques. « Les gouvernements des trois pays les plus touchés se sont rendus compte qu’ils devaient définir clairement la voie à suivre et qu’ils ne pourraient aller de l’avant qu’en se basant sur un consensus solide quant aux conséquences environnementales, sanitaires et économiques et en bénéficiant des conseils judicieux et de l’appui de la communauté internationale. »

« Il s’agit d’un accident très grave ayant des répercussions sanitaires majeures, notamment pour les milliers de travailleurs exposés durant les premiers jours qui ont reçu des doses de rayonnements très élevées et pour les milliers d’autres atteints d’un cancer de la thyroïde » poursuit M. Bennett. « Toutefois, d’une manière générale, nous n’avons constaté aucune incidence négative grave sur la santé du reste de la population des zones avoisinantes, ni de contamination de grande ampleur qui constituerait toujours une menace sérieuse pour la santé humaine, à l’exception de quelques rares zones d’accès restreint ».

Le rapport du Forum est destiné à aider les pays touchés à comprendre l’ampleur véritable des conséquences de l’accident et à suggérer aux gouvernements du Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine des moyens de résoudre les grands problèmes socio-économiques qui en découlent. Les membres du Forum, parmi lesquels figurent des représentants des trois gouvernements en question, se réuniront les 6 et 7 septembre, à Vienne, à l’occasion d’un rassemblement sans précédent de spécialistes mondiaux de Tchernobyl, des effets radiologiques et de la radioprotection qui viendront examiner ces conclusions et recommandations.

Principales conclusions du rapport

Ce rapport volumineux contient des douzaines de conclusions majeures :

  • Environ un millier de membres du personnel du réacteur qui travaillaient sur le site et de membres des équipes d’intervention ont été fortement exposés à des doses de rayonnements très élevées le premier jour de l’accident ; sur les plus de 200 000 de travailleurs affectés à ces équipes ou chargés d’assurer le retour à la normale en 1986 et 1987, 2 200, selon les estimations, pourraient décéder des suites d’une radio-exposition.
  • On estime à 5 millions le nombre de personnes résidant actuellement dans des zones du Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine contaminées par des radionucléides à la suite de l’accident ; environ 100 000 d’entre elles vivent dans des zones classées précédemment par les autorités gouvernementales comme zones « strictement contrôlées ». La classification actuelle des zones doit être revue et assouplie à la lumière des nouvelles conclusions.
  • Quelque 4 000 cas de cancer de la thyroïde, essentiellement chez des enfants et des adolescents au moment de l’accident, sont imputables à la contamination résultant de l’accident, et au moins neuf enfants en sont morts ; toutefois, à en juger par l’expérience du Bélarus, le taux de survie parmi les patients atteints de ce type de cancer atteint presque 99 %.
  • La plupart des membres des équipes d’intervention et des habitants des zones contaminées ont reçu des doses à l’organisme entier relativement faibles, comparables aux niveaux du fond naturel de rayonnement. Aucune indication ni probabilité d’une diminution de la fertilité parmi les populations touchées, ni aucune indication d’une augmentation des malformations congénitales pouvant être attribuées à une radio-exposition n’a donc pu être établie.
  • La pauvreté, les maladies liées au « mode de vie » qui se généralisent dans l’ex-Union soviétique, et les troubles mentaux constituent, pour les populations locales, une menace beaucoup plus grave que l’exposition aux rayonnements.
  • L’évacuation de quelque 350 000 personnes hors des zones touchées et leur relogement se sont avérés être une « expérience extrêmement traumatisante ». Bien que 116 000 d’entre elles aient été évacuées de la zone la plus gravement touchée immédiatement après l’accident, les évacuations ultérieures ont joué un rôle négligeable dans la réduction des radio-expositions.
  • La persistance de mythes et d’idées fausses sur le risque d’irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées un « fatalisme paralysant ».
  • Les programmes ambitieux de réhabilitation et d’avantages sociaux entrepris par l’ex-Union soviétique et poursuivis par le Bélarus, la Russie et l’Ukraine, doivent être redéfinis car, outre le fait que la situation radiologique a changé, ils sont mal ciblés et dotés de ressources insuffisantes.
  • Les éléments structurels du sarcophage construit pour recouvrir le réacteur endommagé se dégradent et risquent de s’effondrer en provoquant un rejet de poussière radioactive ;
  • Il reste encore à établir un plan global pour le stockage définitif des tonnes de déchets hautement radioactifs sur le site et aux alentours de la centrale de Tchernobyl, qui soit conforme aux normes de sûreté en vigueur.

Hormis les maladies et les décès radio-induits, le rapport déclare que l’impact de Tchernobyl sur la santé mentale est « le plus grand problème de santé publique que l’accident ait provoqué » et attribue en partie cet impact psychologique négatif à l’absence d’informations précises. Les personnes concernées ont une perception négative de leur état de santé, sont convaincues que leur espérance de vie a été abrégée, manquent d’initiative et sont dépendantes de l’assistance fournie par l’État.

« Vingt ans après l’accident de Tchernobyl, les habitants des zones touchées n’ont toujours pas les informations dont ils ont besoin pour mener une vie saine et productive qui est tout à fait possible » explique Louisa Vinton, coordonnatrice pour Tchernobyl au PNUD. « Nous conseillons aux gouvernements concernés de leur communiquer des informations précises, non seulement sur les moyens de vivre sans risque dans des régions faiblement contaminées, mais aussi sur l’adoption de modes de vie sains et la création de nouveaux moyens de subsistance ». Toutefois, comme le déclare Michael Repacholi, responsable du programme Rayonnements de l’OMS « au final, le message du Forum Tchernobyl est rassurant ».

Il explique que sur les 4 000 patients atteints d’un cancer de la thyroïde, essentiellement des enfants, tous ont guéri, à l’exception de neuf qui sont décédés. « Ceci mis à part, l’équipe d’experts internationaux n’a trouvé aucune indication d’une quelconque augmentation de l’incidence de la leucémie et du cancer chez les habitants affectés par Tchernobyl ».

Les experts internationaux ont estimé que les rayonnements pourraient provoquer à terme jusqu’à 4 000 décès chez les populations les plus exposées après l’accident de Tchernobyl, à savoir les membres des équipes d’intervention en 1986 et 1987, les personnes évacuées et les résidants de la plupart des zones contaminées. Ce nombre inclut les décès avérés consécutifs à des cancers et des leucémies radio-induits ainsi que des statistiques prévisionnelles basées sur les estimations des doses de rayonnements reçues par ces populations. Comme un quart des personnes environ mourront des suites d’un cancer spontané ne résultant pas de Tchernobyl, il sera difficile d’observer l’augmentation d’environ 3 % seulement induite par les rayonnements. Toutefois, dans les cohortes les plus exposées des membres des équipes d’intervention et des travailleurs chargés d’assurer le retour à la normale, on a déjà constaté une augmentation de certains types de cancer (la leucémie par exemple) à certaines périodes. M. Repacholi a expliqué que les prévisions reposaient sur une soixantaine d’années d’expérience scientifique des effets de telles doses.

« Les effets sanitaires de l’accident étaient potentiellement catastrophiques, mais une fois que vous les additionnez en vous basant sur des conclusions scientifiques dûment validées, en ce qui concerne le public, ils n’ont pas été aussi forts que ce que l’on pouvait craindre initialement » conclut M. Repacholi.

L’estimation relative au nombre de décès à terme qui figure dans le rapport est très inférieure aux hypothèses antérieures largement reprises par les médias, selon lesquelles les radio-expositions allaient entraîner la perte de dizaines de milliers de vies humaines. Cependant, le chiffre de 4 000 n’est pas très éloigné des estimations faites en 1986 par des scientifiques soviétiques, selon Mikhail Balonov, spécialiste des rayonnements à l’Agence internationale de l’énergie atomique, à Vienne, qui travaillait dans l’ex-Union soviétique au moment de l’accident.

En ce qui concerne les incidences sur l’environnement, les rapports des scientifiques sont également rassurants, car leurs évaluations révèlent qu’à l’exception de la zone fortement contaminée de 30 km de rayon autour du réacteur, toujours interdite d’accès, de certains lacs fermés et de forêts d’accès limité, les niveaux de rayonnements sont, pour la plupart, redevenus acceptables. « Dans la plupart des zones, les problèmes sont économiques et psychologiques, pas sanitaires ni environnementaux » déclare M. Balonov, secrétaire scientifique du Forum Tchernobyl qui participe aux initiatives visant à un retour à la normale depuis la catastrophe.

Recommendations

Le rapport recommande de concentrer les efforts d’assistance sur les zones fortement contaminées et de redéfinir les programmes gouvernementaux pour aider ceux qui sont vraiment dans le besoin. Il est suggéré de substituer aux programmes qui encouragent une « dépendance » et une mentalité de « victime » des initiatives qui ouvrent des perspectives, soutiennent le développement local et redonnent aux gens confiance en l’avenir.

Sur le plan de la santé, le rapport du Forum préconise de continuer à suivre de près les travailleurs ayant souffert d’un syndrome d’irradiation aiguë et les autres membres des équipes d’intervention fortement exposés. Il recommande aussi un contrôle ciblé des enfants traités au radio-iode pour un cancer de la thyroïde et des travailleurs ayant reçu des doses élevées pendant les opérations d’assainissement qui sont atteints de cancers non thyroïdiens. Toutefois, l’efficacité des programmes de contrôle en cours devrait être évaluée par rapport à leurs coûts, car l’incidence des cancers de la thyroïde spontanés augmente fortement à mesure que la population cible vieillit. En outre, l’établissement de registres du cancer très fiables doit bénéficier d’un appui continu des gouvernements.

En ce qui concerne l’environnement, le rapport préconise un suivi à long terme des radionucléides du césium et du strontium pour évaluer l’exposition des êtres humains et la contamination des aliments et pour analyser l’impact des mesures correctives et des mesures prises pour réduire la radioactivité. Il faut donner des informations plus complètes au public sur la présence de substances toujours radioactives dans certains produits alimentaires et sur les méthodes de préparation des aliments qui réduisent l’incorporation de radionucléides. Dans certaines régions, des restrictions à la cueillette de certains produits sauvages sont toujours nécessaires.

Toujours en ce qui concerne la protection de l’environnement, le rapport du Forum préconise de mettre en œuvre un programme de gestion intégrée des déchets provenant du sarcophage, du site de la centrale de Tchernobyl et de la zone d’exclusion pour que des mesures de gestion cohérentes puissent être appliquées et que des capacités d’accueil pour tous les types de déchets radioactifs puissent être créées. Il faut traiter les problèmes d’entreposage et de stockage définitif des déchets dans toute la zone d’exclusion de manière globale.

M. Balonov souligne que dans les zones où l’exposition des êtres humains est faible, aucune mesure corrective n’est nécessaire. « Si nous ne prévoyons pas d’incidences sur la santé et l’environnement, nous ne devrions pas gaspiller nos ressources et nos efforts sur des zones faiblement contaminées qui ne sont pas prioritaires, mais les concentrer sur les vrais problèmes » ajoute-t-il.

Notant que de larges segments de la population, particulièrement dans les zones rurales, ne disposent toujours pas d’informations précises, le rapport insiste en particulier sur la nécessité de trouver de meilleurs moyens d’informer le public et de surmonter le problème du manque de crédibilité qui a entravé les initiatives antérieures. Des informations précises sont disponibles depuis des années, mais soit elles ne sont pas parvenues aux personnes qui en ont besoin, soit les gens ne les ont pas crues et acceptées et donc n’en ont pas tenu compte.

Le rapport recommande de cibler les informations sur des publics précis, notamment les responsables locaux et le personnel de santé, de définir une stratégie plus large qui encourage des modes de vie sains et de diffuser des informations sur les moyens de réduire les expositions internes et externes aux rayonnements et de s’attaquer aux principales causes de maladie et de mortalité.

Sur le plan socio-économique, il recommande une nouvelle approche en matière de développement qui aide les personnes à « prendre en main leur vie et leur environnement pour maîtriser leur avenir ». Il affirme que les gouvernements doivent rationaliser et recentrer les programmes relatifs à Tchernobyl en définissant des indemnisations mieux ciblées, en supprimant celles inutilement accordées aux habitants des zones les moins contaminées, en améliorant les soins de santé primaires, en favorisant des techniques sûres de production alimentaire et en encourageant les investissements et le développement du secteur privé, notamment de petites et moyennes entreprises.

M. Vinton note que « le plus important est la nécessité de diffuser des informations précises sur des modes de vie sains et d’établir des règles plus élaborées pour promouvoir de petites entreprises en milieu rural. Le vrai danger, c’est la pauvreté. Nous devons prendre des mesures pour aider les gens à se prendre en charge ».

Petro Sahajdchni

 

 

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