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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 00:06

 

 

Andreas Gursky World III

Photo d’Andreas Gursky

  

On se prend à rêver sur ce qu’aurait pu donner « Dreamlands » si les commissaires de l’exposition (présentée au centre Georges-Pompidou et qui s’est achevée début août) avaient un tant soit peu travaillé. Non pas en se contentant de dresser la liste des œuvres à exposer, ce qui prend tout au plus un après-midi ou une soirée autour d’une bonne bouteille (et ne dites pas le contraire, j’ai fait l’expérience), mais en réfléchissant à ce qui relie des éléments aussi épars que contradictoires, en les confrontant, en essayant d’en tirer une réflexion pas tant architecturale et urbanistique que politique.
 

Seulement voilà, le mot est lâché : pas de politique au centre Georges-Pompidou. Et quant à adapter un livre de Rem Koolhaas, puisque c’est le sens de cette exposition, on préfèrera New York délire (chef-d’œuvre de 1978, traduction française chez Parenthèses en 2002) plutôt que le bouillonnant, foutraque et très subversif Harvard Design School Guide To Shopping (Taschen, 2001). Du milieu des années soixante-dix à 2000, le regard de Rem Koolhaas s’est bien évidemment affiné, il a gagné en profondeur critique ; les deux ouvrages n’ont, de ce point de vue, strictement rien à voir. C’est pourtant le plus innocent que l’on va privilégier ici.

Architecture utopique, cités idéales, urbanisme marchand, centres commerciaux, décors, expositions universelles, fêtes foraines, parcs d’attractions, circulation, économie, rêves : tout ceci est un peu présent, par touches, par allusions. Débrouillez-vous avec Robert Venturi, là avec les surréalistes, ici avec Disney. Dubaï est évidemment là, mais qui n’en parle pas ? Même la pire télévision commerciale consacre à la ville des reportages critiques, c’est dire. Ce qui est très prétentieux, c’est de laisser entendre que l’on détient la clé de la lecture de l’ensemble, alors que ces gens-là ne fournissent pas l’ombre d’une explication pour éclairer leurs choix. Pour tout dire, je les soupçonne d’être payés à ne rien foutre – ce que je ne condamne pas en soi, mais alors il ne faut pas faire payer 12 euros l’entrée !

 

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Experimental Prototype Community of Tomorrow

EPCOT

 

En ce qui me concerne, l’unique découverte fournie par ce parcours pour le moins laconique a été celle d’EPCOT, une ville qui devait prendre place dans le vaste Disney World en Floride. Le projet initial est très différent du parc d’attractions qui l’a finalement remplacé (Epcot Center). Peter Blake en a résumé les grandes lignes : « EPCOT, in short, will be a huge laboratory for the testing of cities of the future, a functioning community inhabited by perhaps 20,000 people, operating in the tomorrow today. »

Donc, nos braves commissaires ont été dénicher sur YouTube ce film institutionnel d’une vingtaine de minutes, réalisé vers 1966-67, une présentation d’EPCOT par Walt Disney lui-même. C’est à voir ici et c’est en trois parties.

 

EPCOT

 

Je recommande vivement la lecture de « The Lessons of the Parks » de Peter Blake, qui constitue le dernier chapitre du monumental The Art of Walt Disney de Christopher Finch (New York, Harry N. Abrams, Inc., 1973). Il s’agit de l’étude des éléments architecturaux de Walt Disney World (WDW) et d’une présentation des constructions du lac Buena Vista et d’EPCOT, espaces encore à l’état de projet au moment de la rédaction. Blake relate par le menu les avancées technologiques du WDW, soulignant l’utilisation d’éléments préfabriqués qui constituent l’hôtel contemporain, la multiplicité des transports en commun (du monorail au sous-marin) et des niveaux de circulation, l’importance donnée au piéton. Il insiste longuement sur la dimension écologique de l’ensemble, une préoccupation qui laissait à peu près tout le monde indifférent au moment de sa conception, dans les années soixante. L’enthousiasme qui donne le ton à cet article témoigne de la conscience qu’a Blake de sa valeur : il est le premier à avoir saisi l’originalité de WDW. Le fait que son article soit d’abord paru dans la revue The Architecture Forum en dit long. Il ne faut pas hésiter à inscrire ce projet de ville dans une tradition qui remonterait aux salines royales d’Arc-et-Senans de Claude-Nicolas Ledoux jusqu’à la Broadacre City de Frank Lloyd Wright en passant par la Cité industrielle de Tony Garnier.

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 15:27

 

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pose une bonne question :

 

Faut-il épouser SG

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 12:25

 

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Les sites spécialisés dans le surréalisme se sont visiblement donnés le mot : après la remise en circulation des revues Medium et Surréalisme par Arcane 17, c’est au tour de Surréalisme Montréal de nous donner à lire et à voir des numérisations de titres des années vingt à la fin des années cinquante. Et nos amis canadiens n’ont pas fait les choses à moitié, pas moins de dix références sont disponibles en téléchargement : on trouvera le catalogue Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS ci-dessus, 1959-1960), l’Almanach surréaliste du demi-siècle (1950), une plaquette de Gherasim Luca et Trost de 1945, Le surréalisme même (n° 1 à 5, 1956-1959), Variétés (1929) et Documents 34 (1934). Ces deux derniers titres étant par ailleurs disponibles en fac-similé chez l’excellent éditeur belge Didier Devillez.

Je livre ici quelques couvertures, j’y reviendrai bientôt lorsque j’aurai un peu avancé dans cette extraordinaire documentation et dans les pages de Le surréalisme, même que je découvre avec émerveillement.

 

Ghérasim Luca & Trost - Dialectique de la dialectique

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Documents 34

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 01:31

 

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 00:39

 

 

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Man Ray, Autoportrait, Paris, Robert Laffont, 1964, 360 p., 15,5 x 24. Traduit de l’américain par Anne Guérin (Self portrait).

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 21:07

 

 

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Vous ne verrez pas Lee Harvey Oswald dans Peep Show

 

Il est rare de rencontrer un chef-d’œuvre cinématographique sur lequel n’a pas encore été versé des tonnes de commentaires ; la découverte du moyen-métrage de J. X. Williams, Peep Show, avait ceci d’émouvant que rien ne me prédisposait à voir un film aussi singulier.

 

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Peep Show est avant tout un polar. Je fais référence à la littérature américaine hard-boiled de Dashiell Hammett et Raymond Chandler ; comme eux, J. X. Williams s’interroge sur la société de son temps et s’attache à décrire ce qui, au milieu des années soixante, constituait sans doute le plus grand traumatisme que l’Amérique ait connu (ceci avant que le pays ne se perde au Vietnam) : l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Partant des relations troubles du président avec la mafia, Williams convoque les figures de Frank Sinatra, Sam Giancana, Bobby Kennedy, J. Edgar Hoover de la CIA, Fidel Castro (ne perdez jamais de vue que tous ces gens sont encore en vie à l’époque !), expose en détail le sexe, la drogue, la violence qui font partie de ces affaires, le tout dans le décor d’un Chicago nocturne et interlope.

 

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Si la démarche de Williams évoque celle du polar, c’est aussi le dernier Film Noir, un genre en vogue à Hollywood à partir des années quarante, avec un décalage de plusieurs années sur les œuvres de Howard Hawks, John Huston et Orson Welles. Welles est d’ailleurs une référence revendiquée par Willliams, tant par l’emprunt extrêmement court à l’un de ses films (mais lequel, The Lady From Shanghai, Mr. Arkadin, Touch Of Evil ?) que par l’emploi d’une extraordinaire voix-off et un art savant du montage qui renvoient au style du réalisteur de Citizen Kane.

 

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Peep Show est un film de montage, et même de détournement. Détournement qu’il faut entendre ici au sens le plus politique que lui donnaient Debord et Wolman. À l’exception de quelques séquences tournées par lui, soit 5 ou 10 minutes tout au plus, ces 46 minutes sont un pillage de films préexistants, d’images d’archives et de bandes d’actualités. Le sinistre Sinatra étant très présent dans cette histoire, Williams a emprunté à Otto Preminger des séquences entières de The Man With The Golden Arm (1955), et jusqu’au générique de Saul Bass. Évoquant Cuba, il reprend des plans de Soy Cuba du grand réalisateur soviétique Kalatazov. Je ne cite que ce que j’ai immédiatement reconnu, Noel Lawrence, un spécialiste de J. X. Williams, table quant à lui, dans un entretien qui se trouve parmi les bonus, sur une bonne centaine d’emprunts.

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Ce qui fait la force de Peep Show est son étonnante modernité auxquels contribuent, outre le sens du détournement, la crudité des dialogues, la violence et le réalisme des situations. La pochette du Dvd parle de l’antériorité de Williams sur les films de Coppola, Scorsese et de Palma (« Peep Show préfigure de dix ans le “nouvel Hollywood”… »). En dehors du fait  que ces réalisateurs fantasment la mafia plus qu’ils ne la montrent, en particulier F. F. Coppola dans les deux premiers Le Parrain (moins dans le dernier volet) ou s’enfoncent dans une complaisance malsaine à l’égard de la violence (celle de ce crétin de Scorsese), Peep Show m’évoque plutôt une enquête sur les pratiques de Cosa Nostra aux États-Unis, lardée des visions poétiques les plus noires, un film que l’on s’attendrait à voir réalisé par Burroughs plus que par un cinéaste hollywoodien.

 

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La gravité des faits qu’il expose – J. X. Williams laisse tout de même entendre que la mafia est à l’origine de l’assassinat de Kennedy – ne cesse d’interroger. Comment quelques mois seulement après que la commission Warren ait remis ses conclusions trompeuses, Williams qui, tout au plus, devait réaliser des pornos dans un circuit tenu par la mafia, a-t-il pu livrer des informations dont on reconnaît aujourd’hui le bien fondé ?

 

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Le cas de Williams pose presque plus de questions que son film. Le moins que l’on puisse dire est que l’homme entretient le mystère. Personne ne peut dire qu’il connaît l’ensemble de ses films, filmographie qui reste d’ailleurs a reconstituer dans son intégralité, pour ne rien dire de ses scripts. On ignore son vrai nom et histoire de corser le tout, il semblerait que le pseudonyme J. X. Williams ait servi à d’autres ! Il serait né à Los Angeles en 1929, dans une famille juive communiste, aurait travaillé très tôt pour des studios comme scénariste et a été black-listé. Aux dernières nouvelles, il vit à Zurich en Suisse. Évidemment, ses photos sont aussi rares que ses entretiens (il en existe un en danois mené par le comédien Mads Mikkelsen – à moins qu’il ne s’agisse d’un homonyme !). Tout ceci n’est pas sans rappeler le cas de Tex Avery, avant que Robert Benayoun n’enquête sur lui : parfois, on en vient à se demander si l’homme existe vraiment.

 

Vous trouverez dans le fascicule qui accompagne le Dvd, sous la plume de Jean-Emmanuel Deluxe*, quelques informations qui, si elles sont plaisantes à lire, n’apportent pas grand-chose de nature à nous informer sur la genèse de ce film. Williams est-il complètement mythomane, est-ce un génial scénariste ? Réalisateur mégalomane, il n’hésite pas à prendre part à l’aventure en cours ; le narrateur de Peep Show l’évoque à plusieurs reprises – dont une, hilarante, où il égrène sa filmographie et le staff technique qui l’accompagne – ; dans le prologue, Williams se donne un rôle égal à ceux de Sinatra et Giancana ! C’est en tous les cas un authentique artiste, tout dans Peep Show tend à le prouver.

 

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* Jean-Emmanuel Deluxe a publié fin juillet un livre sur Williams sur lequel, bien entendu, je reviendrai (J. X. Williams, Les dossiers interdits, Camion noir).

 

Vous trouverez parmi les bonus de ce Dvd, outre l’entretien mentionné plus haut, deux courts-métrages : le coquin The 400 Blow Jobs et le psychédélique Psych-Burn, une expérience cinématographique de 1968 qui oscille entre Carmelo Bene (Nostra Signora dei Turchi) et le Roger Corman de The Trip, plus un fragment d’origine inconnue, Fragment 306, qui n’en est pas moins beau.

 

Vous pouvez vous procurer le Ddv de Peep Show sur It’s Serious (le blog de Serious Publishing), vous y admirerez aussi des photos de la soirée en hommage à Williams, avec J.-E. Deluxe aux platines et votre souriant serviteur.
Le site de Serious Publishing est .

 

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Le fascicule de la présentation du film est ici, le flyer de la soirée-hommage à J. X. Williams est ici, et il a été question de Serious Publishing .

Le site “The J.X. Williams Archive” qu’anime Noel Lawrence est ici.

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 18:47

 

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Merci à Charles.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 19:12

 

 

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Je reviendrai à la rentrée sur l’exposition « Le livre de fête » à l’INHA.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 00:33

 

 

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Ravi Shankar and George Harrison “Collaborations” Box Set
Announced For October 19 Release

 

Los Angeles – Dark Horse Records announced today the October 19th release of a limited edition deluxe box set entitled RAVI SHANKAR GEORGE HARRISON COLLABORATIONS. The release honors the sitar master’s 90th birthday.

 

Collaborations is a 3 CD and 1 DVD uniquely numbered limited edition box set. All compositions were composed by Ravi Shankar and produced by George Harrison over a period of 20 years.

 

The DVD is a rare concert performance of Ravi Shankar’s Music Festival From India recorded at London’s Royal Albert Hall in 1974. The albums include the acclaimed Chants Of India (1997), The Ravi Shankar Music Festival From India (studio version 1976) and Shankar Family & Friends (1974). The 56-page book includes a foreword by Philip Glass, a history of George and Ravi “in their own words” and rare photographs from both family archives.

 

The personal and musical friendship between Ravi Shankar and George Harrison has been known and well documented for decades now. It was a friendship that was powerful enough to make an impact on the large, musical life of the late nineteen sixties and it reverberates, as clearly, even today – from the Foreword by Philip Glass.

 

In 1973 George Harrison signed Ravi Shankar to his Dark Horse Records label. The first joint recording project between George Harrison and Ravi Shankar, Shankar Family & Friends brought together renown Indian classical musicians such as Ustad Alla Rakha, Lakshmi Shankar, and Shivkumar Sharma alongside Western jazz and rock musicians including George, Ringo Starr, Tom Scott, Klaus Voormann, Jim Keltner and Billy Preston. One half of the album comprises instrumentals and songs, while the second half is a thematic ballet to a yet un-staged performance.

 

Ravi Shankar’s Music Festival From India (live from the Royal Albert Hall) was the first artistic event organized and sponsored by George Harrison’s Material World Charitable Foundation; bringing together a 17-piece Indian classical ensemble as well as a solo sitar performance by Ravi Shankar accompanied on tabla by Alla Rakha.

 

In 1997 George Harrison and Ravi Shankar again collaborated on an album. This time Ravi created music for ancient Sanskrit chants with the challenge of maintaining the authenticity of the ancient verses. Released in 1997, Chants Of India are timeless, Vedic verses chanted for thewell being of man and mankind.

 

Collaborations is available on Dark Horse Records and distributed worldwide by Rhino Entertainment.

 

(Source : communiqué de Rhino Records sur Facebook en date du 12 août 2010.)

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:46

 

 

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Il suffirait qu’une moitié seulement des évènements relatés dans cette histoire fussent vrais pour que Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques compte parmi les charges les plus subversives parues ces derniers mois. La peinture des coulisses du ministère des Affaires étrangères et les incohérences de ce grand pantin de Villepin donnent une image extrêmement inquiétante de l’exécutif français.

 

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