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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 02:40

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 17:03

 

 

 

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Une pièce du fameux triangle médiéval formé par la tour Saint-Jacques, la Sainte-Chapelle et Notre-Dame de Paris.

 

Une autre photo prise l’an passé se trouve ici.

 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:12

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:33


« Restauration du patrimoine : la leçon de l’hôtel Lambert »
Par Florence Evin
Le Monde
du 6 février 2010

 

La restauration dans les règles de l’art d’un monument historique à usage d’habitation est une aventure délicate. Apporter un confort dernier cri à un édifice classé peut porter atteinte à son intégrité patrimoniale. Gommer les strates de l’Histoire pour revenir à un état initial supposé de l’édifice, c’est aller contre la charte de Venise (1964), qui préconise de conserver les traces de son évolution. Ces problématiques, l’affaire de l’hôtel Lambert vient de les éclairer brutalement.

Les travaux envisagés sur ce joyau du XVIIe siècle, bâti à la proue de l’île Saint-Louis à Paris par Louis Le Vau – qui a agrandi Versailles – pour Jean-Baptiste Lambert, secrétaire de Louis XIII, ont été très contestés. Après douze mois de polémique et un jugement au tribunal administratif qui annula l’autorisation ministérielle, l’affaire s’est soldée par un compromis. Un cas exemplaire qui pose les limites d’une intervention sur un édifice classé monument historique.

Revenons sur les faits. Le protocole d’accord, signé le 22 janvier, entre le ministère de la Culture, la Mairie de Paris, le propriétaire de l’hôtel Lambert, représenté par Cheikh Hamad Al-Thani, neveu de l’émir du Qatar, et l’association Paris Historique, met fin au contentieux. Le projet initial de réhabilitation qui prônait un retour à l’état supposé du XVIIe avec une modernisation très pointue du confort intérieur, jugé trop brutal, a été sérieusement amendé.

Préciser le détail du compromis est révélateur. Le propriétaire a renoncé au parking souterrain et à l’ascenseur à voitures sous la cour d’honneur. Les conduites techniques passeront sous les planchers, sans affecter les décors - certains signés Le Brun et Le Sueur. Le cabinet XVIIe au plafond historié garde sa cheminée. Il ne sera pas transformé en salle de bains… mais il accueillera un ascenseur pour desservir le sous-sol.

La galerie néogothique de Jean-Baptiste Lassus, aménagée au XIXe par le prince Czartoryski, où se réunissait le Paris romantique avec Chopin et Delacroix, sera finalement préservée. Le parapet du jardin suspendu, qui souligne la courbe du fleuve, ne sera pas rehaussé ; enfin, moins de 10 % des pierres de la façade et non 40 % comme il était craint, seront changées.

Tout avait commencé sous les meilleurs auspices. En juillet 2007, le baron Guy de Rothschild, qui l’occupait depuis trente ans, vend l’hôtel Lambert au frère de l’émir du Qatar, que l’on dit grand amateur d’art français. Le propriétaire qatari est prêt à mettre le prix nécessaire à une restauration exemplaire – qui pourrait atteindre 40 millions d’euros.

À l’ampleur des travaux envisagés par l’architecte en chef des monuments historiques, la Commission du Vieux Paris – commission municipale centenaire – répond par un avis défavorable. Bertrand Delanoë, maire de Paris, alerté, émet des réserves. Christine Albanel, alors ministre de la Culture, accepte le projet, avec des modifications. Celles-ci sont jugées insuffisantes par l’association Paris Historique, qui obtient gain de cause devant la justice… et ainsi de suite jusqu’au compromis.

Les experts du patrimoine sont montés au front, relayés par les sommités des arts et des lettres et la vox populi, jusqu’à faire mouche. La mobilisation populaire, de tout bord, s’est illustrée par une pétition de 8 000 signatures : du simple citoyen à l’académicien, jusqu’à Michèle Morgan, qui y habita, comme le claironnaient les Bateaux-Mouches. Par sa position en balcon sur la Seine, ce fleuron du Grand Siècle est chéri des Parisiens. Il ne se dérobe pas entre cour et jardin comme le dicte l’usage, mais exhibe sa galerie en abside, au su et au vu de tous.

Si tous les feux étaient braqués sur l’hôtel Lambert, il n’en sera pas de même pour les monuments historiques dont l’État, en manque d’argent, cherche à se débarrasser – hôpitaux, tribunaux, prisons, ministères… comme l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris, bientôt libéré par l’armée et au sort incertain. Avec quelle éthique, selon quels principes, ces édifices seront-ils découpés, modernisés ? Au profit de tous, comme c’est le cas à Saint-Macaire (Gironde), dont les habitants se sont réappropriés leur cité médiévale ? Pour une poignée d’investisseurs friands de défiscalisation ? La décentralisation envisagée des monuments de l’État pourrait se terminer en vaste braderie.

Sur les cent édifices gérés par le Centre des monuments nationaux, vingt ont été choisis – dont les châteaux Bussy-Rabutin (Côte-d’Or), Carrouges (Orne), Cadillac (Gironde) – pour être aménagés, en partie, en hôtels et restaurants : il faut les rentabiliser. Quelle sera la doctrine en matière de sécurité, d’économies d’énergie, de respect des normes en vigueur ? « Transformer en bouteille Thermos une construction ancienne en l’isolant totalement c’est une hérésie qui condamne un bâtiment centenaire à une détérioration rapide », note Michèle Prats, vice-présidente d’Icomos France.

Ce conseil international des monuments et des sites de l’Unesco a préconisé, en décembre 2009, la plus grande prudence et suggère des mesures d’exception pour le patrimoine. Une directive européenne laisse la liberté aux administrations d’écarter du champ les monuments « protégés ».

Comme quoi l’affaire de l’hôtel Lambert soulevait de vraies questions.

Florence Evin

 

La Charte de Venise, dont il est fait mention au début de l’article, est disponible ici.

 

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:14


Madame, Monsieur,

Les discussions initiées conjointement par le ministre de la Culture et de la Communication, le maire de Paris et leurs représentants, avec l’association [Sauvegarde et mise en valeur du Paris historique], ayant finalement trouvé un compromis satisfaisant, nous avons décidé d’initier les démarches visant à nous désister de la procédure en cours.

Nous nous réjouissons d’avoir obtenu gain de cause de façon amiable sur la majeure partie des aménagements que nous avions contestés.

Nous tenons à vous remercier chaleureusement pour votre soutien et votre contribution à l’aboutissement de ce protocole visant en priorité à préserver l’intégrité de l’hôtel Lambert.

Afin de vous expliquer plus en détails le contenu de l’accord que nous avons signé, nous vous convions à une réunion d’information qui aura lieu le

Vendredi 19 février 2010, de 18 h à 20 h
Centre Malher (CNRS)

9, rue Malher, 75004 PARIS

(Métro : Saint-Paul)

 

Dans l’attente de vous rencontrer, nous vous prions d’agréer nos plus sincères salutations.

Pierre Housieaux
Président

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 11:53

 

bauhaus-Lounge.jpgFauteuil de Marcel Breuer, photo d’Erich Consemöller, vers 1926.


 

Pour celles et ceux qui comme moi n’ont pu se rendre récemment à New York visiter l’exposition Bauhaus au MOMA (photo ci-dessus), je suggère la lecture de ce livre que signe Lionel Richard, spécialiste de l’avant-garde en Allemagne au XXe siècle.


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Comprendre le Bauhaus

Un enseignement d’avant-garde sous la République de Weimar

Par Lionel Richard

 

Présentation de l’éditeur :

 

Par le meilleur spécialiste de l’histoire de l’art et de l’histoire politique de l’Allemagne contemporaine, une synthèse sur le Bauhaus, ses ambitions, ses métamorphoses, ceux qui l’ont marqué. Une tentative sans précédent – malgré l’abondance de littérature sur le sujet – pour sortir le Bauhaus de la légende dans laquelle on l’a enfermé, et pour le saisir dans la perspective globale qui l’a constamment inspiré. Au-delà des disciplines qui s’y sont illustrées (architecture, design, arts plastiques, etc.), l’ouvrage fait comprendre dans quelle perspective et sur quel fond d’angoisses et d’espoirs s’est élaborée l’œuvre du Bauhaus.

 

Universitaire, Lionel Richard collabore régulièrement, depuis des années, au Magazine littéraire, au Monde diplomatique, à l’Encyclopaedia Universalis. Il a écrit des contributions pour divers catalogues (entre autres Paris-Berlin au Centre Pompidou en 1978 et Design, miroir du siècle au Grand Palais en 1993) et a été, pour la France, le conseiller scientifique de Figures du Moderne, exposition sur l’Expressionnisme allemand au Musée d’art moderne de la ville de Paris en 1991-1992. Il a été élu l’un des cinq coéditeurs de L’Aventure de l’art au XXe siècle (Le Chêne/Hachette, 1988). Parmi ses dernières publications : L’Aventure de l’art contemporain de 1945 à nos jours (Le Chême/Hachette, 2002, traduction en suédois et en finnois), Arts premiers : l’évolution d’un regard (Le Chêne/Hachette, 2005).

 

Lionel Richard, Comprendre le Bauhaus, Un enseignement d’avant-garde sous la République de Weimar, Gollion, Infolio éditions, 2009, 12 x 17,5, 268 p., 32 ill.

Lionel Richard est aussi mentionné ici et .

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 16:02

 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 01:40


« Une belle issue… »

 

« Des discussions, initiées conjointement par le ministre de la Culture et de la Communication, le maire de Paris et leurs représentants, ont été récemment engagées avec notre association au sujet des travaux de restauration de l’hôtel Lambert. Le tribunal administratif de Paris, saisi en référé, avait suspendu le 15 septembre 2009 l’autorisation de travaux signée par le ministère le 11 juin, accordant ainsi foi à notre requête. Un pourvoi en cassation, présenté conjointement par le ministère et le propriétaire de l’hôtel, était jusqu’à présent en cours d’examen au conseil d’État.

 

« Les parties ayant finalement trouvé un compromis satisfaisant, nous avons décidé d’initier les démarches visant à nous désister de la procédure en cours. L’association se réjouit d’avoir obtenu gain de cause de façon amiable sur la majeure partie des aménagements qu’elle avait contestés.

 

« Voici les points essentiels qui ont retenu tout particulièrement notre attention :

 

- Cuvelage de la cour d’honneur et du jardin : le propriétaire a renoncé au creusement d’un parking souterrain, et nous avons consenti une excavation pour permettre l’installation d’un transformateur EDF conforme à la réglementation. L’association veillera toutefois à ce que le creusement n’excède pas un tiers de la surface de la cour d’honneur.

 

- Régulation thermique de l’ensemble de l’hôtel : le propriétaire s’est engagé à ce que les conduites passent essentiellement par les planchers ainsi que par des gaines isolées et indépendantes des décors historiques qui ne sauraient en être affectés.

 

- Exhaussement du mur de clôture : le propriétaire a renoncé à cet aménagement, tenant compte des objections que nous avions émises sur le rehaussement du parapet extérieur du jardin, qui entraînerait une atteinte profonde à l’harmonie caractérisant la proue de l’île Saint-Louis.

 

- Escalier de l’aile est : nous avons reconnu que l’escalier aménagé au début du 19e siècle dans une ancienne cour et situé à l’est de l’escalier d’honneur présente un intérêt patrimonial secondaire et avons par conséquent accepté que celui-ci soit remplacé, dans le cadre du projet de restauration, par deux ascenseurs desservant les étages.

 

- Réaménagement du cabinet de Jean-Baptiste Lambert en salle de bains : compte tenu de l’importance historique de l’ancien cabinet de Jean-Baptiste Lambert que nous avions réaffirmée, le propriétaire a renoncé à sa transformation en salle de bains. Le manteau de la cheminée de marbre demeurera en place de même que l’importante cloison à laquelle l’ouvrage est adossé. Le maintien de cette disposition entraîne la préservation de la souche de cheminée correspondante en toiture. Nous avons admis, en dépit des réserves émises sur ce point, la création d’un ascenseur entre l’étage inférieur et le niveau mentionné, assurant sur un seul niveau la desserte du cabinet, dès lors que cette installation n’affectera aucunement le plafond historié et peint.

 

- Galerie « Troubadour » (étage attique de l’aile est) : sensible à l’importance historique de cet emplacement qui, comme nous l’avons rappelé, constitue un témoignage du passage de la famille Czartoryski dans l’hôtel Lambert, mais également désireux de réaliser son programme d’habitation qui prévoit l’installation de deux chambres et leurs dépendances à l’emplacement de cette galerie, le propriétaire s’est engagé à assurer la complète réversibilité de cet aménagement, afin, le moment venu, d’en permettre l’éventuelle restauration.

 

« Monsieur Andrea Bruno, architecte à Turin, auteur de la restauration du château de Rivoli en Italie et du musée des Arts et Métiers à Paris, a accepté d’être nommé par le ministre de la Culture, sur notre proposition et avec l’accord du propriétaire, comme expert au comité scientifique qui suivra les travaux.

 

« Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui nous ont soutenus ces derniers mois, et qui ont contribué, chacune à leur niveau, à faire aboutir ce protocole visant en priorité à préserver l’intégrité de l’hôtel Lambert. »

 

Sauvegarde et Mise en valeur du Paris historique,

le vendredi 22 janvier 2010.

 

Sur l’hôtel Lambert, lire les articles dans la section architecture de ce site.

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:01

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L’espace culturel Le Lieu unique, rue de la Biscuiterie, est installé dans l’ancienne fabrique de Lefèvre-Utile, autrement dit des biscuits Lu. Des concerts, des pièces de théâtre, du cirque, des rencontres philosophiques, des cours d’architecture et des expositions y sont organisés, souvent en entrée libre, une excellente librairie (« Vent d’ouest » qui reçoit de nombreux auteurs), une boutique de gadgets, un bar-restaurant et même un hammam (« 650 m2 de voluptés orientales » annonce le programme !) accueillent les visiteurs sur 8 000 m2.

 

J’aime la manière dont cet espace a été réhabilité. L’architecture joue sur un mélange d’ancien et de moderne, gardant les traces du passé industriel et ajoutant çà et là des éléments contemporains, il en résulte une mosaïque de matériaux en verre, pierre et fer des plus originales. L’ensemble est chapeauté par la Tour Lu – elle se visite – que je reprendrais en photo, parce que le temps d’hier ne se prêtait guère à cet exercice.

 

Le site du Lieu unique.


 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 01:36

Je transmets ce bilan de Jean-François Cabestan reçu le 18 octobre.

La section « Hôtel Lambert » de ce blog, enterrée prématurément, se trouve intégralement reversée dans celle, plus large, de l’« Architecture ». Vous y trouverez dix-huit autres articles sur la question depuis le 11 février 2009.




L’« affaire Lambert », état de la question et appel de fonds
Par Jean-François Cabestan


Chers professeurs, partenaires, étudiants et amis,

Les dix mois qui se sont écoulés depuis la découverte du projet de restauration de l’hôtel Lambert par les experts de la Commission du Vieux-Paris et l’action de « Paris Historique » ont permis tout au long du printemps et de l’été 2009 de donner une publicité hors du commun à ce qui demeurera le scandale patrimonial de la décennie. La séance de la Commission nationale des Monuments historiques du 7 mars, le feu vert de Christine Albanel donné le 11 juin, les audiences au Tribunal Administratif des 21 août et 8 septembre sont les temps forts d’un processus qui a abouti à la suspension de la décision ministérielle, ordonnée le 15 septembre dernier par la juge des référés Brigitte Vidard. Si l’« affaire Lambert » est suivie par la presse nationale depuis ses débuts, les media français et étrangers s’en sont maintenant si bien emparés qu’il apparaît désormais improbable que le projet ne fasse l’objet d’une sérieuse remise en question. L’étrange coalition qui s’est improvisée entre l’avocat du Prince Al Thani et le Ministère de la Culture pour contrer l’action de « Paris Historique » n’aura pas eu les résultats escomptés. C’est l’occasion de remercier chaleureusement les signataires de la pétition et d’encourager tous ceux qui se sont engagés y compris financièrement dans cette cause.

Les recours auprès du Conseil d’État récemment déposés par l’avocat du Ministère et par celui du Prince Al Thani font figure de barouds d’honneur et l’on peut raisonnablement escompter que le projet fera l’objet d’un jugement au fond. En dépit des allégations répétées de l’avocat du propriétaire et de celles de son architecte martelant à tout venant la pertinence du projet qu’ils défendent, le public a été instruit via la presse spécialisée ou non de la fragilité de leur argumentaire. Invoquées par ces derniers à satiété, les cautions intellectuelles que représentent la Commission nationale des Monuments historiques et le Comité scientifique chargé de suivre le projet de restauration sont aujourd’hui sérieusement mises à mal. Il a été établi que les membres de la première n’ont pas disposé des conditions matérielles leur permettant de prendre la juste mesure de l’énorme dossier qui leur a été fourni. La crédibilité du Comité scientifique ne saurait sortir quant à elle indemne de ses errements. Augmenté dans l’urgence et sous la pression des premiers effets de la polémique d’un historien de l’architecture – parce qu’il a bien fallu se résoudre à pallier cette lacune incompréhensible –, ce comité a successivement donné son aval aux interventions les plus déraisonnables, telle la sortie d’un parking par une porte escamotable sur le quai, ou la trémie d’un ascenseur dans le plafond historié et doré du cabinet de Jean-Baptiste Lambert.

L’émotion patrimoniale causée par l’irruption de ce cas d’espèce sur la scène de l’actualité aura été l’occasion d’une prise de conscience inédite des enjeux que soulève le devenir des édifices protégés au titre des Monuments Historiques. Il n’y avait ici au demeurant aucun besoin d’être spécialiste ni architecte pour entrevoir que l’asservissement de l’architecture et des dispositions d’un hôtel du XVIIe siècle aux standards d’un « cinq étoiles » de type international risquait bien d’entraîner une dénaturation profonde et irréversible de l’objet considéré. Peu au fait de la législation sur les édifices classés, certains se sont émus de l’atteinte portée aux intérêts du propriétaire. S’il présente en principe une garantie et un gain pour la collectivité, le classement d’un édifice au titre de la loi de 1913 sur les Monuments historiques entraîne un droit de regard des services de l’État. L’hôtel Lambert étant classé dans l’intégralité de ses dehors et de ses dedans, il va de soi que son propriétaire peut éprouver la sensation désagréable de n’être pas chez soi. Seul le déclassement du bien pourrait porter un terme à cette situation.

Dans l’état actuel, le projet tel qu’il a été avalisé par le Ministère de la Culture n’entretient aucun rapport avec les principes qui devaient orienter la restauration de ce monument de premier ordre qu’est l’hôtel Lambert. Logerait-on un parking sous la Villa Médicis ? En perforerait-on les planchers historiés ? Y soustrairait-on une cage d’escalier soi-disant tardive pour livrer passage à une batterie d’ascenseurs ? Comment justifier auprès des générations futures d’avoir laissé affubler l’hôtel Lambert de pots-à-feu, d’épis de faîtage et de lucarnes de tel ou tel modèle dans l’optique dérisoire de le rendre plus beau qu’il n’est déjà ? La Pologne s’est émue des interventions projetées, inquiète du démantèlement de la distribution de l’étage-attique. D’importants vestiges néo-gothiques y témoignent à l’heure actuelle de cet îlot de résistance qu’a formé l’hôtel Lambert tout au long de la période où ce pays avait disparu de la carte de l’Europe. Le passé et la distribution de cet étage n’en ont pas moins été soumis au principe d’une refonte totale, sacrifice perpétré au bénéfice de la création d’une série banalisée de chambres d’amis. Il est notamment prévu que la salle de bains et le dressing de l’une de ces suites compartimentent ce qu’il reste de l’ancien atelier troubadour, lieu de convivialité de l’époque romantique hanté par le souvenir de George Sand, Chopin et Delacroix.

L’avocat du prince a argué que le programme d’une résidence privée à caractère familial représentait une chance inespérée pour l’hôtel Lambert. Que le public ne s’y trompe pas. Si l’argument est exact, les équipements techniques induits par le conditionnement de l’air, la fluidification des circulations internes et le creusement des sous-sols – qu’ils répondent ou non à des exigences réellement formulées par le commanditaire – assujettissent bel et bien l’ancienne demeure au régime d’exploitation de locaux recevant du public, tel un ministère, une ambassade, voire un musée. Enfin, l’expertise de nombre de personnes sachantes ayant visité l’hôtel de fond en comble et les vidéos qui circulent ne permettent plus d’ajouter foi à l’alibi d’un état sanitaire catastrophique, impliquant une intervention d’urgence. Il y a beaucoup d’audace et d’arrogance à présenter le travestissement de l’hôtel Lambert en une résidence de luxe comme l’ultime chance de salut du précieux bâtiment. La longue succession des propriétaires qui se sont disputé la possession de la proue de l’île Saint-Louis à presque toutes les époques peut utilement conforter cette hypothèse. Brandie par les défenseurs du projet actuel  comme une menace, la désaffection du Prince Al Thani pour son bien pourrait au contraire constituer l’épilogue inattendu de ces mois de polémique. Si le programme qu’il s’agit d’insérer au chausse-pied dans le monument n’est pas susceptible d’évoluer, si son architecte n’est pas en mesure d’assumer la responsabilité d’une restauration désormais très attendue, en France comme à l’étranger, il faudrait alors se réjouir que le Prince se désintéresse d’un bâtiment dont il n’est pas douteux qu’il saura attirer d’autres acquéreurs et d’autres maîtres d’œuvre.

La poursuite de l’action de « Paris Historique » (frais d’avocat au Conseil d’État, constitution des pièces juridiques pour le jugement au fond) implique des ressources financières. Au nom de l’association, je m’autorise à insérer en pièce jointe un bulletin de versement en sa faveur. Vous pouvez envoyer vos dons par chèques libellés à l’ordre de « Paris Historique » ou les déposer au siège de l’association, 44-46 rue François-Miron. Les cotisations, dons et versements faits à son profit ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant, dans la limite de 20 % du revenu imposable. J’en appelle au civisme de tous pour s’impliquer contre cette erreur manifeste de l’État. Il serait déplorable que cette longue croisade avorte, faute d’avoir pu rassembler trois francs six sous !

Avec mes meilleurs messages,

Jean-François Cabestan




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