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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 19:04

 

 

 

Dawin1.jpg

Darwin2

 

Les dessins viennent du site de l’illustrateur Sergio Aquindo, ici.

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 18:29

 

« Des animaux doués d’empathie »
Par Pierre Le Hir

Le Monde du 26 février 2010

 

C’est une scène de la vie ordinaire. Une aveugle, désorientée, cherche son chemin. Une voyante vient à son secours, la guidant de la voix. L’infirme la remercie par de bruyantes effusions. Scène ordinaire, à cela près qu’elle se passe en Thaïlande, dans un parc naturel, et que les deux protagonistes sont des éléphantes. Cet exemple est l’un de ceux dont fourmille le nouveau livre de l’éthologue Frans de Waal, spécialiste des primates et professeur de psychologie à Atlanta (Géorgie). Intitulée L’Âge de l’empathie, cette passionnante leçon de choses, bousculant les frontières entre l’homme et l’animal, est aussi un plaidoyer pour le « vivre-ensemble » à l’usage de nos sociétés.

« La cupidité a vécu, l’empathie est de mise, proclame l’auteur. Il nous faut entièrement réviser nos hypothèses sur la nature humaine. » À ceux, économistes ou responsables politiques, qui la croient régie par la seule lutte pour la survie – et, selon l’interprétation dévoyée que le darwinisme social a donnée de la théorie de l’évolution, par la sélection des individus les plus performants –, il oppose un autre principe, tout aussi actif que la compétition : l’empathie. C’est-à-dire la sensibilité aux émotions de l’autre. Une faculté compassionnelle qui, loin d’être l’apanage de l’homme, est partagée par de nombreux mammifères, à commencer par les primates, les éléphants et les dauphins. Et qui, de surcroît, est vieille comme le monde.

Dans ses formes les plus rudimentaires, ou les plus archaïques, elle se manifeste par l’imitation, ou la synchronisation des comportements : de même que nous applaudissons sur le même tempo que nos voisins à la fin d’un concert, que deux promeneurs accordent la longueur de leurs pas, ou que des vieux époux finissent par se ressembler, un attelage de chiens de traîneau se meut comme un corps unique, un chimpanzé baille à la vue d’un congénère se décrochant la mâchoire, et rit quand l’autre s’esclaffe. Mieux, cette contagion franchit la barrière des espèces : ainsi un singe rhésus bébé reproduit-il les mouvements de la bouche d’un expérimentateur humain.

Mais l’empathie a des expressions plus élaborées. Dans le parc national de Thaï, en Côte d’Ivoire, des chimpanzés ont été observés léchant le sang de compagnons attaqués par des léopards, et ralentissant l’allure pour permettre aux blessés de suivre le groupe. Dans la même communauté ont été décrits plusieurs cas d’adoption d’orphelins par des adultes femelles, mais aussi par des mâles. Une sollicitude qui peut sembler naturelle pour des animaux sociaux, qui trouvent un intérêt collectif à coopérer.

Comment l’expliquer, toutefois, lorsque l’individu n’a rien à gagner à un comportement empathique, qui devient alors proprement altruiste ? Une expérience a montré que des singes rhésus refusaient, plusieurs jours durant, de tirer sur une chaîne libérant de la nourriture si cette action envoyait une décharge électrique à un compagnon dont ils voyaient les convulsions. Préférant ainsi endurer la faim qu’assister à la souffrance d’un semblable.

Autoprotection contre un spectacle dérangeant ? Mais pourquoi, alors, un singe capucin de laboratoire ayant le choix entre deux jetons de couleurs différentes, dont l’un lui vaut un morceau de pomme tandis que l’autre garantit également cette récompense à un partenaire, opte-t-il pour le jeton assurant une gratification commune ? Mieux, pourquoi un chimpanzé ouvre-t-il une porte dont il sait qu’elle donnera accès à de la nourriture à un congénère, mais pas à lui-même ?

Pour Frans de Wall, la réponse tient en un mot : l’empathie, précisément, ou le souci du bien-être d’autrui. Même lorsque cet autre n’appartient pas à la même espèce que soi. On a vu, dans un zoo, une tigresse du Bengale nourrir des porcelets. Un bonobo hisser un oiseau inanimé au sommet d’un arbre pour tenter de le faire voler. Ou un chimpanzé remettre à l’eau un caneton malmené par de jeunes singes.

Dans ses formes les plus simples, la « sympathie » animale – terme employé par Darwin lui-même – ne mobilise nullement des capacités cognitives complexes, réputées propres à l’homme. Elle met en jeu, décrit l’éthologue, de purs mécanismes émotionnels. Des souris se montrent ainsi plus sensibles à la douleur quand elles ont vu souffrir d’autres souris dont elles sont familières. En revanche, des processus cognitifs entrent en jeu pour des modes de compassion plus complexes, nécessitant de se mettre à la place de l’autre. Comme lorsqu’un chimpanzé délaisse ses occupations pour venir réconforter un congénère molesté lors d’une rixe.

La compassion prendrait ses racines dans un processus évolutif lointain, à une période bien antérieure à l’espèce humaine, avec l’apparition des soins parentaux. « Pendant 200 millions d’années d’évolution des mammifères, les femelles sensibles à leur progéniture se reproduisirent davantage que les femelles froides et distantes. Il s’est sûrement exercé une incroyable pression de sélection sur cette sensibilité », suppose le chercheur. Voilà pourquoi les mammifères, dont les petits, allaités, réclament plus d’attention que ceux d’autres animaux, seraient les plus doués d’empathie. Et les femelles davantage que les mâles. Un trait que partageaient peut-être les derniers grands reptiles. Ce qui expliquerait pourquoi certains oiseaux – probables descendants des dinosaures – semblent eux aussi faire preuve de commisération. Le rythme cardiaque d’une oie femelle s’accélère ainsi, battant la chamade, quand son mâle est pris à partie par un autre palmipède.

L’éthologue ne verse pas pour autant dans l’angélisme. Comme pour les autres animaux, « il existe chez l’homme un penchant naturel à la compétition et à l’agressivité ». Mais sa propension à la compassion est « tout aussi naturelle ». Reste que l’empathie n’est pas toujours vertueuse. C’est aussi sur la capacité à ressentir les émotions d’autrui que se fondent la cruauté et la torture.

Pierre Le Hir


Frans de Waal, L’Âge de l’empathie, leçons de la nature pour une société solidaire, éditions Les liens qui libèrent, 2010, 392 p., 22,50 euros.

 

Tigre-eleve-avec-des-cochons--zoo-de-Guangzhou-en-Chine--.jpg

Tigre élevé avec des cochons, zoo de Guangzhou en Chine (Reuters/China Daily).


 « Des rouages biologiques mal connus »
Par Pierre Le Hir

Le Monde du 26 février 2010

 

Sujet longtemps tabou, l’empathie animale fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches, portant notamment sur ses mécanismes neurobiologiques.

Lire la suite ici.


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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 16:06

 

Roy.jpg

Dessin de Roy extrait de Rue89.


 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 19:17


 

 

Un exemple, parmi tant d’autres,
des attaques dont fait l’objet Charles Darwin



« Des créationnistes turcs envoient Darwin au pilon »

Le Monde.fr du 13 mars 2009

  

La revue mensuelle du conseil de recherche scientifique et technique de Turquie (Tübitak) devait consacrer la couverture de son numéro de mars à Charles Darwin, accompagné d’un dossier de quinze pages sur sa théorie de l’évolution des espèces. À la place, c’est un sujet sur le dérèglement climatique qui est apparu. L’article a été retiré à la dernière minute et la rédactrice en chef de la revue, remerciée sur-le- champ, comme elle l’a confirmé par la suite. Les condamnations de la communauté scientifique fusent en Turquie, où des groupes de pressions islamistes mènent depuis quelques années une offensive anti-Darwin.


« Un tel acte de censure, l’année où l’on célèbre le 200e anniversaire de la naissance de Darwin, est une attaque contre la science », clame Izge Günel, le président de l’association des conseils d’université. « C’est un scandale, ajoute Ender Helvacioglu, du magazine Sciences et Futur. Tant qu’on y est, Adnan Oktar pourrait aussi être nommé rédacteur en chef du magazine »…


Adnan Oktar est le leader d’un obscur mouvement créationniste turc et auteur d’un luxueux Atlas de la création, envoyé en 2007 à des milliers d’exemplaires en Europe. Grâce à des fonds aux origines mystérieuses, il s’offre des pages de publicité dans les journaux et mène régulièrement des procès pour faire interdire des publications.


De nombreux sites Internet critiquant ses positions créationnistes ont ainsi été censurés par les tribunaux turcs. Depuis septembre, celui de l’éthologiste britannique Richard Dawkins est fermé, mais ses ouvrages continuent de s’afficher en vitrine des librairies.


Reprise en main
 

C’est la première fois que la censure vise une institution publique avec le Tübitak et sa revue Sciences et Techniques (Bilim ve Teknik), créée en 1967. Selon le journal Milliyet, c’est le vice-président du Tübitak, Ömer Cebeci, qui aurait ordonné le retrait du dossier consacré à Darwin.


Le signe, pour l’opposition et les milieux laïques, d’une reprise en main par le gouvernement islamo-conservateur, accusé de complaisance envers les idées créationnistes. Mercredi 11 mars, étudiants et professeurs ont d’ailleurs manifesté devant l’université d’Istanbul pour dénoncer cette censure. Le Tübitak, le plus prestigieux conseil scientifique turc, fonctionnait de manière indépendante jusqu’en août 2008. Depuis, une loi a été votée par le parti au pouvoir pour rattacher cet organisme au gouvernement. C’est le ministre d’État Mehmet Aydin, un ancien professeur de théologie également chargé des affaires religieuses, qui supervise le conseil scientifique.


« Le conseil est maintenant placé sous contrôle politique. Quand on politise la science, on a ce résultat », déplore son ancien président, Namik Kemal Pak, renvoyé en 2003. Le ministre Mehmet Aydin a qualifié d’« erreur » le retrait de l’article. Avant d’ajouter que « le conseil devait refléter les idées de ceux qui servent la science, peu importe si celles-ci sont fausses ».


Guillaume Perrier
Istambul, correspondance


http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/13/des-creationnistes-turcs-envoient-darwin-au-pilon_1167616_3244.html#xtor=EPR-32280155&ens_id=628865

 

 

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 09:46


 

L’Entraide
Un facteur de l’évolution
Par Pierre Kropotkine
(Aden, 2009)

 


Et si la loi de la jungle n’était pas la loi du plus fort ? Et si la loi qui domine dans la nature était l’entraide ? Et si la nature humaine était d’abord et avant tout, à la lumière de la vie sociale, disposée à la coopération mutuelle dans l’intérêt de tous ? Rédigé il y a plus de cent ans dans le but de dénoncer le darwinisme social, interprétation fallacieuse des théories évolutionnistes qui prétend que la société est régie par les lois de l’évolution où seul le meilleur s’adapte et gagne la grande compétition de la vie sociale et économique, ce livre démontre que l’entraide et la solidarité ont davantage contribué à la création et la prospérité des sociétés humaines que la compétition de chacun contre tous.
 

Dans ce classique de la littérature révolutionnaire, Kropotkine accumule les données prouvant que la coopération et l’aide réciproque sont des pratiques communes et essentielles parmi les animaux mais aussi et surtout parmi les hommes. « L’Entraide » est un livre-clé de la biologie évolutive et de l’étude des sociétés, il pose les fondements mêmes d’une éthique libertaire et est, à l’orée du XXIe siècle, une formidable leçon d’optimisme.


 




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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 10:45





L’effet Darwin : Sélection naturelle et naissance de la civilisation
Par Patrick Tort
(Seuil, 2008)

 

Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la « survie du plus apte » l’argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort : élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles. Patrick Tort, spécialiste de l’œuvre de Darwin, montre qu’en réalité la civilisation, née de la sélection naturelle des instincts sociaux et de l’intelligence, promeut au contraire la protection des faibles à travers l’émergence – elle-même sélectionnée – des sentiments affectifs, du droit et de la morale. Pour emblème de cet « effet réversif » de l’évolution, l’auteur choisit la bande de Möbius, dont la face unique résulte d’un retournement continu. Un essai pour en finir avec la tentation toujours présente de réduire la théorie à une version « plate » permettant d’utiliser Darwin pour justifier l’injustifiable.



Patrick Tort, philosophe, historien et théoricien des sciences, est le fondateur de l’Institut Charles Darwin International. Professeur détaché au Muséum, il est l’auteur de nombreux ouvrages et le directeur du Dictionnaire du darwinisme et de l’évolution (PUF).

 



 

 
 

Toujours disponible :
Darwin et la science de l’évolution
Par Patrick Tort
(Découvertes Gallimard, 2000)


En 1859, dans L’Origine des espèces, le naturaliste anglais Charles Darwin expose publiquement sa théorie de la descendance modifiée des êtres vivants par le moyen de la sélection naturelle : les espèces ne sont pas fixes, mais varient et se transforment suivant la loi du triomphe des formes les plus adaptées. C’est une révolution : l’idée du Créateur s’effondre, et avec elle tout plan « providentiel » de la nature. L’Angleterre victorienne s’enflamme, pour ou contre. En 1871, avec La Filiation de l’Homme, Darwin inscrit l’Homme dans la série animale. Ce dernier venu possède un ancêtre commun avec les Singes de l’Ancien Monde, dont il a perfectionné les instincts sociaux et les facultés rationnelles en tirant un avantage social de comportements antisélectifs : l’éducation, le droit, les conduites solidaires et altruistes, la protection des faibles et des déshérités.


 




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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 09:19


 

Conférence de Patrick Tort
de l’Institut Charles Darwin International


à Paris le jeudi 5 mars 2009 à 17 h 30

 

Muséum national d’Histoire naturelle
« Darwin en son temps »
Grand Amphithéâtre du Muséum
Accès par le 57, rue Cuvier 75005 Paris

Entrée libre dans la limite des places disponibles



Le site de Patrick Tort 
http://www.darwinisme.org/ 


 

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:53


 

Charles Darwin

12 février 1809 - 19 avril 1882

 

 

 

 


Le 24 novembre 1859 paraît

On the Origin of Species by Means of Natural Selection,
or The Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life

 



Le site de Patrick Tort (Institut Charles Darwin International)
http://www.darwinisme.org/

 

Vous trouverez des reproductions de documents sur le site
http://darwin-online.org.uk/



 

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