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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 03:13

 

 

 

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Le Fossé
Diffusion le samedi 16 avril 2011
à 22 h 25 sur Arte

Version originale sous-titrée, stéréo, 16/9 HD
Rediffusion le 21 avril 2011 à 2 h 45

 

À la fin des années 1950, le gouvernement chinois expédie aux travaux forcés des milliers d’hommes, considérés comme droitiers au regard de leur passé ou de leurs critiques envers le Parti communiste.

Déportés au nord-ouest du pays, en plein désert de Gobi et à des milliers de kilomètres de leurs familles pour être rééduqués, ils sont confrontés au dénuement le plus total. Un grand nombre d’entre eux succombe, face à la dureté du travail physique puis à la pénurie de nourriture et aux rigueurs climatiques.

Le Fossé raconte leur destin – l’extrême de la condition humaine.

Basé sur Goodbye, Jiabiangou, un roman de YANG Xianhui, et sur les témoignages de TI Zhongzheng et des autres survivants.

 

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Le Fossé (106 mn, 2010)
un film écrit et réalisé par Wang Bing

Avec :
Ye Lu

Renjun Lian
Cenzi Xu
Haoyu Yang
Zhengwu Cheng
Niansong Jing
Xianghnian Li

Coproducteurs (France, Chine, Belgique) :
Entre Chien et Loup
Wil Productions
Les Films de l’Étranger

Ventes internationales :
Wild Bunch

Directeur de la photo :
Sheng Lu

Ingénieur du son :
Liang Ren

Directeur artistique :
Lige Bao
Honghui Xiang

Créateur des costumes :
Fuzheng Wang

Monteur image :
Marie-Hélène Dozo

Monteur son :
Gilles Laurent
Valérie Ledocte
Kang Fu

Mixeur :
Michel Schillings

Décors :
Zhang Fuli

 

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Dans un camp chinois du désert de Gobi, en 1960, des détenus politiques agonisent, décimés par la famine, le froid glacial et la dysenterie. Une bouleversante fiction de Wang Bing (À l’ouest des rails), pour mémoire.

 

De 1957 à 1961, dans le désert de Gobi, quelque deux mille cinq cents détenus politiques chinois (sur environ trois mille) ont péri dans des conditions atroces aux camps de Jiabiangou et Mingshui, consacrés à la « rééducation des droitiers ». Ils expiaient la campagne des Cent Fleurs, durant laquelle Mao, ayant d’abord encouragé les critiques contre le Parti, fit taire ensuite toute contestation par une vague de purges aveugles. Abrités dans des trous, sans chauffage par des températures pouvant descendre à moins 20°, à peine nourris en raison de la famine causée par le « Grand bond en avant », décimés par la dysenterie, ils furent aussi contraints à des travaux quotidiens de terrassement.

 

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Les oubliés

Inspiré de témoignages qu’il a recueillis auprès de survivants de Jiabiangou, mais aussi d’un recueil de nouvelles de Yang Xianhui, le film de Wang Bing, autant documentaire que fiction, immerge sans intermédiaire le spectateur dans l’horreur et le désespoir du camp. Mais ce tableau de l’inhumanité est d’abord un hommage à l’humanité obstinée de ceux qui y agonisent. Obsédé par la nécessité de ne pas trahir leur histoire, le réalisateur trouve la bonne distance. Chaque image, si insoutenable soit-elle, semble rendre à leurs visages, à leurs paroles, à leurs gestes, la dignité humaine qu’on leur a déniée. En exhumant si implacablement la réalité occultée du goulag chinois, le réalisateur d’À l’ouest des rails ajoute une autre pierre à son oeuvre monumentale : faire résonner la voix des exclus et des oubliés de l’histoire de son pays. Sélectionné à la dernière Mostra de Venise et projeté dans différents festivals en Europe, le film n’a pas été diffusé en Chine et, selon son auteur, ne pourra l’être avant de longues années.

 

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La fiche technique et les présentations viennent du site d’Arte et de la maison de production Entre chien et loup, j’ai récupéré les photos chez ces derniers.

 

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Il y a un article sur le film sur Rue89 (merci, c’est grâce à lui que j’ai appris cette diffusion) et un article du Monde, paru en septembre 2010, qui est à lire . Je vous les conseille tous les deux.

 

« Depuis une dizaine d’années, le cinéma indépendant chinois met l’accent sur les problèmes sociaux de la classe ouvrière. Le Fossé est probablement le premier film à traiter aussi directement du passé politique de mon pays, en parlant des “droitiers” et de ce qu’ils ont endurés dans les camps de rééducation. Le sujet est toujours tabou ».

« Sur le tournage du film, la crainte d’être arrêté était constante. Chaque jour, des rumeurs sur une intervention de la police circulaient. Finalement, elle a eu lieu. Informés juste avant, on a pu nous enfuir en voiture »

Wang Bing
(Entretien extrait de Rue89)

 

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Help, help ! J’ai pas de téléviseur !!!
Faites quelque chose pour moi !

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 16:27

 

 

 

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« Artistes et politiques inquiets pour Ai Weiwei »

Par Isobel Leybold-Johnson
swissinfo.ch, 8 avril 2011

 

Emprisonné dans son pays, l’artiste et activiste chinois Ai Weiwei suscite un mouvement de solidarité mondial. Particulièrement en Suisse, où les attaches de celui qui travailla avec Herzog et de Meuron sur le stade olympique de Pékin sont très fortes.

Jeudi 7 avril, le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé la détention de Ai, « soupçonné de crimes économiques », et ajouté qu’il avait été interrogé « conformément à la loi ». 

Dimanche dernier, l’artiste a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à prendre un avion de Pékin pour Hong Kong. Son domicile a été perquisitionné, ce qui a soulevé les protestations de plusieurs pays occidentaux et des organisations de défense des droits de l’homme, en Chine et dans le monde.

 

Multiples arrestations

Avec sa barbe et sa carrure impressionnante, Ai Weiwei est à la fois un artiste contemporain mondialement reconnu et une voix critique qui s’élève sans relâche contre la censure et le manque de libertés politiques en Chine. Son arrestation suit celle de dizaines d’autres intellectuels ou militants des droits de l’homme opérées depuis que des appels circulent sur Internet pour des manifestations similaires à celles des « révolutions de jasmin » dans le monde arabe.

Jeudi, le ministère suisse des Affaires étrangères a dit avoir appris avec « grande préoccupation » l’arrestation de Ai et avoir contacté les autorités chinoises pour exprimer l’espoir que le cas soit résolu rapidement.

Le ministère a ajouté qu’il était préoccupé en général par le nombre croissant d’arrestations arbitraires d’activistes des droits de l’homme, d’avocats et d’artistes en Chine et qu’il avait appelé le gouvernement à leur garantir un procès équitable et l’accès aux avocats de leur choix.

 

Attaches suisses

En 2004, Ai Weiwei tenait sa toute première exposition en solo à la Kunsthalle de Berne. Le directeur en était alors Bernard Fibicher, aujourd’hui à la tête du Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne. Plus tard, les deux hommes ont monté ensemble, toujours à Berne, mais au Kunstmuseum, ce que Fibicher décrit comme « rien moins que la plus grande exposition d’art contemporain chinois jamais organisée ».

Aujourd’hui, il est naturellement inquiet, même s’il sait que les amis de Ai et ses collègues artistes s’y attendaient. « Maintenant que c’est arrivé, c’est une nouvelle terrible, d’autant que personne ne sait vraiment où il est détenu », note Bernard Fibicher.

 

Agir de manière très subtile

« C’est une affaire très délicate, poursuit-il. Bien sûr, il pourrait y avoir une vaste mobilisation internationale, des artistes, des galeristes, des directeurs de musées et des amis qui manifestent et qui s’expriment dans les médias, mais cela n’aiderait pas vraiment Weiwei, parce que le gouvernement chinois ne peut pas se permettre de perdre la face. Il faut donc agir de manière très subtile et c’est la principale difficulté maintenant ».

Urs Meile, de la Galerie Urs Meile Beijing Lucerne, qui représente Ai, juge important d’avoir accès à l’artiste et de pouvoir lui parler. Pour lui, « le plus grand choc a été sa disparition ».

La galerie a commencé à collaborer avec lui en 1997, contribuant à sa reconnaissance internationale. Ai est un artiste particulièrement intéressant en ce qu’il travaille à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, ce qui lui donne une double perspective.

« Ai Weiwei est une grande source d’influence et une personne très importante pour les jeunes artistes [en Chine], il échange beaucoup avec eux et il est toujours très ouvert à la discussion », explique Urs Meile.

 

Vente aux enchères à Hong Kong

Lorsqu’il a été arrêté, Ai se rendait à une vente aux enchères à Hong Kong, où il devait rencontrer Uli Sigg, ancien ambassadeur de Suisse à Pékin et grand collectionneur d’art chinois. Les deux hommes avaient prévu d’y parler d’une future exposition au Kunstmuseum de Lucerne, qui doit intégrer quelques travaux de l’artiste chinois.

Dans le quotidien romand Le Temps, Uli Sigg s’est dit « extrêmement déçu » de ce qui est arrivé à son bon ami, ajoutant qu’il ne pouvait pas faire de commentaires sur une arrestation dont il ne connaissait pas les raisons. L’ancien diplomate a tout de même estimé que la manière dont l’arrestation a été menée n’était pas justifiée.

Et d’appeler la Suisse à suivre cette affaire de près, compte tenu des liens forts entre Ai et le pays. Pour sa part, Uli Sigg est bien décidé à intervenir en faveur de son ami.

Dans un communiqué publié sur son site internet, le Kunstmuseum de Lucerne confirme que l’exposition « Shanshui – Poésie sans paroles », prévue dès le 20 mai, aura bien lieu et espère que Ai, qui fait partie des curateurs, pourra assister au vernissage.

De son côté, le Musée de la photographie de Winterthour, qui prévoyait d’inaugurer le 27 mai une exposition des « entrelacements » photographiques de Ai espère aussi que l’artiste sera présent, même si personne ne sait comment la situation va évoluer.

 

Boycott ?

En attendant, le Groupe Art + Politique appelle le gouvernement et la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia à suspendre la coopération culturelle avec la Chine aussi longtemps que la liberté artistique est limitée et à faire pression pour la libération de Ai et des autres.

Pro Helvetia, qui anime un programme d’exploration culturelle avec la Chine et dispose d’une antenne à Shanghai a déjà répondu que selon elle, il serait faux de stopper la collaboration. « Nous ne soutenons pas des initiatives étatiques mais des artistes indépendants. En période de répression accrue, il est important de manifester une solidarité internationale avec les artistes chinois », a dit à l’agence de presse ATS Sabina Schwarzenbach, porte-parole de Pro Helvetia.

Quant à la Chine, elle botte les critiques en touche. Mercredi, le journal gouvernemental The Global Times a décrit Ai Weiwei comme un « rebelle », impliqué dans des activités douteuses au regard de la loi.

 

Isobel Leybold-Johnson
Collaboration : Jessica Dacey, traduction de l’anglais : Marc-André Miserez

 

Le “Free Ai Weiwei” vient de Flickr.

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 17:58

 

 

 

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Le meilleur moyen de venir en aide à Ai Weiwei, artiste internationalement reconnu qui vient d’être arrêté à Pékin, c’est de montrer son œuvre. Ici la construction en porcelaine Field, présentée à Bâle en Suisse en juin 2010 lors de la manifestation « Art 41 », avec le concours de la galerie Urs Meile (Pékin/Lucerne).

 

ai-weiwei-art-basel.jpgAi-Weiwei_Art-Bassel-2010.jpg

 

Les deux premières photos viennent d’ici, la suivante de .

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 14:25

 

 

 

I’m fighting for freedom of speech. I never settle for less. I don’t engage in negotiation.

Ai Weiwei

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:06

 

 

 

Le meilleur moyen de venir en aide à Ai Weiwei, artiste internationalement reconnu qui vient d’être arrêté à Pékin, c’est de montrer son œuvre. Ici l’installation Remembering, présentée à Munich en Allemagne en 2009, qui vient en écho au séisme de mai 2008 dans la province du Sichuan et se pose comme une violente critique des autorités chinoises.

 

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Remembering_Aufbau.jpg“The idea to use backpacks came from my visit to Sichuan after the earthquake in May 2008. During the earthquake many schools collapsed. Thousands of young students lost their lives, and you could see bags and study material everywhere. Then you realize individual life, media, and the lives of the students are serving very different purposes. The lives of the students disappeared within the state propaganda, and very soon everybody will forget everything.”

Ai Weiwei

 

 

 

 

 

 “After the government refused to give an exact account of events, or even the names of the children who died in the Sichuan earthquake, with the help of volunteers Ai Weiwei posted names on his internet blog. The 9,000 children’s backpacks on the Haus der Kunst’s façade spell out the sentence She lived happily for seven years in this world in Chinese characters, a quote by one of the victim’s mothers. Remembering will become slowly visible as the trees in front of the Haus der Kunst lose their leaves in the autumn and winter months, as such time goes by and memories grow.”

Quotes from the catalog “so sorry”, Ai Weiwei, Munich, Haus der Kunst

 

 

L’image du haut et les commentaires viennent du site Point of view, celle du milieu d’ici et les deux du bas de .

 

Ai-Remembering.jpgRemembering2.jpg

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 11:15

 

 

 

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« L’artiste Ai Weiwei arrêté à Pékin »
Par Philippe Grangereau
Libération du 4 avril 2011

 

Le célèbre artiste chinois Ai Weiwei, 53 ans, prodémocrate et virulent critique du gouvernement chinois, a été arrêté dimanche à l’aéroport de Pékin. Il s’apprêtait à embarquer pour Hongkong. Cible de harcèlements constants de la police politique, Ai Weiwei avait l’intention de s’installer pour un temps à l’étranger.

Huit de ses assistants ont été embarqués pour interrogatoire, tandis que sa femme, Lu Qing, a été placée en résidence surveillée. L’atelier de l’artiste, envahi par une meute de policiers, a été perquisitionné et ses ordinateurs saisis. Son arrestation fait suite à celle de dizaines, voire de centaines d’autres prodémocrates depuis deux mois. De nombreuses autres personnes, des avocats en particulier, ont purement et simplement disparu.

 

L’article est à lire ici avec d’autres sur le même sujet. Le portrait photographique d’艾未未 vient de . Sur Ai, lire ceci.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 23:16

 

 

 

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Philippe Paquet, Madame Chiang Kai-Shek, Un siècle d’histoire de la Chine, Paris, Gallimard, collection « La suite du temps », 2010, 15,2 × 24, 584 p. Préface de Simon Leys.

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 20:03

 

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 11:29

 

 

 

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Je vous souhaite à toutes et à tous
une excellente année du lapin !

 

 

Illustration : John Tenniel pour Alice au pays des merveilles.

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:53

 

 

Essai sur l’art chinois de l’écriture et ses fondements (2010)

Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie (2010)

Contre François Jullien (2006)

Études sur Tchouang-tseu (2004)

Leçons sur Tchouang-tseu (2002)

Chine trois fois muette (2000)

 

En l’espace d’une décennie, Jean François Billeter s’est imposé comme l’un des sinologues les plus estimés, touchant un large public a priori peu concerné par les études chinoises. Ce succès, il le doit autant à la réelle qualité de son écriture qu’à la clarté de ses exposés, la rigueur de ses analyses, à son  discernement, sa pertinence et un rare sens critique qu’il partage, dans ce domaine, avec Anne Cheng (qui ne s’embarrasse guère de diplomatie). Son travail sur le Tchouang-tseu marque une étape importante dans la « redécouverte » (si tant est qu’il ait été oublié) de l’antique maître taoïste – dont la récente traduction en français de Jean Levi se fait l’écho.

Anciennement enseignant de chinois à l’université de Genève (il en a gardé cette note didactique), partageant sa vie entre la vivifiante ville de Pékin et la vieille Europe, Jean François Billeter travaille en marge de l’institution, malgré quelques leçons au Collège de France. C’est sans doute ce qui autorise l’emploi de ce ton : n’ayant plus rien ni personne à ménager, il élabore, loin des contraintes, une réflexion dont la profondeur et la radicalité dépassent le cadre de la sinologie francophone. En ces temps frileux où la pensée gèle au premier contact de l’air, il y a quelque chose de rassurant et de réjouissant à lire la prose de Billeter.

On ne saurait dissocier l’émergence de J. F. Billeter de celle de son éditeur Gérard Berréby, qui a vu sa maison passer, à peu près dans le même temps, d’un statut confidentiel à celui d’une enseigne quasi incontournable.

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Essai sur l’art chinois de l’écriture et ses fondements

« L’unique préoccupation du calligraphe chinois est de donner vie aux caractères, de les animer sans les forcer en rien. Il met sa sensibilité au service de l’écriture puis en vient, par un renversement subtil, à se servir de l’écriture pour exprimer sa sensibilité personnelle. »

Depuis près de deux mille ans, les Chinois considèrent la calligraphie comme l’un des beaux-arts, un art plus ancien que la peinture, et traditionnellement placé au-dessus d’elle. Cet art consiste à donner vie à l’écriture comme l’interprète donne vie à une composition musicale en la jouant. Par la forme qu’il donne à l’écriture, le calligraphe peut exprimer une conviction morale, une manière d’être, une sensibilité, des émotions, dont cet ouvrage retrace la genèse. Cette magistrale synthèse sur la calligraphie chinoise est écrite aussi bien pour le grand public que pour les historiens de l’art et les sinologues. Avec clarté et un constant souci pédagogique, Jean François Billeter révèle les ressorts cachés de cet art singulier, il pénètre en profondeur les mécanismes mêmes de l’expression.

Parution octobre 2010, 416 p., 16x24, 28 €.

 

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Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie

« Les lecteurs qui n’ont pas la passion des textes anciens trouveront peut-être absurde l’idée de demander un appui, dans une aussi grande affaire, à un auteur de l’Antiquité dont on sait si peu de choses et dont on a si peu de textes. Mais c’est que ces textes ont une teneur très particulière. Ils contiennent une matière dont nous n’avons pas d’autres échantillons et qui pourrait constituer un antidote puissant, même en petite quantité, contre la tradition dont il s’agit de se libérer. Puissant par ses vertus propres, mais aussi à cause du rôle que ces mêmes textes ont continûment joué à travers les siècles. On les a constamment admirés, mais dans un esprit qui n’était pas le leur. Ils constituent donc, contre la tradition, un argument interne. »

Cet ouvrage reprend certains problèmes abordés dans les Leçons sur Tchouang-tseu et les éclairent d’un jour nouveau. Il aborde en particulier la nature des difficultés sur lesquelles butent les échanges entre l’Europe et la Chine sur le plan de la pensée. Le Tchouang-tseu permet d’appréhender des aspects inaperçus mais essentiels de l’expérience humaine la plus commune. Nul problème n’est compliqué dès lors qu’il est ramené à l’essentiel.

Parution octobre 2010, 96 p., 10x17, 6,10 €.

 

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Contre François Jullien

« Ce que nous considérons aujourd’hui comme la “civilisation chinoise” est intimement lié au despotisme impérial. Nous devons la juger là-dessus – non pour nier sa grandeur, ni pour réduire le rôle qu’elle a joué dans l’histoire, mais pour déterminer le rapport que nous voulons entretenir avec elle. »

François Julien a publié sur la « pensée chinoise » des ouvrages nombreux, qui ont connu un succès considérable en France et des traductions dans une quinzaine de langues. Un autre sinologue, Jean François Billeter, présente ici quelques-unes des objections qu’on peut lui faire sur sa méthode et sur sa vision de la Chine. Il ouvre un débat qu’il estime indispensable et dont il montre les implications intellectuelles, morales et politiques.

Parution avril 2006, 128 p., 10x17, 6,10 €.

Etudes-sur-Tchouang-tseu.jpgÉtudes sur Tchouang-tseu

« L’action doit avoir un but précis, sinon elle se divise, elle se brouille, elle tourne mal et cause à la fin des dégâts irréparables. Les sages d’autrefois gardaient en eux le ressort de l’action, ils ne le laissaient pas à d’autres. Tant que tu n’es pas sûr de le détenir, ne te mêle pas de mettre fin aux méfaits d’un tyran ! » (Tchouang-tseu)

« Tchouang-tseu est le plus remarquable des philosophes chinois. On ne sait pas grand-chose de sa personne. Il est probablement mort vers 280 avant notre ère. Nul ne sait très bien quelle part lui attribuer dans l’ouvrage qui porte son nom et qu’on appelle “le” Tchouang-tseu. Cet ouvrage réunit des textes de Tchouang-tseu lui-même et d’auteurs anonymes qui ont été proches de lui, se sont inspirés de lui après sa mort ou ont été associés à son nom par la suite. L’ouvrage n’est pas gros, il est un peu moins long que les quatre Évangiles. C’est un classique : un ouvrage qui a été beaucoup lu, cité et commenté au cours des siècles, mais aussi mal lu et mal compris, ou compris selon des préjugés qui n’ont plus de raison d’être aujourd’hui. Je me suis efforcé de l’aborder d’un regard neuf. Au seuil de ce livre, le lecteur me demandera peut-être de lui dire quelle sorte de philosophe est Tchouang-tseu. Je ne peux pas répondre parce que je ne puis le classer dans aucune catégorie connue. Il faut que le lecteur voie et juge par lui-même. » (Jean François Billeter)

Parution mars 2004, 296 p., 14x22, 20 €.

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Leçons sur Tchouang-tseu

« Je m’inscris donc en faux contre une sorte d’accord tacite que les sinologues paraissent avoir établi entre eux. Le texte serait si difficile, son état si problématique, la pensée qui s’y exprime si éloignée de la nôtre que ce serait de la naïveté ou de l’outrecuidance de prétendre le comprendre exactement. Mon intention est de briser ce préjugé. Je ne le ferai pas en essayant d’imposer une lecture particulière, mais en exposant comment je m’y suis pris pour tenter de comprendre le Tchouang-tseu, en présentant quelques résultats que je tiens pour acquis, mais en faisant aussi état de mes doutes et des questions que je me pose. Je souhaite donner une idée des découvertes que l’on fait quand on entreprend d’étudier ce texte de façon à la fois scrupuleuse et imaginative. »

Dans ces cinq leçons prononcées au Collège de France sur l’œuvre de Tchouang-tseu, figure tutélaire de la pensée taoïste, Jean François Billeter, en partant chaque fois du texte même, qu’il traduit de façon scrupuleuse et sans a priori philosophique, parvient à faire émerger le sens d’une pensée qui n’a rien d’abscons, déconcertante parfois mais toujours précise et profonde.

Parution novembre 2002, 160 p., 10x17, 6,10 €.

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Chine trois fois muette

Dans cet ouvrage formé de deux essais qui se complètent l’un l’autre, Jean François Billeter éclaire doublement ce qui se passe en Chine aujourd’hui : d’abord du point de vue de l’histoire du capitalisme, de cette « réaction en chaîne non maîtrisée » dont il retrace l’histoire depuis son début en Europe, à l’époque de la Renaissance ; ensuite du point de vue de l’histoire chinoise, dont il offre également une synthèse dense, mais claire. Cet ouvrage intéressera les lecteurs qui s’interrogent sur la Chine actuelle, mais aussi ceux qui réfléchissent sur le moment présent de l’histoire et ses suites possibles.

Parution novembre 2000, 128 p., 10x17, 6,10 €.

 

Les notices viennent du site d’Allia.

 

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