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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 21:54

 

 

Attac Paris 15 vous invite à une conférence-débat

« Offshore,
Paradis fiscaux et souveraineté criminelle »


avec Alain Deneault, membre du Conseil d’administration d’Attac Québec, chercheur affilié à la Chaire de recherche sur la Mondialisation, la citoyenneté et la démocratie de l’Université du Québec à Montréal, à propos de son ouvrage du même nom, paru aux éditions de la Fabrique, le mardi 15 juin à 20 h 00 au 17 , rue l’Avre, Paris XVe, métro La Motte Piquet.

 

Une présentation du livre est disponible ici.

 

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 21:36

 

 

Bilderberg 2010 4

 

Je donne les liens avec quelques articles en ligne sur la réunion annuelle d’une centaine de décideurs américains et européens (industriels, financiers, militaires, hommes politiques, hauts fonctionnaires, universitaires, journalistes) qui, depuis 1954, influencent la conduite du monde : le groupe dit de Bilderberg. Proches parents des participants au sommet de Davos ou participants eux-mêmes à cet évènement, ils forment un pré-conseil à la veille des réunions des G8 et G20. Ils cultivent, en outre, une extrême discrétion, voire le goût du secret, à la manière des membres ultra-libéraux de la Société du Mont-Pèlerin, sise en Suisse. La conférence siège cette année près de Barcelone, dans l’hôtel Dolce à Sitges, du 3 au 6 juin.

 

Bilderberg-2010-2.jpg

 

Lire d’abord l’article sur Wikipédia, ensuite celui d’un infiltré à la réunion de 2005, et une traduction parue dans Rue89 sur l’édition de 2008.

 

Bilderberg 2010 7

 

Plus anecdotiquement, vous pourrez parcourir les écrits relatifs à 2010 : un article de Rue89 dont le titre est contredit par le contenu, vide ; un reportage de l’envoyée de Marianne2, présente sur place (1, 2, 3), dont nous n’apprenons pas grand-chose ; une liste des participants sur Bellaciao.

 

Bilderberg 2010 5

 

Les images viennent directement du site de l’hôtel Dolce, ici.

 

Bilderberg-2010-6.jpg

 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:18

 

Incidents-de-classe-en-Chine-11.jpg

 

 

Il y a un mois, j’avais présenté les Incidents de classe en Chine, les travailleurs chinois contre le capital mondial au XXIe siècle, j’apprends aujourd’hui qu’il est disponible en ligne ici. Voici la présentation qu’en donnent les auteurs :

 

Ce bref aperçu des révoltes prolétariennes chinoises aujourd’hui, ô combien intrigantes tant par les formes, le nombre et l’intensité, nous rappelle que, quoi qu’on en dise, la lutte des classes est loin d’être moribonde. Être curieux de ce qui se passe au bout du monde, en particulier dans les « ateliers du monde » rend plus lisible ce qui se passe ici, tant le capital (et donc l’antagonisme de classe) s’organise internationalement.

Ce recueil comporte des brèves générales (liste non exhaustive de conflits qui ont perturbé l’harmonieuse société chinoise de 2008 à début 2010), un témoignage d’une ouvrière mingong paru dans la revue Échanges, un texte de Bruno Astarian qui réactualise son livre Luttes de classes dans la Chine des réformes (1978-2009), paru chez Acratie en 2009, des extraits du dit bouquin, etc.

Nous voulons tout
(nousvoulonstout@gmail.com)

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 15:42

 

 

Voici le texte de la conférence donnée par Noam Chomsky à la Mutualité le samedi 29 mai 2010 à Paris. Je ne livre que le commencement ; la suite, ainsi qu’une captation sonore – en anglais, sans la traduction, – sont disponibles sur le site du Monde diplomatique ici.

 

 

« Contours de l’ordre mondial.
Continuités, changements et défis »

Par Noam Chomsky

 

Parmi les thèmes apparaissant dans le titre, ce qui est le plus important dans mon esprit, et je présume dans le vôtre également, ce sont les défis pour aujourd’hui ; ils sont en effet bien réels et à certains égards effrayants. Certains défis concernent même la survie des espèces si l’on parle des armes nucléaires et des menaces pesant sur l’environnement, ces sujets traités lors des récentes conférences de Copenhague sur le climat et de New York sur le Traité de Non-Prolifération (TNP), avec dans les deux cas des résultats qui ne sont guère favorables. Parmi les autres défis importants, on trouve l’avenir de l’Union Européenne (actuellement très incertain) et le rôle des économies émergentes et leurs différentes configurations dans un monde qui se diversifie, avec l’Organisation de coopération de Shanghai, les BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine], l’Union des nations sud-américaines (Unasur) et d’autres. À une autre échelle, la financiarisation de l’économie américaine et des autres économies de premier ordre (étroitement liée à la montée d’un système de production asiatique) a eu un impact majeur sur nos sociétés et le système mondial. Pour prendre un exemple, Martin Wolf, le très respecté commentateur du Financial Times, approuve la conclusion selon laquelle l’origine de la crise des dettes publiques mettant en danger la survie de la zone euro « est la débauche passée de larges segments du secteur privé, en particulier du secteur financier ». Les marchés financiers, écrit-il, « ont financé l’orgie et maintenant, dans la panique, refusent de financer l’assainissement qui en découle. À chaque étape, ils ont agi de façon procyclique », transformant la crise en une catastrophe potentielle. L’économiste John Talbott ajoute : « Si quelqu’un doit être blâmé pour ces crises, ce sont les banques qui ont trop prêté et ce sont donc elles qui devraient payer le prix fort de la restructuration. » Or, au cours de la crise actuelle et contrairement aux pratiques antérieures, le ministère des finances américain a adopté un plan de sauvetage pour l’Europe, qui est un système inventé au cours de la crise actuelle par la Réserve fédérale américaine [FED] et le ministère des finances a garanti aux banques de s’en sortir indemnes. Aux États-Unis, les effets à long terme pour le pays incluent une stagnation pour une majorité de la population et une croissance radicale des inégalités, avec des conséquences potentiellement explosives. Le pouvoir politique des institutions financières bloque toute réglementation sérieuse, si bien que les crises financières régulières que nous avons connues ces trente dernières années deviendront donc probablement encore plus sévères.

 

Il n’est pas difficile de poursuivre : on ne manque pas de défis à relever. Mais on ne peut les comprendre et s’y attaquer de manière sérieuse qu’en les inscrivant dans une perspective plus large.

 

À un niveau très général, il est utile de garder à l’esprit plusieurs principes de large portée et de grande signification. Le premier est la maxime de Thucydide : « Les forts font comme ils l’entendent, et les faibles souffrent comme il se doit. » Cette maxime a un corollaire important : les systèmes de pouvoir comptent sur des spécialistes en gestion de doctrine, à qui il revient de montrer que ce que font les forts est noble et juste, et que si les faibles souffrent, c’est leur faute. Il s’agit d’une tendance qui fait honte à l’histoire intellectuelle et remonte à ses plus anciennes origines.

 

Les contours persistants de l’ordre mondial reflètent cette maxime de très près. Depuis la seconde guerre mondiale, les États-Unis dominent le monde des affaires et continuent de le faire à bien des égards, malgré des changements importants. Pendant la guerre, des hauts responsables ont compris qu’au bout du compte, les États-Unis détiendraient un pouvoir sans précédent dans le monde et ils ont soigneusement planifié l’organisation du monde de l’après-guerre. Ils ont délimité une « vaste zone » dans laquelle les États-Unis détiendraient « un pouvoir incontesté » avec « une suprématie militaire et économique » tout en veillant à la « limitation de tout exercice de souveraineté » de la part des États qui pourraient interférer avec leurs intentions planétaires. La vaste zone devait inclure au moins l’Extrême-Orient et l’ancien empire britannique, y compris les ressources énergétiques de l’Asie occidentale ; le contrôle de ces ressources apporterait « un contrôle important sur le monde » fit remarquer plus tard un planificateur influent. Alors que la Russie prenait le dessus sur les armées nazies après la bataille de Stalingrad, les objectifs de la vaste zone se sont étendus aussi loin que possible en Eurasie, au moins jusqu’à sa base économique en Europe de l’Ouest. Il a toujours été entendu que l’Europe pourrait choisir de suivre une voie indépendante, peut-être la vision gaulliste d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural. L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été en partie destinée à contrer cette menace et le problème reste tout à fait d’actualité aujourd’hui.

 

Les États-Unis ont continué à protéger avec zèle leur propre souveraineté, tout en rejetant les revendications de même ordre provenant d’autres pays. Les États-Unis ont contribué à la création des juridictions internationales, mais n’ont accepté leur autorité qu’avec des réserves décisives : en particulier, les États-Unis ne seraient pas soumis aux traités internationaux, y compris la charte de l’ONU. De la même façon, en signant la Convention sur le génocide 40 ans plus tard, les États-Unis se sont exemptés de son application. Ces deux réserves ont été invoquées devant la Cour internationale de justice et la Cour a relaxé les États-Unis des accusations d’agression et de génocide pour ces motifs. Une autre illustration est fournie par la doctrine Clinton prévoyant que les États-Unis se réservent un droit de « recours unilatéral à la force militaire » pour s’assurer « un accès sans restriction aux marchés clés, à l’approvisionnement en énergie et aux ressources stratégiques ». Clinton faisait écho à un thème familier. Dans les premières années suivant la seconde guerre mondiale, le diplomate américain George Kennan a expliqué qu’en Amérique latine « la protection de nos matières premières » doit être une préoccupation majeure. « Nos matières premières », dont le hasard veut qu’elles se trouvent ailleurs, nous appartiennent de droit. Telles sont les prérogatives de la puissance selon la maxime de Thucydide.

 

Une deuxième maxime importante a été formulée par Adam Smith. Il observa que dans l’Angleterre de son époque « les principaux architectes » de la politique étaient les « marchands et les fabricant ». Ceux-ci s’assuraient que leurs propres intérêts étaient bien servis sans tenir compte des effets « néfastes » sur les autres, y compris sur le peuple anglais, mais plus gravement encore sur ceux qui souffraient ailleurs de « l’injustice sauvage des Européens », en particulier en Inde britannique (qui fut sa principale préoccupation).

 

Dans les démocraties industrielles d’aujourd’hui, les principaux architectes de la politique sont les institutions financières et les sociétés multinationales. La version actuelle de la maxime d’Adam Smith, dans une version plus sophistiquée, est la « théorie d’investissement de la politique » développée par l’économiste politique Thomas Ferguson, qui considère les élections comme des occasions pour des groupes d’investisseurs de s’allier afin de contrôler l’État. Cette théorie permet de faire de très bonnes prédictions politiques sur une longue période. Depuis les années 1970, la part des institutions financières dans les bénéfices des entreprises a fortement augmenté, pour atteindre aujourd’hui environ un tiers aux États-Unis. Leur pouvoir politique a évolué de concert, menant au démantèlement de l’appareil de réglementation qui avait évité les crises financières depuis la Grande Dépression. Ces institutions financières ont également fourni l’essentiel du soutien à Barack Obama, l’aidant à le porter à la victoire. Elles s’attendaient à être récompensées, et elles l’ont été, avec un énorme plan de sauvetage (financé par les contribuables) visant à les sauver des conséquences de l’effondrement destructeur de l’économie dont elles portent la plus grande part de responsabilité.

 

L’un des thèmes principaux dans l’élaboration des politiques des puissants est ce que nous pourrions appeler le « principe de la Mafia ». Le parrain ne tolère pas la « défiance réussie ». Même le plus petit acte de désobéissance est dangereux. Il pourrait devenir un « virus » qui « répandra la contagion », pour emprunter les mots de Henry Kissinger quand il préparait le renversement du gouvernement d’Allende. En d’autres termes, le virus est un domino qui pourrait faire tomber toute la rangée. Le principe a été maintes fois invoqué par les États-Unis pendant leur période de domination mondiale, et a bien sûr de nombreux antécédents.

 

Les principes en vigueur dans l’élaboration d’une politique entrent parfois en conflit. Cuba en est un exemple très instructif. À une écrasante majorité, le monde s’oppose à l’embargo américain, conçu, comme nous le savons à partir des archives internes, pour punir la population de son incapacité à renverser un gouvernement désobéissant. Pendant des décennies, la population américaine a également été favorable à la normalisation des relations. Il n’est pas rare que les décideurs ne tiennent pas compte de l’opinion publique mondiale et nationale par les décideurs, mais ce qui est plus intéressant dans ce cas c’est que de puissants secteurs de l’économie privée sont également favorables à la normalisation, notamment l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique et les entreprises du secteur énergétique. La politique consistant à punir les Cubains persiste néanmoins, en violation de la maxime d’Adam Smith mais en accord avec « le principe de la Mafia ». Les intérêts plus larges de l’Etat priment sur les intérêts commerciaux locaux. Les mêmes personnes peuvent prendre des décisions différentes en fonction du rôle qu’elles jouent dans les institutions, dans d’autres cas également comme l’Iran d’aujourd’hui avec des précédents intéressants remontant au renversement du régime parlementaire par les États-Unis et le Royaume-Uni : des entreprises du secteur énergétique ont été contraintes par l’État à prendre 40 % de la concession britannique, en désaccord avec leurs préférences à court terme mais en accord avec la planification étatique plus large.

 


La venue de Chomsky à Paris était annoncée ici.

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 16:23

 

 

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« Des enfants meurent à cause
des gangsters de la Bourse »

Entretien avec Jean Ziegler par Michel Collon, 25 mai 2010

 

Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers-monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations-Unies de 2000 à 2008. Michel Collon l’a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël…


La crise t’a surpris ?

Dans sa violence, oui. Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites. Pour les pays du tiers-monde, c’est une catastrophe totale. Mais aussi pour les pays industrialisés.


Ce sont encore les pauvres qui paient ?

Oui. Le 22 octobre 2008, les quinze pays de l’euro se sont réunis à Paris. Sur le perron de l’Elysée, Merkel et Sarkozy ont dit : « Nous avons libéré 1 500 milliards d’euros pour le crédit et pour  augmenter le  plafond d’autofinancement de 3 à 5% ». La même année, les mêmes pays européens ont réduit leurs subventions pour le programme alimentaire mondial (qui ne vit que de ces subventions) de 40 %. De six milliards de dollars à moins de quatre milliards.

Ce qui fait qu’au Bangladesh, on a supprimé les repas scolaires. Un million d’enfants sont gravement et en permanence sous-alimentés. Ces enfants meurent donc à cause des gangsters de la Bourse. Il y a là des morts véridiques. Les spéculateurs, aujourd’hui, devraient être jugés au tribunal de Nuremberg.


Quelle leçon les puissants ont-ils tiré de la crise ?

Aucune. Prenons l’exemple de la Suisse. Le contribuable suisse y a payé 61 milliards de dollars pour le sauvetage de la plus grande banque : UBS. L’an dernier, en 2009, les dirigeants d’UBS, toujours proche de la  faillite, se sont distribués entre eux des bonus pour quatre milliards de francs suisses ! Le pillage est total et l’impuissance des gouvernements qui se comportent comme des mercenaires est totale aussi. En tous les cas, en Suisse, en France, en Allemagne où j’ai quelques renseignements. C’est un scandale permanent.

Le masque néolibéral est tombé évidemment, avec sa prétendue légitimité. Mais le cynisme et l’arrogance des banquiers triomphent totalement.


Et du côté du public, sens-tu une évolution ?

Non, si tu regardes les chiffres, ils sont catastrophiques. Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. 47.000 personnes meurent de faim tous les jours. Un milliards de personnes (c’est-à-dire un homme sur six) sont gravement et en permanence  sous-alimentés. Alors que l’agriculture mondiale dans l’état actuel de son développement pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains avec 2.700 calories par individu par jour ! Donc, au début de ce siècle, il n’y a plus aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim, au moment où nous parlons, est assassiné. C’est catastrophique.

L’ordre mondial du capital financier globalisé est meurtrier - épidémie, décès par la pollution de l'eau , etc… - et en même temps absurde : il tue sans nécessité. C’est l’ordre des oligarchies et du capital financier mondialisé. Sur le plan de la lutte contre la faim, l’échec est total.


Tu as été, de 2000 à 2008, le rapporteur des Nations-Unies sur le problème de la faim dans le monde. Quel bilan tires-tu ? As-tu servi à quelque chose ?

Oui. La conscience a augmenté. Plus personne aujourd’hui, ne considère ce massacre quotidien comme un fait de la nature. On va en Europe, je crois, et en tout cas dans les pays de la périphérie vers une insurrection des consciences. Il faut une rupture radicale avec ce monde cannibale.


Alors que le problème de la faim n’est pas résolu, on dépense de plus en plus pour faire la guerre.

En 2005, pour la première fois, les dépenses mondiales d’armement (pas les budgets militaires, juste les dépenses  d’armement) ont dépassé mille milliards de dollar par an. Nous vivons dans un monde d’une absurdité totale.


Obama avait pourtant fait de belles promesses…

Il est vrai qu’Obama suit totalement la surdétermination de l’Empire. Je ne l’ai jamais rencontré, c’est sûrement quelqu’un de bien, mais la réalité qu’il affronte est effrayante. Les États-Unis restent la plus grande puissance industrielle au monde : 25 % des marchandises industrielles sont produites  par eux, avec pour matière première le pétrole : 20 millions de baril par jour dont 61% sont importés. On peut l’importer de régions comme le Moyen-Orient ou l’Asie centrale, ce qui les force à maintenir une force armée totalement hypertrophiée, et le budget fédéral est donc complètement parasité par les crédits militaires… Mais telle est la logique de l’Empire.


Quel est ton sentiment sur ce qui se passe maintenant en Israël et comment cela peut-il évoluer ?

Je pense que Tel-Aviv dicte la politique étrangère des États-Unis avec le lobby de l’AIPAC, comme puissance déterminante.


Avant les politiciens, ce sont quand même d’abord les multinationales pétrolières qui décident d’armer Israël.

Oui, la logique fondamentale est que pour les intérêts pétroliers, il faut un porte-avion stable. Et l’État d’Israël mène - ce n’est pas moi qui le dit, c’est un rapporteur spécial des territoires occupés - une politique permanente de terrorisme d’État. Tant que ce terrorisme continue, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, il n’y aura pas de fin au conflit Iran - Irak, ni rien du tout. Tout est sans issue sauf si enfin l’Union européenne se réveillait, tu comprends ?


Que pouvons-nous faire, nous Européens, pour la réveiller ?

Depuis juin 2002, existe un accord de  libre échange entre Israël et les 27 pays de l’Union européenne qui absorbent 62% des exportations  israéliennes. Dans cet accord, l’article 2 (c’est le même dans tous les traités de libre échange) dit : le respect des droits de l’homme par les partis contractantes est  la condition pour la validité de l’accord. Mais les violences faites aux Palestiniens – vol de la terre, torture permanente, éliminations extrajudiciaires, assassinats, organisation de la sous-alimentation comme punition collective – tout cela, ce sont des violations permanentes des droits de l’homme les plus élémentaires. Si la Commission européenne suspendait pendant 15 jours l’accord de libre-échange, les généraux israéliens reviendraient à la raison immédiatement. Or, l’Europe des 27, ce sont des démocraties, c’est à nous de jouer, nous opinions publiques.


Comment ?

Il faut forcer nos gouvernements. Nous ne sommes pas impuissants. En Belgique, il y a beaucoup de problèmes, en Suisse et en France aussi. Mais une chose est certaine : les libertés publiques existent. Il faut se saisir de ces libertés publiques pour imposer à nos gouvernements un changement radical de politique, c’est tout. S’ils ne le font pas, alors il ne faut plus voter pour eux, tu comprends, c’est aussi simple que ça !


Mais tous ces gouvernements sont d’accord de soutenir Israël. En France, par exemple, que ce soit l’UMP ou le PS, ils soutiennent Israël.

Soutenir la sécurité et la permanence d’Israël, c’est une chose. Mais cette complicité avec le terrorisme d’Etat et la politique de colonisation, ce n’est pas possible. C’est la négation de nos valeurs, c’est « du fascisme extérieur » : c’est-à-dire que nos valeurs sont démocratiques à l’intérieur de nos frontières et à l’extérieur, nous pratiquons le fascisme par alliance.


Et enfin, le rôle des médias dans tout ça ?

Ils sont complètement soumis. Notamment en période de crise, les journalistes ont peur pour leur  emploi. L’agressivité du lobby israélien est terrible. Moi, j’ai subi la diffamation la plus effroyable, et ça continue aux Nations-Unies d’ailleurs, c’est grâce à Kofi Annan que j’ai survécu. Israël est un danger pour la paix du monde, Israël cause d’effroyables souffrances. Et dans ce pays, les opposants comme Warschawski sont complètement marginalisés. Mais si l’opposition israélienne anticoloniale et anti-impérialiste n’a pas la parole, n’a pas d’influence, eh bien, nous allons vers la catastrophe. Il faut soutenir les opposants.


Et le rôle des médias à propos de la crise ?

La crise est présentée comme une fatalité, une catastrophe naturelle. Alors que les responsables sont identifiés !


Sources : Michel Collon info pour le texte et G26 pour la photo.

Jean Ziegler est aussi ici et .

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:43

 

 

Chine-recto.jpg

Chine-verso.jpg

 

La brochure anonyme se penche sur un phénomène qui prend des proportions ahurissantes, à savoir le nombre croissant de grèves et de soulèvements ouvriers, plus ou moins violents, et d’envergures aussi diverses que difficile à mesurer.
Je cite les chiffres officiels que donne le texte.


Nombre d’incidents de masse

1993 : 8 700
1994 : 12 000
1998 : 25 000
1999 : 32 000
2002 : 50 000
2003 : 58 000
2004 : 74 000
2005 : 87 000
2006 : 90 000
2007 : 116 000
2008 : 120 0000
1er trimestre 2009 : 58 000

 

Le texte emprunte des extraits de deux numéros de la revue Échanges de Henri Simon consacré à la Chine et surtout des passage du livre de Bruno Astarian, Luttes de classes dans la Chine des réformes, 1978-2009 (Acratie, 2009), avec une réactualisation inédite de l’auteur.

Incidents de classe en Chine, Les travailleurs chinois contre le capital mondial au XXIe siècle, 38 p. Seconde édition revue et corrigée, printemps 2010, la première datant probablement du mois de janvier 2010.

La publication est disponible pour 2 euros aux adresses suivantes : librairie Galerie de la Sorbonne, 52, rue des Écoles (Paris, Ve), librairie le Point du jour, 58, rue Gay-Lussac (Paris, Ve) et librairie Libertaire, 145, rue Amelot (Paris, XIe).

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 02:11

 

 

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Le 1er mai, rue du Beau Site à Bruxelles. Photo de Charles Tatum (voir l’adresse de son site dans les liens ci-contre).

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 11:49

 


Présentation de l’éditeur

Un renversement de perspective : les paradis fiscaux ne sont nullement un ailleurs de la finance, où fuiraient des capitaux alimentant des économies parallèles et marginales. Ce ne sont pas des bas de laine offshore, mais des entités souveraines, des repaires criminels où se concentre la moitié du stock mondial d’argent. Criminels, les paradis fiscaux le sont au sens strict : l’argent accumulé est au service des clans mafieux, des cartels de la drogue, des trafiquants d’armes, de ceux qui s’enrichissent par le pillage des pays pauvres. Mais en outre (surtout ?), les États dits « de droit » sont largement soumis aux manœuvres des paradis fiscaux : financement des partis politiques, contrôle des investissements, corruption des dirigeants. « L’acteur offshore accède à l’élite financière et politique des États “démocratiques” sitôt qu’il dispose des fonds pour se parer des habits de l’honorabilité hiérarchique et symbolique ». Il en résulte que la « lutte contre les paradis fiscaux » est une comédie : listes noires devenant grises, règles de bonne pratique soumises au bon vouloir des acteurs offshore, secret bancaire bien protégé : « Les banquiers suisses recommandent à leurs clients d’ouvrir chez eux des comptes à partir de sociétés écrans créées dans les paradis fiscaux, de préférence au Panama et aux îles Vierges qui ont signé avec la Suisse un traité sur la double imposition. »

« Affamer l’État “de droit”. Caricaturer le fisc. Organiser offshore la prédation économique du Nord et encore plus aisément du Sud. Corrompre les dictatures du Sud et financer les campagnes électorales du Nord. Déréglementer le peu de mesures publiques qui tiennent. Tel est le programme de l’époque. » Tels sont les sinistres effets des paradis offshore.


Philosophe de formation (Université de Partis-VIII), Alain Deneault est chercheur en sociologie à l’Université du Québec à Montréal et un des auteurs de Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique (2008).

 

 

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Alain Deneault, Offshore, Paradis fiscaux et souveraineté criminelle, Paris, La Fabrique, 2010, 176 p., 14 euros.

Le site de l’éditeur est ici.

 

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 00:55

Des Européens de rêve…



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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 16:33

 


L’intervention de Howard Zinn
du 2 juin 2009 à Paris est en ligne

 

« Nous avons mis en ligne une heure et demi des deux heures d’interventions d’Howard Zinn, auteur de Une histoire populaire des États-Unis (Agone, 2002), lors de sa venue à la librairie Quilombo. »

 

C’est ici.

Zinn est aussi ici et .


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