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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 04:52








MANIFESTATION NATIONALE
31 janvier 2009

départ à 15 h, Paris
RER Luxembourg

 

 

Ce qui est attaqué
ce sont nos luttes,
nos mots, nos modes de vie,
nos armes, nos amitiés,
et la possibilité d’affronter l’ordre des choses.
« association de malfaiteur »,
« association de malfaiteur à visée terroriste »,
des accusations qui font partie
de ces petites machines de guerre
par lesquels on gouverne.
Par lesquelles on prétend neutraliser dans l’œuf
tout ce qui veut exister avec une épaisseur politique.


A Tarnac, comme à Villiers-le-Bel,
à la Goutte d’Or comme à Vincennes,
mêmes méthodes, même guerre.
Bush nous a prévenus :
la guerre au terrorisme sera sans fin.
C’est aujourd’hui l’horizon commun de tous les gouvernements.


L’état d’urgence permanent ne nous fait plus peur.
Contre l’antiterrorisme comme mode de gouvernement,
Organisons-nous !


Libération des inculpés de l’antiterrorisme !
Arrêt des poursuites !


www.soutien11novembre.org







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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 04:16



Comme pour achever de discréditer les « enquêteurs », le procureur de Paris Jean-Claude Marin et le gouvernement, cet ultime rebondissement des plus rocambolesque que signale le site Mediapart.


 

Tarnac : le témoin à charge contre Coupat
serait un mythomane

 

Mediapart, 22 janvier 2009
Par Fabrice Arfi, Fabrice Lhomme


Selon des informations recueillies par Mediapart, le témoin « sous X » de l’affaire des sabotages de TGV, qui a gravement mis en cause sur procès-verbal Julien Coupat – dernier suspect encore incarcéré –, ne serait pas crédible. Cet homme est notamment sous le coup d’une condamnation pour « dénonciation de délits imaginaires ». Embarrassés, les enquêteurs soulignent toutefois que le dossier ne repose en aucun cas sur ce seul témoignage.

 

 

Le Monde du 22 janvier 2009


Le témoin qui accusait Julien Coupat, dans l’enquête sur les sabotages des lignes SNCF à grande vitesse, d’avoir eu des intentions meurtrières a été récemment condamné par un tribunal de province pour « dénonciation d'infractions imaginaires », révèle, jeudi 22 janvier, le site d’information Mediapart. L’homme avait témoigné à charge, sous le couvert de l’anonymat, contre Julien Coupat, l’une des neuf personnes interpellées à Tarnac (Corrèze), le 11 novembre. Présenté par l’accusation comme le « leader charismatique et idéologue » d'un groupe clandestin « anarcho-autonome », Julien Coupat a été mis en examen le 15 novembre pour « direction d’une entreprise terroriste » et « destructions en réunion ». Il est le seul toujours maintenu en détention.


L’homme, « qui a été à plusieurs reprises en contact avec Julien Coupat ces dernières années », s’était spontanément manifesté auprès des forces de police, disant « avoir d’importantes révélations » à faire sur l’ancien étudiant en sociologie. Dans leur rapport de synthèse qui a servi de base au parquet de Paris pour ouvrir une information judiciaire pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », les policiers de la sous-direction antiterroriste affirment que « le témoin attestait de la proximité du nommé Julien Coupat avec le mouvement Black Block et de sa participation à de nombreuses manifestations violentes menées en marge de grandes rencontres politiques, mais précisait également qu’à plusieurs reprises lors de réunions, Julien Coupat avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer, précisant que la vie humaine a une valeur inférieure au pouvoir politique et que l’objectif final du groupe était le renversement de l’État ».


L’homme, que Mediapart a interrogé, conteste « formellement » être le témoin sous X… Le site précise que la justice aurait désormais pris ses distances avec ce témoin, le jugeant « marginal » et estimant qu’il n’a fait qu’apporter des « éléments de contexte », l’informateur n’ayant pas été le témoin direct d’acte de sabotage.


 

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 03:06



Tarnac ou les fantasmes du pouvoir

 

Par Gabrielle Hallez
Le Monde, 20-21 janvier 2009

 

J’ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L’appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. À nouveau l’attente. Le lent dégonflement de l’affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d’Yildune [Lévy]. Il en faudra d’autres.
 

Cette triste affaire aura au moins rappelé l’obsession du pouvoir : écraser tout ce qui s’organise et vit hors de ses normes.
 

Je ne voudrais pas qu’on puisse prendre cette histoire comme un événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d’autres, et peut arriver encore.
 

6 h 40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j’attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d’objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.
 

Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture. Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le village. Personne ne pourra manquer d’admirer le spectacle de la police en action, et les moyens imposants du ministère de l’intérieur quand il s’agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type, ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l’air sérieux, c’est l’état d’urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s’est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n’est pas un dérapage, c’est une méthode.
 

Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n’est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.
 

Les interrogatoires s’enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : « Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l’opération Taïga, on va la mettre en détention », « Tu ne reverras plus ta fille ». Leur bassesse n’est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : « Comment vivez-vous ? », « Comment êtes-vous organisés pour manger ? », « Est-ce que tu écris ? », « Qu’est-ce que tu lis ? » Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.
 

Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m’a annoncé, lors de la perquisition : « Nous sommes ennemis. » Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n’y a jamais eu de cellule invisible, et nous n’avons que faire de « chefs » et de « bras droits ». La police croit toujours que ce qu’elle traque est organisé à son image, comme en d’autres temps, où elle brandissait le spectre du syndicat du crime.
 

Un gendarme me lit un communiqué allemand, diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages dans le cadre d’une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.


Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d’une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n’es au courant de rien d’autre que de ce que la police veut bien te dire, c’est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m’a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l’ampleur médiatique de l’affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l’arrestation.
 

Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s’entassent des centaines d’hommes et de femmes dans la crasse et l’attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière, infinité de couloirs gris et humides dont les portes s’ouvrent sur les rutilantes salles d'audience. Je suis amenée jusqu’aux galeries toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d’instruction. Puis la prison.
 

Fleury-Mérogis – la plus grande d’Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons, corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées, Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d’être chaque nuit réveillées toutes les deux heures, lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l’ont à Fleury, et Isa l’avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d’une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée d’avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.
 

Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement. Circonstances favorables, c’est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l’opportunité de faire des études ; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l’actualité, marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).
 

Je dis « rapidement », par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces « circonstances favorables ». La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.
 

Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités se nouent dans l’évidence d’une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.
 

Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s’opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : « S’il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable », avait-il dit en 2006.

 

Gabrielle Hallez, mise en examen dans l’affaire de Tarnac




 

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 11:00




Sabotages SNCF : une revendication venue... d’Allemagne

France Info - 15 décembre 2008

http://www.france-info.com/spip.php?article226087&theme=9&sous_theme=11

 

Des anonymes ont revendiqué dans une lettre au quotidien allemand Tageszeitung des actes de sabotage contre des lignes de chemin de fer en France et en Allemagne en novembre.

 

Et si la « cellule invisible » de Tarnac n’avait rien à voir avec les sabotages de voies ferrées du mois dernier ?

 

À la mi-novembre, le quotidien berlinois Tageszeitung (TAZ) a reçu une lettre de revendication anonyme après le sabotage d’un convoi ferroviaire de déchets nucléaires. Le train transportant ces déchets entre la France et l’Allemagne avait mis plus de trois jours pour arriver au centre de stockage, durant le week-end du 11 novembre.

 

« Parce que nous en avons ras le bol, nous avons dirigé notre colère contre les lignes de transport de (déchets) nucléaires », écrivaient les auteurs de cette missive reçue par la TAZ et transmise à l’AFP.

 

« Avec des incendies criminels et des crochets métalliques, nous avons donné le signal de notre résistance sur les lignes Paris-Strasbourg, Paris-Lille, Paris-Rhône-Alpes, Paris Bourgogne, Ludwigshafen-Mayence (ouest), Kassel-région de la Ruhr (centre et ouest), région de la Ruhr-Hanovre (idem), Brême-Hambourg (nord) et plusieurs lignes des environs de Berlin », poursuit cette lettre.

 

Depuis un mois et demi, la police française enquête sur des actes de sabotage commis en novembre contre les chemins de fer français, qui ont entraîné de fortes perturbations. Le mode opératoire : l’accrochage de fer à béton dans les caténaires. Un groupe français anarcho-autonome de Tarnac, auto baptisé « cellule invisible », est soupçonné d’être à l’origine de ces dégradations, qualifiées de « terrorisme ».

 

Dans le cadre de cette enquête, neuf personnes ont été mises en examen, dont deux sont encore en détention, et les sept autres sous contrôle judiciaire. La semaine dernière, l’un des suspects de Tarnac, Benjamin Rosoux, estimait que les faits reprochés n’avaient rien à voir avec du terrorisme et que le gouvernement cherchait à travers cette affaire à « diaboliser » les mouvements sociaux.

 

Anne Jocteur Monrozier, avec agences

 

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 04:21


En tous les cas, il existe maintenant une piste très sérieuse qui innocente totalement Julien et ses amis. Cette information a aussi été évoquée par le site Médiapart (mais il m’est impossible de mettre la main sur ces articles).

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20081215.OBS5593/les_sabotages_a_la_sncf_revendiques_en_allemagne.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17

 

Si cela venait à se confirmer – mais tout le monde semble traîner des pieds dans cette affaire, à commencer par ce quotidien de Berlin, Tageszeitung, qui n’a pas voulu publier ce communiqué (et il se dit de gauche !) – ce serait évidemment le pire camouflet que l’on puisse imaginer pour le Président de la République, sa ministre de la « justice », le procureur Jean-Claude Marin, toute la presse française, sans exception, et enfin le « philosophe » Michel Onfray (Je suis partout).

 

QUI VA S’EXCUSER ?!

 
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 02:36

 

Nombreux articles sur les inculpés de Tarnac et entretiens avec les premiers libérés et leurs proches.

 

Entretien avec Benjamin Rosoux, un des inculpés de Tarnac, à Libération
http://www.liberation.fr/politiques/0601439-anarcho-autonome-une-invention-de-magistrat

 

« Mobilisation générale à Tarnac » dans Libération
http://www.liberation.fr/societe/0101303818-mobilisation-generale-a-tarnac

 

Entretien avec les parents d’Yldune, encore en prison, sur Rue89
http://www.rue89.com/2008/12/10/sabotages-sncf-ils-ont-ete-condamnes-des-la-perquisition

 

Article de Luc Boltanski et Elisabeth Claverie comparant cette affaire avec celle du chevalier de La Barre
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/131208/christ-ou-catenaire-du-sacrilege-religieux-au-s

 

« La fabrique du terrorisme » par des personnalités belges
http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-la-fabrique-du-2008-12-05-670594.shtml



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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 17:18
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 08:27


Mardi 2 décembre 2008


Au regard du maintien en détention de deux inculpés du 11 Novembre, des perquisitions effectuées à Tarnac et en Belgique, des pressions exercées sur les manifestants au Palais de justice de Paris vendredi dernier et aujourd’hui mardi, le comité de soutien maintient ses demandes de libération immédiate et de levée des accusations pour TOUS les inculpés.


Des comités de soutien existent déjà ou sont en train de se monter partout en France et même dans le monde. Ils ne se laisseront pas intimider. Nous appelons à la création de nouveaux comités et à l’intensification des manifestations de soutien, qui seule pourra faire plier la machine antiterroriste et contrer l’opération politique déclenchée le 11 Novembre.


 

Voila donc le premier texte de paris et le contact du comité de soutien de Paris

comiteparis@yahoo.fr

 

11 novembre au matin, les usagers du rail sortent de la terreur : on vient d’arrêter les « commandos anti-TGV ». Michèle A.M. parade, sa belle prise est exposée par les médias, embarqués depuis le début dans l’opération. Deux jours plus tard, on semble plutôt reprocher aux interpellés d’avoir eu « l’intention » de commettre de tels actes. Ainsi allaient-ils finalement pouvoir devenir une sorte de « cellule », appartenant à une « nébuleuse », qui s’en serait, tôt ou tard, pris aux vies humaines. Magie de l’antiterrorisme : à mesure que les faits se dématérialisent, l’affaire s’aggrave.


            La lutte antiterroriste ne s’intéresse pas tant aux actes qu’aux sujets qui pourraient les commettre. Un sujet, cela se fabrique. A partir de vies bien réelles, avec leurs particularités, leurs habitudes, leurs liens. Ces liens constituent d’ailleurs un objet d’investigation privilégié. C’est ainsi que la police construit une « mouvance », un « réseau», ou n’importe quel autre chien de mot signifiant une appartenance diffuse. Ce type d’objet a toujours convenu aux méthodes de la flicaille. Il offre un caractère inépuisable qui fait tout son charme. Les enquêtes n’ont plus de fin, elles sont extensibles à volonté, la menace est permanente, omniprésente.


            Fabriquer un sujet terroriste, cela consiste en des procédures concrètes. Annoncer des menaces futures, leur fabriquer des appellations. Faire arrêter neuf personnes au petit matin, par des flics cagoulés, armés jusqu’aux dents. Les conduire dans des locaux spéciaux. Là, les garder quatre jours en cellule. Quatre jours ponctués d’interrogatoires nombreux et interminables, aux termes desquels n’importe qui serait prêt à avouer que sa grand-mère a conçu les attentats contre le World Trade Center. Pas d’avocat, si ce n’est à la fin, quand on aura eu le temps de les questionner sur ce qui est essentiel dans cette affaire : ce qu’ils vivent, ce qu’ils lisent, qui ils fréquentent, avec qui ils baisent. Il faut savoir s’ils ont manifesté, un jour, à Vichy, s’ils ont compris ou commis quelque ouvrage et pourquoi ils n’habitent pas, seuls, dans un appartement, mais vivent et s’organisent ensemble. Il n’y a plus alors qu’à extraire de cela les éléments adéquats et les retraduire dans le jargon de l’antiterrorisme. Produire ainsi, assortie de détails pittoresques, l’image de neuf clandestins, organisés en cellule, disposant d’un chef, et s’abreuvant d’un manuel de lutte armée.


            Qu’importe que le fameux bréviaire secret se trouvât déjà en possession de plusieurs milliers de lecteurs, qui avaient pu se le procurer dans n’importe quelle librairie. Qu’importe qu’il fût impossible même aux journalistes venus accréditer cette thèse de confirmer tant soit peu ce portrait de clandestins reclus, coupés du monde. Le terme de « terrorisme » a le pouvoir de changer l’eau en vin, et pour ceux à qui on l’applique, chaque aspect de l’existence devient l’objet de soupçons si ce n’est une preuve accablante.


            La réalité à partir de laquelle on a construit ici des terroristes, cette réalité, la justice peut toujours la trouver criminelle ; pour notre part, nous trouvons encore heureux que 3 000 personnes s’opposent physiquement à la tenue d’un sommet ministériel sur l’immigration à Vichy, et honorable d’être solidaires de ses amis en garde à vue.


            La SNCF recensait en 2007 vingt-sept mille actes de malveillance contre son réseau ferré. Le sabotage à proprement parler est un acte encore banal, dans toute grève bien menée – et le mouvement cheminot de l’automne dernier est encore venu le rappeler. Pour autant, et malgré la vive terreur que semble provoquer un blocage efficace du trafic ferroviaire, on n’avait pas encore brandi, dans de tels cas, la catégorie « terroriste », et l’arsenal judiciaire et policier exceptionnel qui l’accompagne. Ce qui s’est passé le 11 novembre est une provocation objective, qui a valeur de test. Il va de soi que si l’affaire s’éteint doucement dans le silence, tandis que croupissent en prison ceux qu’on a si grossièrement désignés à la vindicte universelle comme terroristes, rien n’empêchera que ce silence soit interprété comme un assentiment général donné au procédé, et à ses applications à venir. Ici, comme en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, il est clair que l’antiterrorisme n’est pas une série de lois d’exception que chaque pays s’accorde mais bien la base d’un nouveau régime de gouvernement mondial.


 

 

Nous annonçons la création d’un comité de soutien à Paris.          
 

Il visera à soutenir matériellement et moralement les 9 personnes arrêtées le 11 novembre, dont 2 sont encore aujourd’hui en prison.     


Il s’engage dans une défense commune, de l’ensemble des arrêtés, quelque soit leurs chefs d’inculpation. Il refusera de communiquer plus particulièrement sur telle ou telle personne. Il ne perdra pas de temps à s’étendre sur la réalité des faits qui leur sont reprochés, et donc sur la question de l’innocence ou de la culpabilité des inculpés. Le comité de soutien se donne pour principe de refuser la présence des média à ses réunions, et s’autorisera à communiquer avec eux selon ses propres termes et conditions.


Plus que le soutien aux neufs mis en examen, le comité vise à tout faire pour que la machine antiterroriste – qui s’était mise en marche bien avant ce jour-là – ne puisse pas continuer son travail d’écrasement dans l’assentiment général. Cela passe par l’attaque du montage politique et médiatique visant la création d’un nouvel ennemi de l’intérieur : la « mouvance anarcho-autonome ». Le comité affirme son soutien aux 6 personnes prises depuis, janvier 2008 dans le tourbillon judiciaire qui accompagne cette fabrication – tous sont mis en examen dans le cadre d’une instruction antiterroriste : Ivan et Bruno pour avoir transporté des fumigènes artisanaux, Isa et Farid pour avoir convoyé du chlorate et des plans d’établissement pénitentiaire ; Juan, Isa et Damien sont aussi soupçonnés d’une tentative d’incendie d’un véhicule de police, et sont pour cela incarcérés depuis plusieurs mois sous le coup des assises antiterroristes.

 

L’objectif immédiat du comité est la libération de toutes les personnes incarcérées et la fin des poursuites judiciaires à l’encontre des inculpés.


 

RÉUNION PUBLIQUE

SAMEDI 6 DÉCEMBRE – 17 H 

à La Parole Errante

9, rue François Debergue

Montreuil

Métro : Croix-de-Chavaux



 

 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:08

Giorgio Agamben, philosophe, Alain Badiou, philosophe, Jean-Christophe Bailly, écrivain, Anne-Sophie Barthez, professeur de droit, Miguel Benasayag, écrivain, Daniel Bensaïd, philosophe, Luc Boltanski, sociologue, Judith Butler, philosophe, Pascale Casanova, critique littéraire, François Cusset, philosophe, Christine Delphy, sociologue, Isabelle Garo, philosophe, François Gèze, éditions La Découverte, Jean-Marie Gleize, professeur de littérature, Eric Hazan, éditions La Fabrique, Rémy Hernu, professeur de droit, Hugues Jallon, éditions La Découverte, Stathis Kouvelakis, philosophe, Nicolas Klotz, réalisateur, Frédéric Lordon, économiste, Jean-Luc Nancy, philosophe, Bernard Noël, poète, Dominique Noguez, écrivain, Yves Pagès, éditions Verticales, Karine Parrot, professeur de droit, Jacques Rancière, philosophe, Jean-Jacques Rosat, philosophe, Carlo Santulli, professeur de droit, Rémy Toulouse, éditions Les Prairies ordinaires, Enzo Traverso, historien, Jérôme Vidal, éditions Amsterdam, Slavoj Zizek, philosophe




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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 12:20

            

Dimanche, 23 Novembre 2008

 

Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.


Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la ministre de l’intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours : les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.

 

Personne n’aura pu rater l’épisode de « police-réalité » que nous avons tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergés et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéantis, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain ce pourraient être les vôtres.

 

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

 

Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux des personnes hors normes. La police les suspecte d’être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées, d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives.

 

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre « L’insurrection qui vient » du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n’est pas un « bréviaire terroriste », mais un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.

 

Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu’à 20 ans de prison.

 

L’opération policière la plus impressionante n’aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

 

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portes s’ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

 

Que devient la présomption d’innocence?

 

Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que soient évidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.

 

PS : Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils voient à la télé.

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