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Wang Bing again

 

 


Il vous reste quelques minutes (18 h 15) pour vous rendre au centre Georges-Pompidou assister à la première du dernier film de Wang Bing, L’Argent du charbon. Autres projections : lundi (même lieu) et mardi (à Montreuil).


Un très court extrait est disponible sur le site du festival Cinéma du réel
http://cinereel.org/article3336.html
(Un autre extrait est en ligne sur le site du producteur, voir plus bas.)

 

 


Je reproduis la présentation qu’en donne le Cinéma du réel. Mais était-il nécessaire de préciser, dans la brochure d’un festival de ce niveau, ce qui distingue un film de Wang Bing d’un reportage ?

 

L’Argent du charbon

Wang Bing


Compétition internationale, 52’, Chine 
Samedi 7, 18h15, Cinéma 1 / Lundi 9, 20h15, Petite salle (débat)

   

Wang Bing, réalisateur chinois rendu célèbre par son film monumental, À l’ouest des rails (2003) s’intéresse à la saillie du capitalisme en Chine. Son nouveau film, L’Argent du charbon, applique les procédés mis en oeuvre précédemment : avec sa caméra numérique portée à la taille, il filme en longues séquences l’acheminement du charbon depuis les mines du Shanxi.

Ce n’est plus dans le quotidien des ouvriers qu’il nous plonge mais dans celui des travailleurs de l’industrie du charbon et, plus spécifiquement, des transporteurs tentant de vendre leur marchandise au meilleur prix. La route qu’ils empruntent est encombrée de camions. Tous se chargent à la mine, prennent la route, passent (ou non) les différents barrages étatiques, négocient avec les premiers intermédiaires, déchargent la marchandise qui est ensuite pesée et souvent rechargée. Des détails comme la quantité de pierres dans les cargaisons de charbon ou les différences de prix de 5 ou 10 yuans deviennent d’autant plus conséquents que l’on prend la mesure de la dureté de leurs conditions de travail.

Ce qui distingue ce film d’un reportage, c’est la longueur des séquences. Le travail de la durée permet au spectateur de prendre le temps d’analyser ce à quoi il est confronté. Les longs trajets de nuit en camion dans des conditions d’hygiène et de confort révoltantes et le déchargement de blocs de charbon à la force des bras rendent compte de l’écrasement du corps et de l’humain, soumis à des conditions de vie inacceptables. Complètement immergé dans le milieu qu’il filme, Wang Bing nous fait assister à des scènes d’intimité ou de conflit. La multiplicité des personnages et des postes occupés permet au film d’échapper à la personnalisation. C’est par le travail de synthèse qu’opère le montage que le film met en évidence le rôle de chacun dans les rouages de cette industrie.

Au fil des séquences, deux dynamiques se dessinent : le déplacement du charbon et celui de l’argent. Les deux trajets rencontrent des obstacles différents. Tandis que le charbon est distribué grossièrement, saupoudré au long du transport, cassé, chargé, déchargé, pesé, dévalorisé, la valeur de l’argent est elle omniprésente et bien plus pesante que les blocs de pierre que les mains roulent et soulèvent. Cet argent est longuement discuté avant qu’on en voie la couleur et une fois visible, il circule difficilement, caché dans des poches, retenu par les mains qui le donnent. Au comble de l’absurde, ce lacis d’entrepreneurs indépendants agit sous une chape de plomb.

Mais les autorités de Pékin sont-elles prêtes à remettre en question les conditions de production en tenant compte des besoins humains et environnementaux ? Et l’augmentation de 25% en 5 ans de l’efficacité énergétique, promise depuis mai 2007, sera-t-elle réellement applicable en considérant l’impact économique que pourrait avoir la fermeture massive de mines ?

Le film présente la situation sous un angle économique et humain, et permet de faire la part des responsabilités politiques dans cet état des choses.

L’Argent du charbon est sans le moindre doute un film qui documente. Plus encore, il a le mérite de proposer, avec la plus grande économie de moyens, un regard analytique et critique sur un mécanisme social, en s’attardant sur des individus saisis par les hantises et les fantasmes d’un libéralisme naissant.

Maroussia Dubreuil et Stéphane Gérard

 

 

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J
Dans le même esprit documentaire, également à voir au festival international Jean Rouch le Jeudi 19 Mars à 20h30 "Les Anges de la piste", un film de Rémy Ricordeau: un road movie avec une troupe de cirque rurale à travers les montagnes de la province du Shanxi.<br /> Détails du programme ci-dessous:<br /> http://www.comite-film-ethno.net/Bilan/bilan-2009/festival-international-jean-rouch-2009.html
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