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Israel Galván à la Salle Pleyel



Arena
Un spectacle de Israel Galván


Le 3 juillet 2009 à Paris
Salle Pleyel, 20 h





Prix des places : 30 et 45 €
Réservation sur
http://www.sallepleyel.fr/francais/programme/detail_representation.asp?id_rep=19247

Site officiel d’Israel Galván (espagnol et anglais)
http://www.israelgalvan.com/


J’ajoute ce texte de Pedro G. Romero, ami de Israel Galván, commisaire d’expositions, critique et grand esprit encyclopédique (« G. pour Google », disait de lui Israel).


ARENA
Par Pedro G. Romero

À un moment où la danse se débattait entre le rance et le nouveau, arrive Israel Galván, qui se refuse à choisir une faction. « C’est le plus vieux des jeunes danseurs », dit de lui le chanteur Enrique Morente. Et c’est la vérité. Parce qu’Israel connaît autant les tangos d’El Titi de Triana qu’il devine un geste flamenco dans la danse butô.

Face à un panorama qui se limitait à deux voies, le canon inventé et l’affectation moderne, Israel défait le chemin rebattu. Face à qui souhaite maintenir un status quo classique et canonique, il retourne le canon pour nous offrir un flamenco conceptiste et baroque. Face à qui introduit des idiotismes de la danse moderne et contemporaine, du jazz et du folklore, il propose de reconstruire une danse flamenca moderne en usant seulement de matériaux qui, jusqu’ à il y a peu, étaient des outils exclusifs du flamenco. Israel part de la reconnaissance. Les alegrías de Mario Maya ou la soleá d’El Farrucco, ses pas, ses quiebras  (cambrures du corps), sa musique, voilà le matériel qui doit être compris pour redessiner un flamenco nouveau.

Israel ne trompe personne en simulant une vie de danseur dans une chanson de Mecano. Qui peut se douter que pour Israel Galván, un film de Stanley Kubrick est plus important qu’un pas de Nacho Duato. Israel Galván apprend plus de la danse en assistant à une partie de football avec Manuel Soler que dans une académie moderne.

Je peux rendre compte du fait que le danseur qui admire Dalí connaît les secrets de la méthode paranoïaque critique : quand il a monté la mort de Gregorio Samsa dans La Metamorfosis, il a décidé d’incorporer la chorégraphie de la mort du cygne de la Pavlova à la danse de la siguiryía-martinete du final, sans savoir que quatre-vingts ans plus tôt, Vicente Escudero avait eu exactement la même inspiration pour monter la première seguiryía dansée. Israel lit la vie de Felix El Loco (le fou), source d’inspiration de sa chorégraphie Les Chaussons rouges et danse une farrucca qui ôte à la création de Massine les éléments étrangers au flamenco qu’elle recelait.

Personne ne doute qu’Israel Galván est le danseur des danseurs, vu la fréquence avec laquelle ceux-ci se mêlent à son public.

Personne ne doute qu’il est le favori des chanteurs pour son compás (sens du rythme), vu comment ces derniers exigent de lui qu’il rende compatible bulerías et tangos avec ses expériences modernes.

Personne ne doute que le flamenco de ces dernières années serait différent sans le passage d’Israel Galván.




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