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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 14:59



Memoranda
de Jules Barbey d’Aurevilly


Éditions Rue Fromentin, Paris, 2009.
372 p., 14 x 20,5, 22 €.

www.ruefromentin.com
www.ruefromentin.com/blog


Présentation de l’éditeur :

Devenu difficile à trouver, Memoranda est le journal de Barbey d’Aurevilly. Sont ainsi réédités les premier et deuxième Memoranda, écrits par Barbey de 1836 à 1838.

Il a trente ans, tente de percer difficilement dans le journalisme, ne connaît pas encore le succès littéraire et applique autant que possible les préceptes du dandysme dont il fut un des théoricien.

C’est un témoignage passionnant pour accéder à l’envers d’une des oeuvres les plus fascinantes du XIXème siècle : beaucoup de clés des Diaboliques, d’Un prêtre marié, ou d’Une Vieille Maîtresse sont ainsi livrées dans ce Journal.

Barbey n’aimait pas l’exercice du Journal, et n’écrivait qu’à contre-cœur. Malgré, ou à cause de cela, le monde du Boulevard de 1837 se relève miraculeusement sous nos yeux avec la foule des Cafés, ses lions, ses actrices, ses scandales littéraires.




Quelques portraits de dandys
précédé de
Les Cannes de M. Paul Bourget
d’Eugène Marsan


L’Éditeur singulier, Paris, 2009.
82 pages, 10 euros.
Tirage de tête sur papier vergé, 15 euros.

www.lediteursingulier.com
lediteursingulier.blogspot.com


Présentation de l’éditeur :

Maurice Barrès et Jean Moréas, Paul Bourget, Henri Taine, Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire, Honoré de Balzac et Stendhal : ce sont huit figures du dandysme français – ou plutôt, « à la française » – qui sont convoquées ici. Sans craindre de s’attarder sur le pli d’un pantalon, le jonc d’une canne, la dentelle d’une lavallière ou des boutons de bottines, Eugène Marsan se joue des apparences pour plonger au plus intime des œuvres et des hommes. En quelques pages, illuminées de culture et d’esprit, il réussit à chaque fois le prodige de nous révéler une facette nouvelle d’un auteur dont on croyait tout connaître.

Ces portraits sont précédés par Les cannes de M. Paul Bourget, un texte publié en 1909 dans le premier numéro de la revue Le Divan. C’est le récit d’une visite que fait à Paul Bourget le double d’Eugène Marsan, Sandricourt, dilettante et archéologue de profession. Il est certes question de cannes, mais aussi et surtout du dandysme, là encore, le temps d’une fantaisie élégante et amusée au style exemplaire.




Extrait du portrait de Baudelaire

(...) Il a été dandy parfait, en pensée et en acte. Dans la théorie elle-même, supérieure à sa pratique, il est facile de prendre Barbey en défaut. Citant Pascal, dont il rappelle la vie mondaine et les six chevaux, Barbey disait que l’élégance se trouve au point d’intersection de l’original et de l’excentrique. Et il est vrai que les dandies anglais sont extravagants, mais dans leur vie plus que dans leur vêtement, où Brummell ne cesse pas de simplifier. Il est vrai que les dandys français de la génération romantique, y compris le jeune Baudelaire teignant de vert sa chevelure ou se nouant autour du cou un boa rouge, ont d’abord cherché l’excentricité, mais dans une intention mystificatrice, pour l’épouvantement des bourgeois. Baudelaire ne mit pas longtemps à découvrir l’attrait de la simplicité « absolue ». L’originalité, disait-il, il faut la contenir dans les limites extérieures des convenances. Voilà l’élément que Barbey oubliait.

Enfermé dans ses visions, il imaginait (en 1844, date de Brummell) la « toilette d’or des fats de l’avenir ». Baudelaire considérait l’habit noir de ses contemporains, voyait le parti qu’on en pouvait tirer, et concluait. La nature effacée de la nouvelle élégance le stimule parce que, réduite à la coupe, à la nuance, au grain, elle fait un problème qu’il est délicieux de résoudre. Alcibiade, César, Catilina, Chateaubriand, (Napoléon qu’il ne nomme point) régneront toujours par la légèreté des allures, la certitude des manières, l’air de domination. Il est enivrant de penser que rien ne sera plus remarquable dans leur costume, sinon des signes dont le profane devra sentir le charme, sans pouvoir analyser leur caractère. Vous vous rappelez comment il parle de Constantin Guys. Il le loue de savoir que l’élégance d’un vêtement peut tenir à l’imperceptible variation d’une ligne, et de découvrir ce rien à première vue.

Baudelaire avait lui-même cet « œil d’aigle », au service d’une irrésistible vocation. Petit garçon, on l’avait un jour mené chez Mme Pankouke, qui distribuait des jouets : il avisa le plus magnifique, le plus rare, et s’en empara jalousement. Au théâtre, lorsqu’il voyait sur la scène un acteur costumé en Incroyable et coiffé de cadenettes, il l’enviait. « Je tâchais de me figurer que c’était moi. » Adolescent, il fait admirer sa réserve, sa propreté d’hermine — et son costume. Vieux, ou du moins à la veille de sa mort, atteint dans son esprit, son plaisir en sortant de la maison de santé était de relaver encore ses belles mains aux ongles brillants, bien qu’elles fussent propres, et de les regarder en les haussant à la lumière du jour. La raison avait faibli, son instinct gardait le génie méticuleux des soins du corps. (...)


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commentaires

S
<br /> Pas Barbey ? ;)<br /> <br /> Merci à vous !<br /> <br /> <br />
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S
<br /> C'est très gentil à vous de parler de Marsan !<br /> <br /> <br />
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